Harry Potter: ancien ou nouveau casting? Voteeez!
Vous pensiez en avoir fini? Quelle naïveté. Dans le premier épisode de notre expérience scientifique, nous vous avions demandé de regarder Daniel Radcliffe, Emma Watson, Alan Rickman ou encore Maggie Smith droit dans les yeux et d’admettre, éventuellement, que l’acteur qui a bercé votre enfance n’était pas forcément celui qui ressemblait le plus au personnage dans les livres.
Certains d’entre vous ne s’en sont toujours pas remis. C’est regrettable, car nous avons le binge-watching de la série Harry Potter HBO à préparer. La première saison, prévue à Noël, comptera huit épisodes et on nous promet une adaptation fidèle aux romans.
Pour nos duels d’acteurs, on reprend les mêmes règles. On ne vote pas pour «celui qui a marqué notre enfance» ou pour Robbie Coltrane parce que rien que de penser à lui vous donne envie de pleurer dans votre Bièraubeurre. On ouvre les bouquins. On regarde les descriptions. On ravale sa mauvaise foi.
Courage.
Rubeus Hagrid
Dans le premier roman, le garde-chasse est présenté comme une masse gigantesque, recouverte de longs cheveux noirs emmêlés et d’une barbe hirsute. Sorte de grizzly qui aurait appris la magie et développé une inquiétante passion pour les animaux susceptibles de vous tuer.
Robbie Coltrane collait merveilleusement au perso. Grosse carrure, avec la tête d’un type capable de vous offrir le thé en vous racontant qu’il élève une araignée géante dans la forêt OKLM.
Face à lui, Nick Frost. Idem, grande carrure, visage rond, et un capital sympathie suffisamment élevé pour qu’on lui confie notre enfant malgré la présence d’un bébé dragon dans sa cabane.
Molly Weasley
Vous voyez cette petite dame ronde et chaleureuse qui vous demande si vous reprenez du gratin pour la 14e fois? Voilà. Molly, c’est la bienveillance incarnée, sauf avec ses fils Fred, George et Ron (alors que tout le monde sait que la petite crevure arrogante, c’est Percy). Capable toutefois de devenir une arme de destruction massive si un Weasley est menacé.
Julie Walters collait bien à cette description. Petite, ronde, avec l’énergie d’une femme qui peut tricoter sept pulls de Noël avant de pulvériser Bellatrix Lestrange.
Pour lui succéder, HBO a choisi Katherine Parkinson. L’actrice possède bien ce mélange de douceur et d’excentricité britannique. En revanche, physiquement, elle est plus grande et plus mince que la Molly des romans. Mais c’est pas pour vous influencer.
Vernon Dursley
Alors ici, pardon hein, mais le premier casting avait presque triché. Vernon Dursley est présenté comme un homme grand, massif, avec presque pas de cou et une grosse moustache. Voilà. Grosso modo, le portrait-robot de Richard Griffiths. Franchement, regardez-le dans le premier Harry Potter. Le cou? Porté disparu. La carrure? Là. La moustache? Un rôle à part entière.
Dans la série, Vernon sera incarné par Daniel Rigby. Un choix déjà plus audacieux. L’acteur est biiiieeen plus mince que son personnage sur le papier et possède des traits moins massifs que Richard Griffiths. De là à dire que ce duel est perdu d’avance…
Petunia Dursley
A l’autre bout du canapé, Petunia. Et autant Vernon est massif que sa femme est décrite quasiment comme son contraire. Grande, très mince, le visage anguleux et dotée d’un très long cou, très pratique pour espionner les voisins derrière leur haie.
Fiona Shaw possédait parfaitement le côté sec, rigide et un brin terrifiant. En revanche, la saga cinéma s’est autorisée un petit «oh et puis merde». L’actrice était brune, alors que Petunia est blonde dans les livres.
Pour HBO, ce sera Bel Powley. Elle a bien le visage fin et anguleux, mais elle est loin d’être cette grande créature longiligne décrite dans les livres. En revanche, elle est blonde. Ça compense?
Neville Londubat
Avant d’être le type qui débarque à la bataille de Poudlard en faisant de l’aura farming sans même faire exprès, Neville est un enfant potelé, au visage rond. Au début de la saga, on est davantage sur «petit garçon qui a encore perdu son crapaud» que «héros de guerre tenant une épée».
