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La vaccination devient obligatoire en Autriche, sous peine d'amende

Les Autrichiens de plus de 18 ans doivent à partir de samedi se faire vacciner contre le Covid-19. S'ils refusent, une amende salée tombe. Une mesure sans précédent dans l'Union européenne.
05.02.2022, 12:2105.02.2022, 13:17
source: shutterstock

La loi, adoptée le 20 janvier par le Parlement, a été promulguée par le président vendredi, l'aboutissement d'un processus entamé en novembre face à la propagation fulgurante de la pandémie.

Le gouvernement a décidé d'opter pour la manière forte malgré les critiques, se démarquant de ses partenaires européens. «Aucun autre pays d'Europe ne nous suit sur le vaccin obligatoire», dénonce Manuel Krautgartner, qui s'est engagé en politique contre les règles sanitaires à Linz (nord).

Dans l'Allemagne voisine, un projet similaire, défendu par le nouveau chancelier social-démocrate Olaf Scholz, a commencé à être débattu le 26 janvier au Bundestag. Mais il a pris du retard sur fond de divisions de la classe politique.

Les non-vaccinés soumis à une amende

Malgré cette mesure drastique, le taux de vaccination n'a guère décollé en Autriche, se situant toujours en deçà des niveaux observés en France ou en Espagne - autour de 70% de la population.

Dans les centres de vaccination de Vienne, l'affluence n'est pas au rendez-vous. «Nous sommes loin d'atteindre la capacité maximale, ça stagne totalement», confiait Stefanie Kurzweil, de l'association humanitaire Arbeiter Samariter Bund. Elle supervisait un de ces sites, quelques jours avant l'entrée en vigueur de la loi.

Venue recevoir sa troisième dose pour éviter que son certificat vaccinal n'expire, Melanie, une serveuse de 23 ans qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, le fait sans conviction. «Je ne voulais pas rester enfermée chez moi», dit-elle. En Autriche, les non-vaccinés sont exclus des restaurants, lieux sportifs et culturels. Désormais ils seront aussi soumis à des amendes, ce qu'elle juge «malsain».

Les contrôles débuteront mi-mars

L'ensemble des résidents majeurs sont concernés par le texte de loi, à l'exception des femmes enceintes, de ceux qui ont contracté le virus il y a moins de 180 jours et enfin de ceux qui peuvent se faire exempter pour raisons médicales.

Les contrôles, toutefois, ne débuteront que mi-mars : des sanctions pourront alors être appliquées, pour un montant variant de 600 à 3600 euros, mais elles seront levées si le contrevenant obtempère dans les deux semaines.

Les avis s'opposent

Dans la file d'attente, d'autres sont au contraire favorables à la piqûre pour tous. «On en aurait fini depuis longtemps (avec la pandémie) si tout le monde s'était fait vacciner», peste Angelika Altmann, qui travaille dans un cabinet de notaire.

Plus de 60% des Autrichiens soutiennent la mesure d'après une récente enquête, mais de larges pans de la population y restent fermement opposés. Pendant plusieurs semaines après l'annonce du projet, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour fustiger une mesure qualifiée de radicale et liberticide.

Des critiques ont aussi émergé sur le sens de cette loi face à la moindre gravité du variant Omicron et l'explosion du nombre de cas. Le chancelier conservateur Karl Nehammer, qui dirige le pays alpin avec les écologistes, a d'ailleurs annoncé dans le même temps un assouplissement des restrictions sanitaires.

Une figure d'exception?

Mais pour le ministre de la Santé Wolfgang Mückstein, la vaccination obligatoire vise à protéger contre «les nouvelles vagues», «à lutter contre les nouveaux variants» qui pourraient apparaître dans les mois à venir.

Le pass vaccinal s'impose dans un nombre croissant de pays pour certaines professions ou activités mais la vaccination anti-Covid pour tous demeure, elle, une exception. En Equateur, elle est obligatoire, y compris pour les enfants de plus de cinq ans, ce qui constitue une première mondiale.

Avant cela, deux États autoritaires d'Asie centrale, le Tadjikistan et le Turkménistan, avaient imposé la vaccination. Tout comme l'Indonésie, même si dans les faits, moins de la moitié de la population est vaccinée. (ats/myrt)

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