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Au Mali, les militaires embarquent le président et le premier ministre

Les militaires semblent dominer la politique malienne.
Les militaires semblent dominer la politique malienne.Image: AP
Les militaires maliens mécontents du nouveau gouvernement ont emmené de force le président Bah Ndaw et le premier ministre Moctar Ouane.
25.05.2021, 03:4125.05.2021, 15:35

Des militaires maliens ont emmené de force le président et le premier ministre au camp militaire de Kati, à quelques kilomètres de Bamako. Un coup de force secouant le pays plongé dans une crise profonde.

L’ONU, de grandes organisations africaines, la France, les États-Unis et d’autres ont condamné, dans la foulée, la situation. Ils ont rejeté par avance tout fait accompli, y compris une éventuelle démission forcée des dirigeants de transition arrêtés par des militaires. Ils «exigent la libération immédiate et inconditionnelle» du président et du premier ministre.

«Le président et le premier ministre sont ici à Kati pour des affaires les concernant», a dit un haut responsable militaire à l’AFP.

C’est au même camp que le président élu Ibrahim Boubacar Keïta avait été conduit de force le 18 août 2020 par des colonels putschistes pour annoncer sa démission. Ce sont semble-t-il les mêmes colonels qui sont à la manoeuvre neuf mois plus tard. Leurs intentions ne sont pas connues. En 2012, le Premier ministre Modibo Diarra, arrêté par des putschistes, avait été forcé à la démission.

Ces évènements sont survenus quelques heures seulement après l’annonce d’un nouveau gouvernement, que dominent toujours les militaires.

Une contestation politique et sociale grandissante

Les colonels avaient installé, au bout de quelques semaines, des autorités de transition, dont un président, Ban Ndaw, militaire retraité, et un gouvernement dirigé par Moctar Ouane, un civil. Confronté à une contestation politique et sociale grandissante, le Premier ministre a présenté il y a dix jours la démission de son gouvernement.

Révision constitutionnelle

Mi-avril, les autorités de transition ont annoncé l’organisation le 31 octobre d’un référendum sur une révision constitutionnelle promise de longue date. En février-mars 2022, des élections présidentielle et législatives rendraient le pouvoir à des dirigeants civils.

Le doute persiste toutefois quant à leur capacité à tenir leur programme, a fortiori dans un contexte où les violences jihadistes et autres continuent sans relâche. Le Mali et ses voisins nigérien et burkinabè sont pris dans un tourbillon de violences jihadistes, intercommunautaires ou autres qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. (ga)

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