Drag Olympics: cette compétition en talons aiguilles est folle
Dans une tornade d'imprimés léopard et de bas résille, trois drag queens franchissent sous les cris d'un public survolté la ligne de départ de la finale du sprint en talons aiguilles, l'une des cinq épreuves des Drag Olympics à Amsterdam.
Organisés sous l'égide de la plus ancienne communauté de drag d'Amsterdam, ces Jeux Olympiques du drag, dont c'était ce week-end la 22e édition annuelle, constituent selon les organisateurs le plus grand événement sportif aux monde dédié aux drag queens et kings.
Les compétiteurs, certains professionnels du drag et d'autres plus novices s'affrontent lors de cinq épreuves la course en talons aiguilles, le lancer de sac à main, le tir à la corde, le «bitch-volley» et le hula hoop.
«C'est un événement farfelu, stupide, mais tellement amusant. Et chaque année, ça attire de plus en plus de monde (...) avec plus de public et plus de concurrents»», clame Jennifer Hopelezz, de son vrai nom Richard Keldoulis, drag queen et activiste fondatrice de House of Hopelezz, la plus ancienne communauté de drag d'Amsterdam.
Lors des préparatifs, des maquilleuses professionnelles sont à la disposition des candidats pour parer à toute urgence cosmétique et des organisateurs rappellent l'importance de choisir des talons avec lesquels on peut marcher.
Pour l'inauguration, Jennifer Hopelezz, vêtue d'un maillot de bain arc-en-ciel échancré sur ses hanches généreusement rembourrées, a transporté la flamme Olympique (un fumigène rose) parmi la foule de spectateurs.
Une fois sur scène, elle a évoqué les inquiétudes une semaine après l'attaque meurtrière contre la Gay Pride de Berlin, les guerres dans le monde et appelé à une trêve olympique. Puis accueilli sur scène une dizaine de candidates, originaires des Pays-Bas, d'Irlande, du Maroc, de Russie, de France, du Mexique ou encore d'Iran.
Entre les épreuves, plusieurs artistes drag ont donné des performances résolument politiques, une drag queen libano-palestinienne évoquant la guerre au Moyen-Orient et le drag king Vinny von Vincy déployant sur scène le message «l'islamophobie ne protège pas les personnes queer».
En plus de son habituel défilé sur les canaux pour la Pride prévue ce samedi en présence du Premier ministre néerlandais Rob Jetten, ouvertement gay, Amsterdam accueille cette année la WorldPride dont les festivités auront lieu jusqu'au 8 août. (afp/sbo)
