Des partisans de Trump réclament la loi martiale
Dans certains sondages, la popularité de Donald Trump est déjà passée sous la barre des 30%. Il paraît peu probable qu'elle remonte d’ici aux élections de mi-mandat du 3 novembre. Une lourde défaite des républicains lors de ces élections semble donc se profiler.
Les élus du «Grand Old Party» qui se présentent dans des circonscriptions où une course serrée se profile prennent ainsi leurs distances avec le président des Etats-Unis. Certains sénateurs républicains souhaitant être réélus font également disparaître le nom de Donald Trump de leur site internet.
Des élections tendues en vue
Mais les partisans les plus fervents de Donald Trump ne s'avouent pas vaincus. Ils ressortent une fois de plus le mythe des élections prétendument truquées de 2020 et jurent qu’ils ne laisseront pas une telle situation se reproduire. Ils demandent donc au président, si nécessaire, de décréter l’état d’urgence afin d’empêcher, avec l’aide de l’armée, l’émergence d’une majorité démocrate au Congrès.
Le magazine The Atlantic rapporte la tenue d’un rassemblement à Las Vegas. Les participants ne cachent nullement leur intention de protéger Donald Trump par tous les moyens d’une majorité démocrate au Congrès. L’un d’eux s’appelle Peter Ticktin, un avocat qui entretient de bonnes relations avec le président.
Adolescent, il a fréquenté avec Donald Trump l’école militaire et l’a ensuite conseillé dans le cadre de sa plainte contre Hillary Clinton.
Pour Peter Ticktin, aucun doute: le président est pleinement conscient de l’importance capitale des prochaines élections de mi-mandat. Lui-même est convaincu que trois scénarios sont possibles. Il juge une élection sans incident extrêmement improbable car, affirme-t-il sans toutefois apporter de preuves, les démocrates auraient déjà manipulé les primaires.
Selon lui, la deuxième possibilité serait une intervention du président avant même les élections afin d’empêcher de nouvelles manipulations. La dernière option consisterait à ce que Donald Trump décrète la loi martiale après le 3 novembre. Cela suffirait, à ses yeux, à briser la majorité démocrate. Peter Ticktin affirme:
Des résultats qui risquent de déplaire à Trump
Mais alors, quelle est la probabilité que Donald Trump recoure réellement à ce moyen? Impossible de l’exclure complètement. Le 6 janvier 2021, il a déjà montré qu’il était prêt à tenter de prendre le pouvoir par la violence. Au cours de l’année, le président a en outre tout fait pour tenter de manipuler les élections de mi-mandat à son avantage:
- Gerrymandering: sur instruction de Donald Trump, de nombreux Etats dominés par les républicains ont redessiné leurs circonscriptions électorales de manière à ce qu’un républicain soit, selon toute vraisemblance, assuré de l’emporter.
- SAVE Act: avec cette loi, le président voulait contraindre le Congrès à restreindre massivement le vote par correspondance. La Chambre des représentants a approuvé le texte, mais il s’est heurté à une obstruction au Sénat. Donald Trump a alors tenté de s’attaquer au vote par correspondance au moyen d’un décret présidentiel. Il a toutefois été débouté par la Cour suprême.
- Saisie de documents électoraux: afin de prouver une prétendue fraude électorale, le FBI a saisi, au début de cette année, lors d’une opération menée de nuit et sans préavis, des documents dans une circonscription à majorité noire d’Atlanta, en Géorgie (sud-est). Jusqu’à présent, aucune fraude de ce type n’a cependant pu être établie.
Au vu des sondages, Peter Ticktin présume lui-même que les démocrates remporteront les élections de mi-mandat. Un scénario cauchemardesque à ses yeux, car cela signifierait que les démocrates obtiendraient suffisamment de soutien, y compris auprès de républicains, pour renverser Donald Trump et son vice-président J. D. Vance. Il reste toutefois convaincu que son idole ne laissera jamais une telle chose se produire et affirme auprès de The Atlantic:
Adapté de l'allemand par Tanja Maeder
