Elle remercie «ceux qui dénigrent» l'Europe
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a salué vendredi les critiques adressées à l'Europe durant la Forum économique de Davos. Elles représentent une chance de remise en question, a dit Lagarde.
«L'Europe a pas mal été dénigrée ces derniers jours mais au fond, c'est plutôt une bonne chose et nous devrions remercier ceux qui la dénigrent», a lancé Lagarde lors d'une discussion en clôture du forum dans les Alpes suisses.
Dans un discours très scruté à Davos, le président américain Donald Trump avait notamment pointé du doigt les faiblesses de l'Europe, critiquant violemment ses alliés. Son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a regretté de son côté à Davos que l'Europe se montre «fragmentée» plutôt que de s'afficher comme «une vraie puissance mondiale».
«Nous avons entendu beaucoup de bruit cette semaine» mais «nous devons distinguer les signaux du bruit», a poursuivi Christine Lagarde, insistant sur l'importance de dire «la vérité». «La confiance et la vérité vont ensemble. Bâtir la confiance prend du temps, mais la saper beaucoup moins», a-t-elle développé, et «la confiance a été sapée un peu, peut-être beaucoup».
«Droit vers de vraies difficultés»
La banquière centrale a dit avoir «une immense confiance et affection pour le peuple américain. Et je sais qu'en fin de compte, les valeurs les plus profondes l'emporteront». Christine Lagarde a également appelé à «être attentif à la manière dont les richesses sont réparties et au creusement des inégalités».
De son côté, la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a rappelé que même si la prévision de croissance mondiale venait d'être relevée à 3,3% en 2026 malgré les tensions persistantes, c'est «insuffisant».
«Ne cédons pas à la complaisance. La croissance n'est pas assez solide. Et parce qu'elle ne l'est pas, la dette qui pèse sur nous, qui atteint 100% du PIB, va devenir un fardeau particulièrement lourd», a-t-elle mis en garde.
(ats/afp)
