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Hong Kong menace ses dissidents avec une peine de prison à vie

Hong Kong menace ses dissidents avec une peine de prison à vie

Des manifestants dans les rues de Hong Kong.
Des manifestants dans les rues de Hong Kong.Keystone
Le texte adopté par le Conseil législatif vient compléter la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020 après les grandes manifestations de l'année précédente en faveur de la démocratie à Hong Kong.
19.03.2024, 22:3919.03.2024, 22:39

Le Parlement local de Hong Kong a voté unanimement mardi une nouvelle loi sur la sécurité nationale qui prévoit la prison à perpétuité pour des infractions telles que la trahison et l'insurrection, suscite les condamnations de plusieurs pays occidentaux.

«Ce jour est un moment historique pour Hong Kong», a déclaré le dirigeant du territoire, John Lee, précisant que la loi entrerait en vigueur le 23 mars.

La nouvelle loi énumère cinq catégories d'infractions en plus de celles punies par le texte de 2020: la trahison, l'insurrection, l'espionnage et le vol de secrets d'Etat, le sabotage mettant en péril la sécurité nationale, la sédition et l'«interférence extérieure».

Mardi, les Etats-Unis se sont dit «alarmés par ces mesures à la portée large» et «imprécises», selon les déclarations de Vedant Patel, porte-parole du département d'Etat:

«Ce texte va potentiellement accélérer la fermeture de la société hongkongaise, jadis ouverte»

Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme s'est, lui, dit «profondément troublé» par les ambiguïtés du texte. Selon Volker Türk:

«Ces dispositions pourraient conduire à la criminalisation d'un large éventail de comportements protégés par le droit international.»

Londres a dénoncé un texte qui «portera encore davantage atteinte aux droits et libertés dans la ville» et «sape la mise en oeuvre par Hong Kong de ses obligations internationales».

Géré par Pékin

Le Bureau national de la sécurité de Hong Kong, géré par Pékin, a de son côté assuré qu'un «nombre extrêmement faible de personnes» risquait d'être condamné au titre de cet article 23.

«La loi permettra à Hong Kong de prévenir, d'interdire et de punir efficacement les activités d'espionnage, les complots et les pièges mis en place par les services de renseignement étrangers, l'infiltration et le sabotage menés par des forces hostiles»
Le dirigeant du territoire, John Lee

Le texte prévoit des peines allant jusqu'à la prison à vie pour le sabotage mettant en danger la sécurité nationale, la trahison et l'insurrection, 20 ans pour espionnage et sabotage, et 14 ans pour «interférence extérieure».

Le nouveau texte met fin à une grande partie des garanties juridiques dont bénéficiait Hong Kong, afin de s'aligner sur la législation de Chine continentale. (ats/jch)

Une impressionnante explosion dans la banlieue de Pékin
Video: watson
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