10 exemples de loyauté hors du commun
Envers un ami, une cause, une patrie, des convictions, un club ou même un maître: la loyauté peut prendre des formes très différentes. Elle peut se traduire par la fidélité, l’engagement, le dévouement et parfois aller jusqu’au sacrifice. Ces dix histoires racontent jusqu’où elle peut conduire.
Les 300 Spartiates
A la fin de l’été 480 av. J.-C., 300 guerriers spartiates défendirent le passage stratégique des Thermopyles contre une armée d’invasion perse. Ils étaient menés par le roi Léonidas.
Plusieurs milliers d’autres Grecs combattaient à leurs côtés. Lorsque les Perses parvinrent à contourner leur position, Léonidas resta notamment avec ses 300 Spartiates et quelque 700 Thespiens pour livrer un dernier combat. Leur résistance permit de retarder l’avancée perse. Léonidas et ses hommes périrent, faisant de cet épisode un symbole de fidélité au devoir et de sacrifice.
Jonathan
La Bible raconte, elle, la loyauté de Jonathan. Il était le fils du roi d’Israël, Saül, et ami proche de David, un chef militaire. Jonathan aida ce dernier à s’enfuir lorsque le futur roi tomba en disgrâce auprès de Saül, sans trahir son père pour autant.
Jonathan s'est retrouvé ainsi pris entre deux loyautés: celle envers son père et celle envers son ami.
Saül et Jonathan périrent lors d’une bataille contre les Philistins. David se lamenta alors:
Claire d’Assise
Claire, ou Chiara en italien, était issue d’une riche famille de la noblesse. Après avoir entendu celui qui allait devenir saint François prêcher dans la cathédrale d’Assise, elle quitta son environnement privilégié en 1212 et adopta, comme son mentor, une vie de pauvreté radicale. Une loyauté à cet idéal qu’elle défendit toute sa vie, jusqu’à obtenir de l’Eglise le «privilège de pauvreté», qui permettait à sa communauté de ne posséder aucun bien matériel.
Elle inscrivit finalement ce principe dans la règle de son ordre, approuvée par le pape deux jours avant sa mort en 1253. Claire d’Assise fut canonisée en 1255.
Jean de Bohême
Originaire du Luxembourg, le roi Jean de Bohême est considéré comme une incarnation de l’idéal chevaleresque médiéval. Bien qu’aveugle en raison d’une maladie héréditaire, il participa, en 1346, à la bataille de Crécy contre les Anglais, par loyauté envers la France.
Jean se fit conduire au combat à cheval, bien qu’il n’eût aucune chance dans la mêlée. La légende veut qu'après la victoire, quand l’héritier du trône anglais, Edouard de Woodstock, découvrit le corps du roi aveugle, il fut si impressionné que la devise de celui-ci, «Ich dien» («Je sers»), figure depuis (en allemand) sur les armoiries du prince de Galles.
Arnold Winkelried
En juillet 1386, les armées des Confédérés et des Habsbourg se firent face presque par hasard sur les hauteurs de Sempach (LU). Selon la légende, un homme d’Unterwald nommé Arnold Winkelried aurait saisi des lances avant de s’empaler dessus.
Son sacrifice aurait ainsi ouvert une brèche permettant aux Confédérés de percer les lignes ennemies et de remporter la victoire. Dans ce récit, la loyauté envers les siens est poussée jusqu'au sacrifice ultime. La véracité de ce récit fait débat, mais Arnold Winkelried est devenu un mythe national suisse au 19e siècle.
Harriet Tubman
Née esclave, Harriet Tubman réussit à fuir vers le nord des Etats-Unis en 1849. Malgré les risques considérables, elle retourna 13 fois dans le Sud au cours des années suivantes et permit à quelque 70 autres esclaves de gagner la liberté grâce à l’Underground Railroad, parmi lesquels de nombreux membres de sa famille et des amis. Une loyauté envers les siens qui s’inscrivait dans un engagement bien plus large contre l’esclavage.
Pendant la guerre de Sécession, Harriet Tubman travailla notamment comme éclaireuse pour l’armée de l’Union. Le projet de faire figurer son portrait sur le billet de 20 dollars, lancé sous Barack Obama puis relancé sous Joe Biden, a été abandonné par l'administration Trump en juillet 2026. Des élus démocrates demandent toutefois sa relance.
Isidor et Ida Straus
Isidor Straus, immigré juif allemand arrivé sans le sou, avait fait fortune aux Etats-Unis. En 1912, après un voyage en Europe, il comptait rentrer avec son épouse, Ida, à bord d’un paquebot flambant neuf, le Titanic. Lorsque celui-ci heurta un iceberg, Isidor Straus fut l'un des rares à se voir proposer une place dans l’un des quelques canots de sauvetage. Il refusa. Ida déclina elle aussi en déclarant:
Une fidélité conjugale poussée, elle aussi, jusqu'au sacrifice. Elle céda sa place ainsi qu’un manteau de fourrure à sa femme de chambre, Ellen Bird. Le couple Straus sombra avec le Titanic et entra dans la légende.
Sophie Scholl
Sophie Scholl est devenue une icône de la résistance au national-socialisme au sein du groupe d’étudiants munichois de la Rose blanche. Elle l’est devenue par son courage et son refus, après son arrestation, de livrer ses amis et ses compagnons de lutte lors de ses interrogatoires par la Gestapo. Une loyauté envers ses compagnons de lutte qu’elle maintint alors qu’elle savait risquer la mort.
Lors de son procès devant le «Tribunal du peuple», le 22 février 1943, elle répondit lorsqu’on l’interrogea sur les raisons de ses actes:
Sophie Scholl fut guillotinée le jour même. Son bourreau aurait admit, plus tard, n’avoir jamais vu personne mourir avec autant de courage.
Guy Roux
Dans le monde très changeant du football, le nom de Guy Roux détonne. L’Alsacien a entraîné le club bourguignon de l’AJ Auxerre entre 1961 et 2005, dont plus de 36 ans sans interruption. Cette loyauté exceptionnelle a été récompensée en 1996 par un titre de champion national, auquel se sont ajoutées quatre victoires en Coupe de France.
Dans un livre, Guy Roux s’est lui-même décrit comme fou de football. Son ami, Gilbert Gress, affirmait:
Hachiko
Il existe de nombreuses histoires de chiens restés fidèles à leur maître même après leur mort. Celle de Hachiko a quelque chose en plus. Ce chien japonais de race Akita venait chaque jour chercher son maître, un professeur d’université, à la gare de Shibuya, à Tokyo.
Après la mort de l'enseignant pendant un cours en 1925, Hachiko continua à se rendre quotidiennement à la gare pendant près de dix ans, jusqu'à sa propre mort en 1935. C’est là que se trouve aujourd’hui le plus célèbre carrefour de la capitale Nippone. Il est depuis devenu au Japon un symbole de loyauté et de fidélité. Une statue lui rend désormais hommage.
(Traduit de l'allemand par Valentine Zenker)
