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L’Equateur dépénalise l'avortement en cas de viol

epa07781408 Lawyer Bertha Deleon (R) hugs 21 year-old Evelyn Hernandez after court absolved her from an alleged abortion crime, in Ciudad Delgado, El Salvador, 19 August 2019. Hernandez was absolved for having allegedly had an abortion in 2016 after being raped. EPA/Rodrigo Sura

Un tournant de la démocratie équatorienne. Image: EPA EFE

La Cour constitutionnelle d'Equateur a résolu mercredi de dépénaliser l'avortement en cas de viol. Une première historique pour ce pays conservateur d’Amérique central.



Cette décision entraine la modification de la loi qui jusqu'ici n'autorisait l'avortement en cas de viol que si la femme souffrait d'un handicap mental.

La résolution a été adoptée par sept magistrats contre deux pour déclarer l'inconstitutionnalité des articles 149 et 150 du code pénal équatorien. Ils concernent l'interruption volontaire de grossesse (IVG) suite à un viol.

«Nous sommes plus tranquilles d'enfin être dans un Etat où si nous sommes victimes du pire outrage qui peut être infligé aux femmes, au moins nous n'aurons pas à subir pour le reste de nos vies les conséquences de quelque chose que nous n'avons pas décidé et qui est le produit d'un acte de violence.»

L'avocate Dolores Miño, directrice de l'Observatoire des droits et de la justice.

Trois ans de prison

Les deux articles du Code prévoyaient jusqu'à trois ans de prison en cas d'IVG, établissant aussi une exception en cas de risque pour la santé de la femme enceinte.

En Equateur, six mineures en moyenne avortent chaque jour

80% des grossesses des filles de moins de 14 ans sont dues à la violence sexuelle

2500 mineures accouchent chaque année dans le pays

Le président élu Guillermo Lasso, qui prendra ses fonctions le 24 mai, a exprimé dans un communiqué son «total respect» envers la résolution de la Cour. «Nous devons apprendre chaque jour à vivre en démocratie. Pour cela, l'indépendance des pouvoirs et la laïcité de l'Etat sont des principes non négociables», a déclaré cet ex-banquier conservateur, âgé de 65 ans et membre de l'Opus Dei (organisation religieuse).

La femme du président élu équatorien, Maria de Lourdes Alcivar, avait toutefois demandé la veille sur Twitter de prier «pour que l'avortement ne soit pas approuvé» dans un pays où 70% des quelque 17.5 millions d'habitants sont catholiques.

Des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch (HRW), ont salué la résolution. «C'est un tournant de la démocratie équatorienne», a estimé José Miguel Vivanco, directeur de HRW pour les Amériques, soulignant que la Cour «a émis une sentence fondamentale pour les droits humains». (ats/ga)

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