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France: avocats de lycéens, ils dénoncent les violences policières

Malgré une forte répression policière, les manifestations lycéennes se sont poursuivies cette semaine.
Malgré une forte répression policière, les manifestations lycéennes se sont poursuivies cette semaine.Image: JULIEN DE ROSA / AFP

«On les fait ramper comme un chien»: ces avocats français dénoncent

Alors que la mobilisation des lycéens se poursuit en France, des avocats font état de violences et d'humiliations systématiques lors des interpellations policières et gardes à vue.
07.10.2026, 14:4507.10.2026, 14:45
Clara WRIGHT et François BECKER, Paris, avec Carole SUHAS, Pau, France / AFP

Plusieurs avocats d'adolescents placés en garde à vue lors du mouvement des lycéens en France ont dénoncé des violences physiques, des insultes et des «tentatives d'humiliation» par des policiers, qui ont laissé des mineurs «terrorisés».

Me Ainoha Pascual, qui a assisté trois adolescents dans la capitale française, est membre de la Legal Team Paris, un des collectifs d'avocats qui ont fait des violences policières l'une de leurs spécialités. Elle témoigne:

«Quand on ouvre la porte du commissariat et qu'il y a 47 kilos et 1 mètre 56 derrière, c'est spécial comme sentiment. Je sens qu'ils sont terrorisés.»

Elle poursuit:

«Une très grande majorité arrive en garde à vue blessés, après avoir pris des coups de matraque ou avoir été tirés au sol.»

Des violences systématiques

Prisca Ancion, du collectif action judiciaire (CAJ), abonde:

«On n'a pas une seule interpellation qui se passe sans que les lycéens décrivent une insulte, une gifle, un maintien de la tête au sol, des étranglements.»

«Il n'y a pas du tout d'adaptation des pratiques» des policiers «par rapport à leur minorité», déplore cette pénaliste, ayant assisté une «petite dizaine» de jeunes en Seine-Saint-Denis, et dans le Val-d'Oise, en région parisienne.

Les lycéens, dont le mouvement est né mi-septembre en banlieue parisienne, dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et des absences de professeurs non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

Onze enquêtes ont été ouvertes à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la «police des polices», pour des violences imputées à des policiers ayant entraîné de graves blessures.

Les images de nombreuses arrestations ont indigné en France.
Les images de nombreuses arrestations ont indigné en France.Image: DIMITAR DILKOFF / AFP

Des humiliations et de l'intimidation

Les commissariats sont par ailleurs le théâtre de «violences psychologiques» et d'«insultes racistes», affirme Prisca Ancion:

«On les fait ramper comme un chien pour ramasser des affaires»

Me Ainoha Pascual, qui raconte qu'une adolescente a été «emmenée pieds nus au commissariat» alors qu'elle avait «demandé aux policiers» de ramasser ses chaussures perdues lors de son interpellation, abonde:

«Il y a systématiquement des tentatives d'humiliation»

Même indignation dans le sud-ouest de la France, comme le relève Ludovic Tardy, à Pau, qui a assisté ce week-end trois mineurs:

«On parle de mineurs qui ont passé la nuit en geôle sans matelas, sans couverture»

Se tiennent des interrogatoires tendus, rythmés de sarcasmes. «Avoir cours de 8H00 à 18H00? C'était pareil pour nous, connard!», aurait ainsi lancé un policier parisien à un adolescent, selon son conseil qui témoigne sous couvert d'anonymat pour protéger le mineur.

Les forces de police étaient nombreuses, mardi, en marge des manifestations. Ici, le centre de Bordeaux (sud-ouest).
Les forces de police étaient nombreuses, mardi, en marge des manifestations. Ici, le centre de Bordeaux (sud-ouest).Image: CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

«Des officiers de police judiciaire passaient en se moquant du droit au silence adopté par mon client: "Ca ne sert à rien, ton avocat te conseille mal"», se souvient aussi Me Théo Kermagoret, intervenu pour des adolescents à Sarcelles, dans la banlieue parisienne.

La pénaliste Clothilde Legros prédit de son côté de «nombreuses plaintes pour faux en écriture publique», une infraction criminelle, «s'il est établi par des vidéos que les procès-verbaux ne correspondent pas à la réalité des opérations policières».

Des dossiers «vides»

Ces avocats s'inquiètent aussi des conditions d'accès à un avocat. Camille Duprié, membre du CAJ, affirme avoir été empêchée d'assister un lycéen. Les policiers lui ont reproché de «racoler des clients», assure-t-elle, avant de la contraindre à quitter les lieux.

Des entraves servant à camoufler des dossiers «vides», accusent plusieurs avocats.

De son côté, la Conférence nationale des procureurs généraux dément dans un communiqué:

«Les parquets ont été saisis sur l'ensemble du territoire de la commission de graves faits de violences contre des policiers ou gendarmes, personnels de l'enseignement ou élèves, et de dégradations par moyens dangereux.»

Ce n'est pas le vécu des avocats interrogés par l'AFP.

Un avocat bordelais ayant requis l'anonymat raconte avoir assisté un jeune de 15 ans «auquel on reprochait une intrusion dans un établissement, où il s'était en réalité réfugié pour échapper à une nasse». Le Bordelais déplore:

«L'enquête a été classée, mais il a quand même passé la nuit en garde à vue, très inquiet»

Le client de Chirinne Ardakani était encore plus jeune: 14 ans. Elle affirme:

«Son seul tort était de s'être arrêté aux abords d'un lycée, qui se trouvait sur le chemin de son collège»
La colère de lycéens n'a pas désenflé mardi. Ici sur la place de la République, à Paris.
La colère de lycéens n'a pas désenflé mardi. Ici sur la place de la République, à Paris.Image: DIMITAR DILKOFF / AFP
Parmelin dans tous ses états!
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Parmelin dans tous ses états!

Guy Parmelin porte une casquette portant l'inscription Switzerland great since 1291, le mercredi 29 juillet 2026 à Neudorf.

source: keystone / peter schneider
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