DE | FR

De sa prison, Alexeï Navalny continue à dénoncer la propagande de Poutine

Image: sda
Condamné en mars à neuf ans de détention en «régime sévère», Alexeï Navalny, principal opposant russe au régime du président russe, a fait appel. Depuis sa prison, il ne mâche pas ses mots pour dénoncer la guerre en Ukraine.
17.05.2022, 11:1817.05.2022, 12:51

Un tribunal de Moscou a commencé à examiner en appel la condamnation de Navalny pour «escroquerie». Bien qu'il soit emprisonné depuis janvier 2021, le farouche opposant politique n'a jamais cessé de dénoncer la propagande du maître du Kremlin.

Entamé mardi, le procès a finalement été renvoyé au 24 mai. Environ une heure après le début de l'audience, le tribunal a annoncé que le procès était prorogé d'une semaine à la demande d'Alexeï Navalny. Ce dernier a déclaré vouloir prendre connaissance de l'enregistrement audio de son jugement pour le comparer avec sa version écrite.

Il a par ailleurs précisé que sa famille avait obtenu un droit de visite pour vendredi et qu'il ne voulait pas rater ce parloir.«On va m'envoyer dans une colonie à régime sévère et ce rendez-vous presse», a-t-il observé. «Le 24 (mai), vous pourrez parfaitement me condamner et je partirai en régime sévère», a-t-il ironisé.

Pour le moment, Navalny est détenu dans une colonie dite en régime «normal». Or, si le verdict de première instance est confirmé en appel, il devrait rejoindre un pénitencier en régime «sévère» où les conditions de détentions sont plus rudes.

Enfermé dans une cage

L'opposant comparaissait par visioconférence depuis la colonie pénitentiaire numéro 2 de Pokrov, à une centaine de kilomètres à l'est de Moscou.

Navalny est apparu enfermé dans une cage, en uniforme de prisonnier, selon les images diffusée dans la salle d'audience du tribunal.👇

Image: sda

Accusé d'avoir détourné des millions de roubles de dons, versés à ses organisations de lutte contre la corruption, Nalvany a été condamné pour «escroquerie» ainsi que pour «outrage à magistrat». Ecopant, de ce fait, de neuf ans de prison.

Cette peine infligée le 22 mars au charismatique militant anticorruption comprend celle prononcée un an plus tôt, en mars 2021, pour «fraude».

Rappel des faits

Alexeï Navalny avait été arrêté en janvier 2021, à son retour de Berlin, où il avait passé plusieurs mois en convalescence après un empoisonnement par un agent innervant.

Sitôt remis sur pied, Navalny a déclaré publiquement qu'il tenait le président russe Vladimir Poutine pour responsable. Accusation catégoriquement démentie par l'intéressé. Aucune enquête n'a toutefois été ouverte.

Quoi qu'il en soit, l'arrestation a marqué le point de départ de l'accélération d'une vaste répression de tous les mouvements anti-Kremlin et médias indépendants en Russie.

Depuis sa colonie, Navalny se lâche

Depuis le lancement de l'assaut militaire russe contre l'Ukraine, le 24 février, l'opposant n'a pas mâché ses mots, dénonçant une «guerre». Un terme loin d'être anodin! En effet, il est rigoureusement interdit par le droit russe pour décrire l'offensive, «destinée à détourner l'attention des citoyens russes des problèmes intérieurs», selon Navalny.

Les mensonges des «sondages»

Mi-avril, le principal critique du Kremlin a qualifié de «mensonges» les sondages selon lesquels la popularité de Vladimir Poutine était en hausse depuis le début de l'offensive.

«Le fait est que la majorité des citoyens russes ont une idée complètement déformée de ce qui se passe en Ukraine»

L'opposant a également appelé les géants numériques occidentaux à ouvrir un «front de l'information» pour «écraser la propagande de Poutine».

L'étau se ressert sur les opposants

Depuis le début du conflit, il est de plus en plus dur d'être opposant en Russie. Les autorités n'ont eu de cesse de durcir le ton, les pressions et leur arsenal juridique pour contrôler la communication sur le conflit. Les menaces de peines vont jusqu'à 15 ans de prison pour la diffusion de «fausses informations» sur l'armée russe.

Depuis juin 2021, les principales organisations d'AlexeÏ Navalny ont été qualifiées d'«extrémistes» par la justice.

Décision qui a entraîné leur fermeture et des poursuites contre nombre de leurs militants. Beaucoup d'entre eux sont désormais en exil. Fin janvier, Navalny a lui-même été placé sur la liste des «terroristes et extrémistes». Sarcastique, il avait dit en septembre à ses soutiens de ne pas s'inquiéter pour lui, car il serait «libre au plus tard au printemps 2051.» (mbr/ats)

En Russie, les enfants font de la propagande déguisés en petits tanks

Plus d'articles récents sur la guerre en Ukraine

Meurtre, torture, vol: l'Ukraine recherche 10 criminels de guerre

Link zum Artikel

«Plan Marshall 2.0»: voici comment reconstruire l'Ukraine après la guerre

Link zum Artikel

Voici 13 images de Pâques «célébrée» en Ukraine en pleine guerre

Link zum Artikel

«Pour la Russie, cette guerre est un suicide économique»

Link zum Artikel
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Poutine a viré le «boucher de Syrie», commandant des troupes en Ukraine
C'est ce que soutient un rapport du ministère britannique de la Défense. Alexander Dvornikov aurait mis trop de temps à s'emparer de la ville de Severodonetsk.

Samedi, l'armée russe a annoncé la «prise totale» de la ville de Severodonetsk, après une longue bataille. Pourtant, le président Vladimir Poutine ne semble pas entièrement satisfait de la situation en Ukraine.

L’article