Ruag a payé une rançon à des hackers
Le groupe d'armement Ruag a versé une rançon à des pirates informatiques à la suite d'une cyberattaque contre l'une de ses filiales. Jürg Rötheli, président du conseil d'administration de Ruag, ne souhaite pas dévoiler le montant déboursé. Des études et des analyses sectorielles montrent toutefois que de telles demandes s'élèvent souvent à plusieurs millions.
La société britannique de cybersécurité Sophos a estimé à environ 1,2 million de dollars le montant moyen des rançons exigées des entreprises à l'échelle mondiale en 2025. Ces chiffres s'appuient sur une enquête menée auprès de 3400 responsables informatiques et de cybersécurité dans 17 pays, dont les entreprises ont été victimes d'une attaque avec logiciels de rançon l'année précédente.
La Suisse faisait également partie de l'enquête: 74 entreprises touchées ont été interrogées. Pour celles-ci, Sophos fait état d'une rançon moyenne de 328'748 dollars. Près d’une demande sur deux était toutefois nettement plus élevée: dans 46% des cas suisses, les ravisseurs exigeaient au moins un million de dollars.
De plus, 22 personnes interrogées en Suisse ont fourni des informations sur les rançons effectivement versées. La moyenne s’élevait ainsi à 1,1 million de dollars.
Demandes supérieures aux paiements
Le groupe de hackers Akira était responsable de la cyberattaque contre Ruag LLC, une filiale basée en Virginie (USA). Une étude réalisée en 2025 par l’Institut Tinbergen de l’Université Erasmus de Rotterdam, l’Université d’Amsterdam et l’Université libre d’Amsterdam montre comment ce groupe procède en matière de demandes de rançon. Les auteurs ont analysé 481 cas signalés à la police ainsi que 237 comptes rendus de négociations de 23 groupes de logiciels de rançons.
Avec 61 négociations évaluées, Akira est le plus grand groupe de pirates informatiques analysé dans cette étude. La demande initiale s'élevait en moyenne à 390'000 dollars. Environ un tiers des organisations concernées ont finalement payé la rançon. Après négociation, le montant s’est toutefois avéré nettement inférieur dans la plupart des cas: la médiane des sommes effectivement versées s’élevait à 150'000 dollars.
Ainsi, selon l’étude, les exigences du groupe Akira étaient inférieures à celles de plusieurs autres grandes organisations criminelles utilisant des rançongiciels. L'étude interprète cela comme faisant partie d'une stratégie ciblée: les auteurs fixent leurs demandes de manière à ce qu'un paiement semble douloureux pour la victime, mais reste réaliste. (dal/ats)
