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Un ministre saoudien veut mettre les mosquées en veilleuse

The moon seen behind the silloutte of the crescents on top of the dome of the Cultural Square Mosque, on the second evening of Ramadan, the Muslim holy month of fasting, in Sharjah, United Arab Emirates, Tuesday October 28, 2003. (KEYSTONE/EPA/Jorge Ferrari)

Entre un islam rigoriste et une tentative de modernisation de l'Etat, c'est deux poids deux mesures. Image: EPA

Il veut que les milliers de mosquées du pays baissent le volume de leurs haut-parleurs, notamment lors de l'appel à la prière.



La décision est très controversée dans le royaume wahhabite ultra-conservateur. Le ministère des affaires islamiques a ordonné, la semaine dernière, aux mosquées de régler leurs haut-parleurs à un tiers de leur volume maximum et de limiter leur usage à l'appel à la prière et non à la diffusion de sermons entiers.

Cette mesure a aussitôt suscité une levée de boucliers dans les milieux religieux et conservateurs dans un pays pratiquant un islam rigoriste.

«Ceux qui veulent prier n'ont pas besoin d'attendre l'appel à la prière de l'imam. Ils devraient déjà être avant à la mosquée»

Le ministre des affaires islamiques a justifié cette décision en invoquant la santé et le bien-être des enfants et des personnes âgées, dérangés par le bruit. «Des chaînes de télévision diffusent déjà prières et sermons sur le coran», a-t-il encore expliqué. «Les mosquées n'ont pas besoin d'en rajouter», reprend Al Jazeera.

Dans un pays abritant des dizaines de milliers de mosquées, cette décision a été bien accueillie. Mais elle a aussi déchaîné les passions sur les réseaux sociaux. Un «hashtag» suggérant l'interdiction de la musique dans les restaurants et les cafés a ainsi été maintes fois relayé.

Politique de libéralisation

Cette mesure est conforme à la politique de libéralisation voulue par le prince héritier et dirigeant de fait du royaume, Mohammed Ben Salmane. Celui-ci a ordonné la levée de plusieurs interdits ou restrictions, comme l'interdiction de conduire pour les femmes, tout en autorisant des concerts rassemblant hommes et femmes, ce qui était strictement interdit auparavant.

Ces assouplissements ont été favorablement accueillis par nombre de Saoudiens dans un pays où deux-tiers de la population a moins de 30 ans. Le royaume a également limité les pouvoirs de sa police religieuse, autrefois redoutée. (ats/ga)

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