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Giorgia Meloni officiellement première ministre en Italie

La tâche de Giorgia Meloni s'annonce ardue, d'autant qu'elle devra veiller à l'unité de sa coalition qui montre déjà des fissures.
La tâche de Giorgia Meloni s'annonce ardue, d'autant qu'elle devra veiller à l'unité de sa coalition qui montre déjà des fissures.Image: sda

Giorgia Meloni officiellement première ministre en Italie

Giorgia Meloni, qui avec son parti post-fasciste Fratelli d'Italia a remporté une victoire historique aux législatives, a été officiellement nommée vendredi premier ministre. Première femme à occuper ce poste en Italie, elle a nommé son cabinet.
21.10.2022, 19:5022.10.2022, 11:07
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La Romaine âgée de 45 ans a réussi à «dédiaboliser» son parti pour parvenir au pouvoir exactement un siècle après Mussolini. Elle dispose avec ses partenaires de coalition, le dirigeant populiste de la Ligue antimigrants Matteo Salvini et le chef déclinant de Forza Italia Silvio Berlusconi, de la majorité absolue tant à la Chambre des députés qu'au Sénat.

Rassurer les partenaires

Giorgia Meloni, 45 ans, a présenté dans la foulée de sa nomination la composition de son gouvernement, qui prêtera serment samedi matin à 10 heures sous les ors du palais du Quirinal devant le président de la République Sergio Mattarella. La liste des ministres - 24 au total, dont seulement 6 femmes - reflète son désir de rassurer les partenaires de Rome.

L'ancien président du Parlement européen Antonio Tajani, membre de Forza Italia, est nommé aux Affaires étrangères avec le titre de vice-premier ministre, et Giancarlo Giorgetti, un représentant eurocompatible de l'aile modérée de la Ligue, déjà ministre dans le gouvernement sortant de Mario Draghi, prend le portefeuille crucial de l'Economie.

Quant à Matteo Salvini, il est également nommé vice-premier ministre, mais doit se contenter du portefeuille des Infrastructures et Transports alors qu'il convoitait celui plus prestigieux de l'Intérieur, qui échoit à un technocrate, le préfet de Rome Matteo Piantedosi.

Fissures dans la coalition

Au moment où la troisième économie de la zone euro affronte, comme ses voisins, une situation économique difficile due à la crise énergétique et à l'inflation, la tâche de Meloni s'annonce ardue, d'autant qu'elle devra veiller à l'unité de sa coalition qui montre déjà des fissures.

Salvini et Berlusconi renâclent à accepter l'autorité de Giorgia Meloni, dont le parti a remporté 26% des voix aux élections du 25 septembre, contre seulement 8% pour Forza Italia et 9% pour la Ligue.

Les médias se sont fait l'écho des multiples passes d'armes entre les trois dirigeants sur la répartition des postes au Parlement et au sein du gouvernement.

Propos polémiques de Berlusconi

Elle-même atlantiste et favorable au soutien à l'Ukraine face à la Russie, Giorgia Meloni a dû affronter cette semaine les propos polémiques de Berlusconi, qui a affirmé avoir «renoué» avec Vladimir Poutine et imputé à Kiev la responsabilité de la guerre.

Des déclarations du plus mauvais effet alors que l'arrivée au pouvoir de cette coalition à dominante eurosceptique est suivie de près par les chancelleries. Giorgia Meloni s'est sentie obligée de rectifier le tir mercredi en affirmant que l'Italie fait «pleinement partie et la tête haute» de l'Europe et de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan).

«Dieu, patrie, famille»

Oratrice de talent, Meloni, une chrétienne conservatrice hostile aux droits LGBT+ ayant pour devise «Dieu, patrie, famille», a cependant promis de ne pas toucher à la loi autorisant l'avortement. Elle et ses ministres devront se concentrer sur les nombreux défis, essentiellement économiques, qui les attendent.

L'inflation dans la péninsule a augmenté en septembre de 8,9% sur un an et l'Italie risque d'entrer en récession technique l'an prochain, au côté de l'Allemagne. Les marges de manœuvre sont limitées par une dette colossale représentant 150% du produit intérieur brut (PIB), le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

Bruxelles rend hommage à Draghi

Le Conseil européen a de son côté rendu hommage vendredi au premier ministre sortant Mario Draghi, qui a lui-même réaffirmé l'engagement européen de son pays: «Tout le monde considère l'Union européenne (UE) comme une source de sécurité, de stabilité et de paix: nous devons la garder à l'esprit comme l'étoile Polaire pour l'avenir, surtout dans des moments difficiles comme ceux-ci».

Eurosceptique notoire, Giorgia Meloni a renoncé à militer pour une sortie de l'euro, mais elle a promis de défendre davantage les intérêts de son pays à Bruxelles. Et ce alors que la croissance dépend de près de 200 milliards d'euros de subventions et de prêts accordés par l'UE dans le cadre de son fonds de relance post-pandémie.

Coincée entre le marteau de ses «alliés» et l'enclume de Bruxelles et des marchés, Giorgia Meloni paraît déjà sur le fil du rasoir avant même d'avoir pris ses fonctions, presque une tradition dans un pays connu pour son instabilité gouvernementale chronique.

En détail

  • Vice-premier ministre et ministre des Infrastructures: Matteo Salvini
  • Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères: Antonio Tajani
  • Ministre de l'Economie: Giancarlo Giorgetti
  • Ministre de l'Intérieur: Matteo Piantedosi
  • Ministre du Développement économique, des Entreprises et du Made in Italy: Adolfo Urso
  • Ministre de la Justice: Carlo Nordio
  • Ministre de la Défense: Guido Crosetto
  • Ministre de la Santé: Orazio Schillaci
  • Ministre des Réformes: Maria Elisabetta Alberti Casellati
  • Ministre du Travail: Marina Elvira Calderone
  • Ministre de l'Instruction : Giuseppe Valditara
  • Ministre des Universités et de la Recherche: Annamaria Bernini
  • Ministre des Affaires européennes, des Politiques de cohésion et du plan de relance: Raffaele Fitto
  • Ministre de la Fonction publique: Gilberto Pichetto Fratin
  • Ministre de la Famille, de la Natalité et de l'Egalité des chances: Eugenia Roccella
  • Ministre du Tourisme: Daniela Santanché
  • Ministre des Affaires régionales et des Autonomies: Roberto Calderoli
  • Ministre de la Culture: Gennaro Sangiuliano
  • Ministre des Sports et de la Jeunesse: Andrea Abodi
  • Ministre de l'Environnement et de la Souveraineté écologique: Paolo Zangrillo
  • Ministre des Politiques de la mer et du Sud: Sebastiano Musumeci
  • Ministre au Handicap: Alessandra Locatelli
  • Ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire: Francesco Lollobrigida
  • Ministre des Relations avec le Parlement: Luca Ciriani

(jod/ats)

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