Un policier filmé avec une ado de 14 ans: ce que l’on sait
L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie après la diffusion d'une vidéo montrant un policier en civil semblant toucher les cheveux et la poitrine d'une jeune fille de 14 ans, a-t-on appris mardi auprès du parquet. La jeune fille avait été interpellée à Metz dans le cadre de l'agitation lycéenne.
Interrogée par l'IGPN, la jeune fille a toutefois «réfuté tout acte de violence et tout acte d'agression sexuelle sur sa personne dans le cadre de son interpellation» et son représentant légal, également entendu, n'a pas déposé plainte, a souligné le procureur de la République David Touvet dans un communiqué.
«Les investigations se poursuivent afin notamment d'identifier l'auteur de la diffusion de la vidéo», a poursuivi le magistrat, indiquant qu'une «décision sera prise sur la base de la transmission au parquet de l'entière procédure d'enquête».
David Touvet «a ouvert ce matin une enquête et a saisi l'IGPN, avec l'appui de l'Office anticybercriminalité (...) pour la partie technique des investigations destinées à authentifier et analyser la vidéo», a indiqué à l'AFP le parquet. «L'enquête porte sur les conditions de l'interpellation de la jeune fille et est destinée à établir l'existence ou non d'actes relevant d'une agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans», ajoute le parquet.
Le fonctionnaire de police, qui apparaît sur la vidéo sans avoir le visage masqué, a lui déposé plainte mardi pour «diffamation publique envers un dépositaire de l'autorité publique», a indiqué le procureur de la République. «Cette plainte a été jointe à l'enquête en cours», a-t-il précisé.
Dizaine d'enquêtes ouvertes par l'IGPN
Une vidéo relayée depuis lundi soir sur les réseaux sociaux montre un policier en civil au côté d'une jeune fille, à terre au niveau d'un arrêt de bus, qui avait été interpellée. Il semble lui toucher les cheveux et la poitrine.
«Cette vidéo est accompagnée de commentaires mettant en cause ce fonctionnaire, dont le visage n'est pas masqué, pour avoir commis à cette occasion une agression sexuelle sur la personne interpellée», relève David Touvet.
Dix autres enquêtes ont déjà été ouvertes par l'IGPN, la «police des polices», depuis le début du mouvement lycéen, selon le Ministère de l'intérieur. Au total, 6059 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre et 715 policiers ou gendarmes ont été blessés, selon les chiffres communiqués lundi soir. (mbr/ats)
