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La situation de la centrale nucléaire de Zaporijia est «gravissime»

De nouveaux bombardements ont eu lieu dimanche à la centrale nucléaire de Zaporijia, endommageant des «endroits assez délicats», selon le directeur de l'AIEA.
De nouveaux bombardements ont eu lieu dimanche à la centrale nucléaire de Zaporijia, endommageant des «endroits assez délicats», selon le directeur de l'AIEA.

La situation de la centrale nucléaire de Zaporijia est «gravissime»

Le site nucléaire le plus important d'Europe a été à nouveau en proie à de «puissantes explosions», selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Son directeur général a supplié d'«arrêter cette folie» et jugé que la situation était «gravissime».
21.11.2022, 08:0122.11.2022, 18:41

C'est à la Russie qu'on doit les premières accusations des bombardements survenus sur l'usine ce dimanche - les premiers depuis septembre sur ce site occupé militairement par l'armée russe, et situé non loin de la ligne de front.

Selon un communiqué du ministère russe de la Défense, les forces ukrainiennes auraient tiré plus d'une vingtaine d'«obus de grand calibre» sur la centrale. Ces derniers auraient explosé entre les blocs énergétiques numéro 4 et 5 et visé le toit d'un «bâtiment spécial» situé à proximité de ces blocs, selon la même source.

Ce «bâtiment spécial» abritait un dépôt de combustible nucléaire, selon Renat Kartchaa, responsable du producteur russe d'électricité nucléaire Rosenergoatom, cité par l'agence officielle russe TASS.

Malgré ces bombardements, «le niveau de radiation dans la zone de la centrale reste conforme à la norme», souligne le communiqué officiel de la Russie, qui dénonce encore que: «le régime de Kiev ne cesse pas les provocations afin de créer la menace d'une catastrophe à la centrale nucléaire de Zaporijia».

Accusations fermement démenties côté ukrainien. De son côté, l'agence nucléaire ukrainienne Energoatom, qui affirme que ces bombardements sont le fait de Moscou. Au moins douze frappes auraient été enregistrées, selon l'agence, qui accuse les Russes d'«organiser une fois de plus un chantage nucléaire et mettre le monde entier en danger».

Le directeur de l'AIEA est inquiet

Que Moscou ou Kiev en soit responsable, de «puissantes explosions» ont bel et bien eu lieu, confirme Rafael Grossi, directeur général de l'AIEA, dans un communiqué:

«L'information est extrêmement perturbante. Des explosions sont survenues sur le site de cette grande centrale nucléaire, ce qui est totalement inacceptable.»

Interrogé dimanche sur la chaîne BFMTV, Rafael Grossi a dénoncé des attaques «délibérées et ciblées» sur le site.

«Arrêtez cette folie (...) La situation est gravissime»
Rafael Grossi, directeur de l'AIEA, sur BFMTV

«Il y a eu des dégâts dans des endroits assez délicats », a estimé Grossi, précisant que les réacteurs n’avaient pas été touchés mais «plutôt la zone où se trouvent les combustibles frais et usés». Selon lui, une équipe spécialisée en sécurité se rendra sur le site lundi matin pour évaluer les dégâts.

Les bombardements sur le site de la centrale nucléaire ukrainienne ont cessé dimanche, a annoncé l'AIEA dimanche soir sur Twitter. «Certaines parties du site ont été endommagées, mais il n'y a pas eu d'émission de rayonnement ni de perte d'alimentation. Des experts de l'AIEA effectueront une évaluation (ce lundi).» (mbr)

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