Alertes à la bombe en Europe: de mystérieux messages donnent une piste
«Aujourd'hui, votre ciel deviendra rouge.» C'est par ces mots que se termine un courriel de menace envoyé jeudi à plusieurs acteurs du transport aérien européen. Ses auteurs affirment avoir placé des engins explosifs à bord d'avions de ligne. Le message est signé au nom d'«Etat masculin», un mouvement d'extrême droite originaire de Russie.
Ces menaces s'inscrivent dans une série d'incidents qui ont perturbé de nombreux vols en Europe cette semaine. Plusieurs alertes à la bombe ont semé le chaos, provoquant déroutages d'avions et décollages de chasseurs. Les appareils ont été fouillés, mais aucun engin explosif n'a été découvert.
Selon les investigations de la chaîne américaine CNN et du média russe d'investigation indépendant Bellingcat, ces messages ont notamment été envoyés à des aéroports en Italie et en Bulgarie. Leurs auteurs menaçaient de provoquer des explosions dans un délai de 60 minutes et présentaient leurs actions comme engagées dans la lutte contre le «régime féministe».
Que sait-on de ce groupe?
Le mouvement a été fondé en 2016 par le blogueur et coach sportif russe Vladislav Pozdniakov. Ses adeptes diffusent des contenus misogynes, racistes et homophobes et prônent le «patriarcat national», dans lequel les femmes seraient soumises aux hommes.
Le groupe s'est fait remarquer à plusieurs reprises par des campagnes d'intimidation ciblées. Ses victimes ont été publiquement menacées sur Internet. En 2021, un tribunal russe a déclaré le mouvement extrémiste et l'a interdit.
Après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, ses partisans ont intensifié la diffusion de propagande de guerre et apporté leur soutien à l'offensive. Une partie du mouvement s'est ensuite présentée sous le nom de «Légion masculine» (réd: traduction libre également).
Le fondateur nie toute implication
L'identité des véritables auteurs des messages reste inconnue. Auprès de Reuters, Vladislav Pozdniakov a démenti tout lien avec les menaces à la bombe. Il a affirmé que le groupe d'origine n'existait plus. Aucun lien avec le gouvernement russe n'a pu être établi.
Rien ne permet d'affirmer, à ce stade, que des membres d'«Etat masculin» soient réellement à l'origine de ces menaces. Car le fait que les expéditeurs utilisent le nom d'un mouvement extrémiste connu ne signifie pas que ce dernier soit responsable des menaces.

