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Image: Shutterstock

On sait comment sauver des milliards de poussins d'une mort affreuse

Six milliards de poussins mâles sont broyés vivants chaque année dans le monde. Mais certaines technologies peuvent changer la donne.

Thomas Burgel / slate



Un article de Slate

Terribles, les images n'ont peut-être pas échappé à votre regard choqué. Dans le monde entier, parce qu'ils ne fournissent pas d'oeufs et moins de viande, l'aviculture de masse nécessite le broyage vivant (ou le gazage) d'infinies rangées de poussins mâles, qui défilent ad nauseam sur les tapis les menant vers une mort à l'intolérable horreur.

C'est justement parce que cette horreur finit par être intolérable même aux plus endurcis des coeurs consommateurs, mais aussi parce que certains pays comme l'Allemagne ont fini par prendre les mesures qui s'imposent, que l'industrie avicole cherche des solutions pour s'extraire de ce cauchemar. Selon la Foundation for Food & Agriculture Research américaine, ce sont six milliards de petites bêtes qui, chaque année dans le monde, subissent ce funeste sort.

Un article du Wall Street Journal présente certaines des solutions, technologiques et scientifiques, sur lesquelles les exploitations commencent à s'appuyer, ou pourront le faire dans un avenir proche. In Ovo BV, une firme néerlandaise, procède par exemple à des prélèvements dans les oeufs en cours d'incubation, avant d'analyser le liquide pour déterminer le sexe de l'embryon.

S'il s'agit d'un mâle, l'oeuf sera détruit avant son éclosion; s'il s'agit d'une femelle, elle pourra aller jusqu'au terme du processus -qui, certes, n'est pas forcément beaucoup plus réjouissant.

«Nous procédons en quelque sorte à un avortement»

Wouter Bruins, patron de la petite entreprise In Ovo BV.

Sa machine actuelle peut procéder à ses tests sur 40 000 oeufs par semaine, mais une nouvelle version devrait à terme multiplier cette capacité par cinq.

Pas plus que la morale productiviste qui la sous-tend, la technique n'est bien sûr pas parfaite. Du fait d'erreurs de la machine, il faut 30 à 40% d'oeufs femelles de plus pour obtenir la même production. Se crée donc un surcoût, que les consommateurs et consommatrices soucieux du destin des poussins mâles ne rechigneront peut-être pas à prendre en partie en charge.

En mode «chicken run»

C'est sur cette consommation (un peu) plus consciente que compte le groupe français Carrefour. Il travaille, explique le site américain, avec un fournisseur utilisant une forme très poussée de mirage, nommée spectrophotométrie.

L'usage de la lumière et l'analyse des plumes visibles par transparence permettent aux Fermiers de Loué de déterminer le sexe de l'oeuf, donc de se débarrasser des mâles avant éclosion. Le surcoût est estimé à 10% pour la clientèle finale.

En Israël, une start-up de biotechnologie, eggXYt, travaille sur un procédé de manipulation génétique permettant aux oeufs mâles, et à eux seuls, de réagir à un certain type de lumière. D'autres entreprises cherchent à analyser finement les gaz émis par les oeufs en cours d'incubation pour en déterminer le devenir.

Comme le note le WSJ, la plupart de ces technologies ont leurs propres limitations. Certaines nécessitent l'intervention du législateur (le cas des bidouillages génétiques de eggXYt), et toutes devront pouvoir être déployées à beaucoup plus grande échelle pour réellement peser. Mais si elles ne règlent qu'une partie des questions que posent l'élevage intensif, le jeu en vaut la chandelle.

Cet article a été publié initialement sur Slate. Watson a changé le titre et les sous-titres. Cliquez ici pour lire l'article original

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