Le prix du pétrole prend l'ascenceur
La série d'attaques des rebelles houthis du Yémen sur le sud-ouest de l'Arabie saoudite a un fort impact sur les prix du pétrole. Des installations du géant pétrolier Saudi Aramco y ont notamment été touchées.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord fait référence mondiale de l'or noir. Mardi 8 septembre, vers 16h20, son tarif pour livraison en novembre prenait 1,24%, à 98,35 dollars, approchant le seuil des 100 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en octobre, gagnait 2,16% à 93,45 dollars.
Ces frappes, qui ont fait des dizaines de blessés, constituent l'attaque la plus importante des Houthis du Yémen contre le territoire saoudien depuis plusieurs années. En juillet, le Yémen avait replongé dans la guerre, entre les rebelles houthis et la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite qui soutient le gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale. Et ce sur fond d'embrasement régional depuis l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
Cela fait monter les cours du brut qui sont particulièrement sensibles à la production de Ryad, exportateur de pétrole le plus important au monde.
Le marché reste aussi inquiet à l'égard de la situation dans le détroit d'Ormuz. Une nouvelle «zone interdite» près de ce passage maritime stratégique devrait être annoncée «dans les prochains jours» par l'Iran, a annoncé dimanche le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Mohsen Rezaï.
Même si l'Iran ne parvient pas à empêcher véritablement le passage des navires, «un durcissement des restrictions, un risque militaire accru et une hausse des coûts d'assurance pourraient réduire la capacité d'exportation effective du Golfe», a expliqué Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Le fait que le baril de brut s'échange encore sous 100 dollars masque par ailleurs la tension qui s'accumule sur les produits dérivés du pétrole, le diesel européen s'échangeant à près de 200 dollars le baril et le kérosène d'aviation n'étant pas très loin derrière, a relevé Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. (fnt/ats)
