Ce que cache le grand retour d'Harry et Meghan
Les spécialistes de la royauté peinaient encore à digérer leur choc, ce jeudi, en sirotant leur premier café du matin. Il faut dire que l'annonce d'Harry et Meghan, révélée quasi simultanément par plusieurs médias dont le Telegraph, People et Page Six, dans la nuit de mercredi, était tout simplement impossible à envisager.
Après les innombrables attaques contre la monarchie, les projets menés de front de l'autre côté de l'Atlantique et les multiples batailles judiciaires perdues d'Harry pour rétablir sa sécurité dans son pays natal, rien ne laissait prévoir un tel revirement dans la stratégie et l'agenda du couple.
Pour preuve, ce dimanche, alors que le roi Charles III avait déjà été mis au courant de ce mouvement spectaculaire la veille, il n'est encore aucunement question d'un séjour prolongé pour toute la famille dans la presse. Dans un article du Sunday Times, la très bien informée rédactrice royale Roya Nikkhah évoquait plutôt la possibilité pour Harry d'allers-retours plus réguliers entre l'Angleterre et les Etats-Unis.
«Le modèle de ses visites fonctionne bien, donc la fréquence des déplacements va augmenter, surtout à l’approche des Invictus Games (...)», faisait ainsi savoir une source du Times. «Il fera donc des allers-retours beaucoup plus souvent, tous les deux ou trois mois.»
Toutefois, qu'il le fasse consciemment ou non, l'informateur glissait tout de même un gros indice sur les projets du prince en guise de conclusion:
«S'implanter», le mot n'est pas galvaudé: comme rapporté mercredi, Harry et Meghan ont d'ores et déjà inscrit leurs enfants dans des établissements scolaires britanniques. Ils s'installeront également dans une résidence privée hors de Londres et du sérail royal. Si leurs projets résidentiels à long terme restent flous, on comprend que ce séjour en terres britanniques se prolongera un certain temps.
Potentiel «échec» américain et mal du pays
La stupeur estompée, reste aux éminents connaisseurs de la royauté le soin de spéculer sur les raisons de ce déménagement surprise. Pour d'aucuns, ce retour en arrière n'est rien de moins que la preuve éclatante de «l'échec» du rêve américain Sussex de mener une vie libre et indépendante de la Couronne.
Selon le spécialiste royauté du Daily Beast, Tom Sykes, il est «très clair que les choses ne se sont pas déroulées en Amérique comme ils l'avaient imaginé». Le journaliste suggère que des motivations financières pourraient expliquer cette décision. «Je pense que s'il y avait une autre offre de cent millions de dollars sur la table, ils ne se précipiteraient pas pour rentrer chez eux.»
Pour d'autres, il s'agit seulement de l'aboutissement d'un projet qui mijote longtemps dans le cerveau du prince, taraudé à la fois par l'état de santé de son père, traité pour un cancer depuis deux ans, et par son mal du pays. «Je sais que Charles est une des principales raisons de leur retour», affirme une source proche de la famille royale dans Page Six.
Le prince rebelle, qu'on dit plutôt isolé aux Etats-Unis faute d'avoir noué de véritables amitiés, n'a en effet jamais fait mystère de son désir de faire découvrir son pays natal à ses enfants et de se rapprocher de ses proches restés au Royaume-Uni.
Politique nationale et travail sur place
A cette nostalgie s'ajoutent des considérations plus concrètes. Bien que le couple semble mener une vie idyllique dans leur enclave dorée et largement démocrate de Montecito, Harry et Meghan n'ont jamais caché le dégoût que leur inspire la politique de leur pays d'adoption et l'administration Trump. Ces dernières années, on ne compte plus les piques entre le président américain et les rebelles de la Couronne par médias interposés.
A l'approche des élections de mi-mandat de novembre, et alors que de nombreux Américains angoissent pour l'avenir de leur pays, la perspective pour ce couple exposé de se trouver loin, très loin des remous politiques a peut-être fait pencher la balance en faveur d'un retour.
Ensuite, et surtout, Harry voulait depuis longtemps se rapprocher de ses œuvres caritatives et parrainages basés au Royaume-Uni, qu'il estime pouvoir soutenir plus efficacement sur place, par le biais de rencontres et d'échanges en personne plus réguliers. Le duc de Sussex devra également manœuvrer l'organisation des Invictus Games, l'un des projets qui lui tiennent le plus à cœur, qui prendront place à Birmingham l'été prochain. Le déménagement provisoire de sa famille lui épargnera donc bien des trajets en jet privé.
Quant à Meghan, People croit savoir qu'elle continuera pour sa part de diriger sa marque lifestyle, As Ever, à distance, en bonne digitale nomade du 21e siècle. Les divers projets du duo avec Netflix, quant à eux, seraient au point mort pour le moment.
La monarchie plongée dans le doute
Au milieu des nombreuses incertitudes provoquées par cette annonce bouleversante, une chose est sûre: une fois de plus, la famille royale britannique va devoir composer avec ces embarrassants éléments externes. Lorsque les Sussex se trouvaient aux Etats-Unis, il était facile pour l'institution d'ignorer leur existence. Leur présence prolongée sur sol britannique va rebattre les cartes et provoquer plus de sueurs froides aux assistants royaux et aux courtisans qu'ils n'en ont connu depuis près d'une décennie.
Ce déménagement promet notamment de créer une «énorme succession» de «défis» supplémentaires pour le prince William, qui ne s'est toujours pas rabiboché avec son cadet. Malgré de récentes spéculations selon lesquelles les tensions entre les frères se seraient apaisées, la plupart de leurs proches s'accordent sur le fait que leur relation est pour le moins inexistante depuis des années.
«Que va-t-il se passer si Charles invite Harry à passer Noël avec la famille royale? Que va-t-il se passer si Harry souhaite assister aux commémorations du Jour du Souvenir?», s'interroge Tom Sykes, dans Page Six.
En effet. Alors que Meghan et Harry ont probablement la tête dans les cartons, il ne fait aucun doute que leur arrivée d'ici la fin août provoquera son lot de petits drames, de conflits d'agenda et de surprises cocasses - comme on en avait peut-être plus vécues depuis 2020.
