Succès de l'AfD: Merz évoque un complot en Allemagne
Mardi, un mois après une victoire électorale écrasante lors des élections en Saxe-Anhalt, région de l'ex-Allemagne de l'est, l'AfD, formation antimigrants et prorusse, a fait élire son candidat à la présidence de l'assemblée avec le soutien d'une petite formation prorusse de gauche, le BSW.
Mais après décompte du vote à bulletin secrets, il s'est avéré que le candidat de l'AfD Tobias Rausch avait reçu le soutien de quatre élus supplémentaires restés anonymes, si bien que des spéculations sont apparues dans les médias allemands quant à de possibles voix de la CDU de M. Merz.
Interrogé lors d'un forum mercredi sur ce point, le chancelier s'est dit «horrifié» du résultat, mais à souligné que la CDU n'était pas «seule» à pouvoir être suspectée. Il a aussi évoqué un possible complot visant à discréditer son parti, dont la ligne est de refuser toute coopération avec l'AfD.
«Nous avons affaire (...) à trois (groupes) au Parlement régional de Saxe-Anhalt, qui font tout pour saper la cohésion de notre démocratie», a-t-il ajouté, semblant faire référence à l'AfD, au BSW et au parti de gauche radicale Die Linke.
Une première
L'élection d'un président de parlement régional appartenant à l'extrême droite est une première pour l'Allemagne d'après-guerre, et ouvre la voie à une élection du chef de l'AfD en Saxe-Anhalt en décembre à la tête de l'exécutif.
Pour cela, Ulrich Siegmund, 35 ans, doit débaucher au moins trois députés d'autres partis. Aucune formation n'a pour le moment accepté de voter pour lui, pas même le BSW. Mais il a fait part de contacts avec des élus d'autres groupes, notamment de la CDU.
Jusqu'ici, aucun des grands partis allemands n'a coopéré avec l'AfD, selon le principe du «pare-feu», équivalent allemand du «cordon sanitaire». Mais le parti d'extrême droite n'a cessé de grimper dans les sondages et a remporté plusieurs succès électoraux cette année, aux dépens de la CDU.
Empêtré dans des difficultés économiques et politiques, M. Merz est, après moins d'un an et demi au pouvoir, le chancelier le plus impopulaire de l'après-guerre. (sda/ats/afp)