Matthew Lewis, dans L’Ecole des sorciers, avait effectivement le physique du livre. Puis la puberté s’est invitée. Et on se permettra ici de rappeler que la transformation physique de l’acteur au fil des films a été suffisamment spectaculaire pour donner naissance à l’expression anglaise «to Longbottom» (pour les moldus, Longdubat devient Longbottom en anglais), qui désigne quelqu’un qui glow up en grandissant.
Le nouveau Neville sera incarné par Rory Wilmot. Avec son visage doux, il n’est pas trop éloigné du Neville du premier tome. Et pour la suite, on va laisser la puberté faire son œuvre sans lui mettre la pression, merci.
Quirinus Quirrell
Si votre souvenir tient en «le monsieur avec Voldemort derrière la tête», petit rappel. Dans les livres, Quirrell est un jeune professeur, pâle, tremblant, qui bégaie et porte un gros turban violet. Rowling l’imaginait à l’origine comme quelqu’un de brillant, mais peu à l’aise socialement. Jusqu’au moment où vous découvrez que Voldemort habite son crâne.
Ian Hart donnait parfaitement cette impression de petit professeur anxieux qu’un éternuement un peu violent pourrait faire s’évanouir.
Son remplaçant, Luke Thallon, est grand, mince, le visage étroit. Il correspond assez bien à l’idée d’un jeune universitaire plus à l’aise derrière ses livres que dans un duel de magie noire.
Argus Rusard
Si vous avez toujours visualisé Rusard comme David Bradley, traînant dans les couloirs accompagné de son chat avec l’air d’être perpétuellement offensé par l’existence des enfants, bravo, le cinéma vous a bien conditionné. Mais que disent réellement les romans?
Rusard est un homme aigri, aux cheveux gris et fins, aux yeux pâles, avec des bajoues tremblantes. Voilà. Rowling n’a manifestement pas cherché à en faire le Brad Pitt de Poudlard. David Bradley avait déjà ce physique sec et cette capacité rare à regarder un élève comme s’il s’agissait d’un Veracrasse.
Pour prendre sa relève, HBO a choisi Paul Whitehouse, cinq fois récompensé aux BAFTA. Avec ses cheveux gris, son visage marqué et son âge, il se situe assez naturellement dans la description. Reste maintenant à développer l’élément essentiel de Rusard, soit avoir l’air d’éprouver une joie sincère à l’idée de réhabiliter les châtiments corporels à Poudlard. Bonus: il a déjà joué dans la saga! Il interprétait le Chevalier du Catogan dans Le Prisonnier d'Azkaban.
Garrick Ollivander
Et voici l’homme qui regarde un enfant de 11 ans pendant cinq secondes avant de lui rappeler qu’il a vendu la baguette qui a servi à buter ses parents. Dans Harry Potter à l’école des sorciers, Ollivander est décrit avec de grands yeux très pâles, qui brillent «comme des lunes». Un vieil homme étrange, dont le regard met Harry mal à l’aise.
Et là encore, les films avaient frappé fort avec John Hurt. Un visage creusé, des cheveux blancs, des yeux clairs et cette voix capable de transformer l’achat d’une fourniture scolaire en prophétie annonçant l’effondrement de la civilisation.
Pour lui succéder, la série a choisi Anton Lesser. On reste dans une direction assez proche, avec un acteur âgé, au visage fin, des traits marqués et un regard qu’on espère ne pas croiser la nuit sous son lit.
Attendez, il en manque un
Filius Flitwick. Et il ne participera pas vraiment à cette compétition pour une raison magnifique… Warwick Davis, qui jouait déjà le professeur Flitwick dans les films, REPREND SON RÔLE!
L’homme a regardé mon premier article «ancien casting contre nouveau casting» et a dû se dire un truc du genre «bloody hell, no, I'll do it myself».
Alors, ça va?
Voilà. Deuxième salve terminée. Si vous avez encore voté uniquement pour les acteurs des films, sachez, bande de Poufsouffles, qu’on vous juge, mais qu’on vous comprend quand même. Vingt-cinq ans à regarder les films en boucle, ça finit par transformer ces petits visages en version «officielle» des personnages dans nos cerveaux.
HBO va maintenant tenter de les déloger. Moi, d’ici là, je retourne regarder Le Prisonnier d’Azkaban pour la 35e fois.
