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L'un des ponts enjambant à Paris le Canal Saint-Martin.
L'un des ponts enjambant à Paris le Canal Saint-Martin. Tweet paris 10 va craquer @10_habitant

#SaccageParis, le hashtag qui ruine l'image du beau Paris

Apparu la semaine dernière, le hashtag #SaccageParis fait fureur sur Twitter. Des Parisiens, excédés par l'état qu'ils jugent catastrophique de la capitale, s'en prennent à la Mairie de Paris. Visée par cette opération, la maire Anne Hidalgo y voit la main de l'«extrême droite». Joints par watson, des frondeurs se défendent de cette accusation et expliquent leur démarche.
08.04.2021, 18:2811.04.2021, 20:33

Anne, qu’as-tu fait de notre ville? En poste depuis sept ans, réélue en 2020 pour un deuxième mandat, la maire de Paris, Anne Hidalgo, affronte sur Twitter un tsunami de reproches siglés #SaccageParis. Rien que ça. La vague s’est formée la semaine dernière et ne cesse depuis lors de grossir. Elle aurait dépassé les 100 000 tweets. Jeudi 8 avril sur RTL, Anne Hidalgo, en se défendant, n'a fait qu'ajouter de l'intensité au phénomène.

Ce n’est pas la première fois que la capitale française, officieusement «plus belle ville du monde», l’un des spots préférés des Romands, fait l’objet de critiques pas du tout gentilles sur son (mauvais) état. En 2019, le quotidien britannique de centre gauche The Guardian avait qualifié Paris d’«homme sale de l’Europe». Sympas, les British.

Aujourd’hui, les locaux eux-mêmes passent à l’attaque. «Ce n’est pas une campagne politique, mais l’expression d’un ras-le-bol de Parisiens de toute tendance qui ne supportent plus de voir leur ville dégradée», affirme une cadre bancaire habitant le XIVe arrondissement, politiquement située au «centre droit», pseudo Gloupsback sur Twitter.

«Partout ou presque, dans les rues, des blocs de béton dont on ne sait à quoi ils servent, des plots jaunes moches pour délimiter les pistes cyclables, des parties végétalisées immédiatement détériorées et taguées, énumère-t-elle. Paris est un chantier permanent.» La question esthétique jouxte la question sociale, humainement délicate. «On avait une vraie vie de quartier, maintenant c’est terminé. De nombreux espaces sont occupés par des SDF et des migrants», regrette cette Parisienne de la rive gauche.

Son de cloche amplifié chez Faouzi, membre de l’Union parisienne rassemblant les mécontents de #SaccageParis. Il réside dans le populaire XIXe arrondissement, rive droite. Voici ses griefs: «Insalubrité, mal-logement, prostitution, toxicomanie, camps de migrants, insécurité.»

Faouzi, invalide, qui s’aide d’une béquille pour marcher, actuellement sans travail, ne pardonne pas à la maire de Paris son hashtag de 2016 #RefugeesWelcome (Bienvenue aux réfugiés). «Elle n’a pas les moyens de son hospitalité», soutient-il, jurant qu’il ne vote pas «extrême droite», mais qu’il connaît «des gens tentés de le faire».

A la fronde #SaccageParis a en effet répondu un contrefeu présentant cette opération comme en partie «bidonnée» (recours à de vieilles photos) et téléguidée par la droite extrême, ainsi que le laisse entendre le sénateur socialiste, David Assouline.

Anne Hidalgo elle-même, jeudi matin à la radio RTL, a associé cette offensive sur Twitter à l’«extrême droite», déplorant plus généralement une «trumpisation» de la vie politique. Elle s’est arrêtée à la question technique de la propreté, promettant une meilleure gestion des déchets.

Mais pour ces Parisiens excédés, le problème est moins la propreté que l’«organisation catastrophique de l’espace public». «Anne Hidalgo ne tient pas sa ville», estime Faouzi. De mauvais augure pour la présidentielle 2022, sur laquelle la maire de Paris aurait des vues.

Le hashtag, dommageable pour la réputation de la capitale française, a franchi l’Atlantique. Le tabloïd américain New York Post publie une série de photos témoignant d’un Paris délabré. «Sacré pee-yew!», attaque-t-il dans l’article correspondant. Allusion à Pépé le putois, le personnage de dessin animé incarnant le Français, non seulement puant, mais dragueur invétéré, récemment effacé des tabelles du divertissement par la cancel culture américaine. Emily, la jeune héroïne de la série Netflix, reviendra-t-elle un jour in Paris ? La réponse est «oui», dans une saison 2.

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