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Lettonie: cet incident à la frontière de l'Otan rappelle la Crimée

Vladimir Poutine lors d'une visite aux troupes russes à Koursk (sud): est-il à l'origine des provocations à la frontière avec la Lettonie?
Vladimir Poutine lors d'une visite aux troupes russes à Koursk (sud): est-il à l'origine des provocations à la frontière avec la Lettonie?Image: IMAGO / Kremlin Press Office

Ces mystérieux «Russes noirs» ont franchi la frontière de l'Otan

Des hommes armés appartenant à un nouveau groupe appelé «Russes noirs» ont pénétré sur le territoire de l’Otan, en Lettonie. L’armée du pays parle d’une menace hybride. On fait le point.
19.10.2026, 05:3119.10.2026, 07:06
Thomas Wanhoff / t-online
Un article de
t-online

Un incident qui rappelle les préparatifs de la conquête russe de la Crimée s’est produit à la frontière lettone. Plusieurs hommes vêtus de noir et armés ont franchi la frontière en provenance de la Biélorussie, a indiqué le ministre letton de l’intérieur Jānis Dombrava.

Lorsque Poutine a décidé, en 2014, de s’approprier la Crimée, des soldats en uniforme vert et sans insigne étaient d’abord apparus. Le maître du Kremlin les avait alors appelés «forces locales d’autodéfense». Il avait finalement dû admettre plus tard qu’il s’agissait bel et bien de soldats russes.

Un événement à l'écho glaçant

L’incident à la frontière entre la Lettonie et la Biélorussie va au-delà des habituels passages illégaux de migrants. Cette fois, il y a eu une confrontation militaire. Selon le média d’investigation russe istories, les inconnus auraient d’abord tenté de faire passer la frontière à une vingtaine de migrants. Mais ils auraient été repoussés par des soldats lettons sous la menace des armes. Plusieurs heures plus tard, ils seraient toutefois revenus.

Les hommes masqués auraient également endommagé un coffret de distribution et volé plusieurs caméras de surveillance. Ils seraient ensuite retournés en Biélorussie. Les forces armées lettones ont expliqué dans une prise de position:

«Les derniers événements confirment que les provocations ciblées et les menaces hybrides se poursuivront à la frontière lettono-biélorusse, la migration illégale étant utilisée comme moyen d’exercer une pression sur la frontière extérieure de la Lettonie ainsi que sur l’Union européenne et l’Otan.»

Les «Russes noirs» revendiquent l’action

La Biélorussie est l’un des principaux alliés de Moscou. Le pays a autorisé les forces armées russes à stationner des troupes et du matériel dans le cadre de la guerre contre l’Ukraine. Des attaques contre Kiev sont par ailleurs régulièrement lancées depuis son territoire.

Selon ses propres affirmations, l’action à la frontière lettone est l’œuvre d'un groupe jusqu’ici inconnu appelé «Russes noirs» (Black Russes). Une vidéo dans laquelle le groupe revendique l’action est apparue le 12 octobre sur les réseaux sociaux et Telegram. Un homme y affirme:

«Nous revendiquons officiellement l’incident survenu à la frontière lettono-biélorusse, dans la commune de Kaplava, district de Krāslava. Nous confirmons que, dans la nuit du 5 au 6 octobre, un groupe de trois activistes des “Russes noirs” a franchi la frontière et s’est heurté à des militaires lettons. Ils sont ensuite retournés en Lettonie près du village de Matuliški (sud-est), ont volé des caméras de surveillance, endommagé du matériel et sont restés inaperçus.»
Un homme masqué du nom de Neman s'exprime sur Telegram au sujet des actes de sabotage commis par le groupe «Schwarzrussen».
Un homme masqué du nom de Neman s'exprime sur Telegram au sujet des actes de sabotage commis par le groupe «Russes noirs».Image: Telegram / Черные Русы

Le porte-parole est désigné sous le nom de «Neman». Le groupe a annoncé vouloir mener d’autres actes de sabotage contre des pays voisins de la Biélorussie. Il s’agissait d’un test pour la Lettonie, que le pays n’aurait pas réussi, selon la prise de position du groupe:

«L’UE et l’Otan sont des colosses aux pieds d’argile, qui s’effondreront après notre premier coup»

Un groupe aux origines mystérieuses

Le directeur du Centre de l’Otan pour la communication stratégique, Janis Sarts, a expliqué à istories que le groupe était probablement piloté par les services secrets russes ou biélorusses. Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, a affirmé qu’il devrait être au courant de telles actions si elles étaient menées depuis son pays. Ces dernières n’auraient pas été discutées avec lui et ne pourraient donc pas avoir été menées. Il a accusé la Lettonie de propager une fausse information.

L'investigation internationale sur la r
Alexandre Loukachenko.Keystone

Les recherches d’istories suggèrent que le groupe n’a été fondé que récemment. La chaîne Telegram sur laquelle la revendication a été diffusée aurait été activée le 24 septembre et compterait 1200 abonnés. Toujours selon istories, la plupart des contenus de la chaîne consistent en de la propagande prorusse générée par IA et dirigée contre l’UE et les Etats baltes. Un manifeste explique en outre que l’union de la Russie, de la Biélorussie et de l’Ukraine est l’objectif du groupe.

Le site internet des «Russes noirs» a lui aussi apparemment été mis en ligne à la hâte: il ne compte que deux pages. Il est enregistré en Russie, au nom d’une personne privée inconnue. Le code source du site fournit des indices d’une utilisation de l’IA. Des instructions adressées à cette technologie en langue ukrainienne y apparaissent toutefois aussi.

On ne sait pas s’il s’agit de développeurs ukrainiens ou si l’objectif est de faire porter les soupçons sur l’Ukraine. De telles mesures sont courantes dans les attaques hybrides: l’attaquant tente de détourner l’attention de lui-même et de désigner d’autres coupables. Comme Poutine en 2014, qui avait inventé en Crimée un mouvement de résistance derrière lequel se trouvaient ses propres soldats. (trad. ysc)

Matuliški.
carte: watson
Vladimir Poutine dans tous ses états
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Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
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Video: watson
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