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L'Onu dénonce la torture sexuelle de prisonniers par la Russie

L’ONU documente plus de 1000 violences sexuelles liées à la captivité russe
Des militaires ukrainiens libérés de leur captivité en Russie (image d'illustration).Image: imago/watson

Voici ce que cache «l'appel à Poutine» dans les prisons russes

Un nouveau rapport de l’Onu documente plus de 1000 cas de violences sexuelles depuis le début de l’invasion russe. La plupart des victimes sont des hommes et les violences suivent des schémas récurrents.
24.09.2026, 05:3724.09.2026, 05:37
Ivan Ruslyannikov / ch media

Viols, décharges électriques sur les parties génitales, nudité forcée et humiliations sexuelles: un nouveau rapport de l’Onu documente plus de 1000 cas de violences sexuelles liées au conflit depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine. La très grande majorité de ces actes est attribuée aux autorités russes.

La plupart des victimes des violences russes sont des hommes, 725 cas recensés. Des femmes et des enfants sont également concernés. Les sévices se sont produits à pratiquement toutes les étapes de la captivité: lors de l’arrestation, pendant le transport, au cours des interrogatoires, dans les lieux de détention et même peu avant un échange de prisonniers ou une libération.

Dans 155 cas, l’Onu a documenté l’utilisation de décharges électriques sur les parties génitales. Un téléphone de campagne soviétique était souvent utilisé à cette fin. Dans ce cas, des fils ou des pinces sont fixés sur le corps et une manivelle permet de produire du courant électrique. En Russie, cette méthode de torture est connue sous le nom cynique d’«appel à Poutine».

Un ancien prisonnier de guerre ukrainien a raconté à l’Onu avoir été torturé à plusieurs reprises dans une colonie pénitentiaire russe entre avril 2022 et mai 2025. Des employés l’auraient violé avec les clés des cellules. Lors des fouilles, il était contraint de danser avec d’autres détenus et de les embrasser.

Un civil de la région de Zaporijjia, arrêté par les autorités russes en août 2024, a été torturé à l’électricité pendant un interrogatoire; les fils étaient fixés à ses mamelons et à ses parties génitales. Dans la région de Kherson, en mars 2024, deux soldats russes ont entraîné de force une jeune fille de 17 ans dans une voiture et l’ont violée ensemble. Dans un autre cas documenté par l’Onu, un prisonnier de guerre ukrainien a subi des mutilations sexuelles et a été violé après sa capture, avant d’être abattu.

Soldats, fonctionnaires locaux et civils sont concernés

Les violences ne se limitent pas à quelques prisons ou unités. L’Onu a recensé des violences sexuelles dans de nombreux lieux de détention officiels et clandestins, dans les territoires occupés comme en Russie. Parmi les victimes figurent des prisonniers de guerre, d’anciens soldats, des membres des forces de sécurité, des fonctionnaires locaux et des civils accusés d’être favorables à l’Ukraine.

La torture visait souvent à obtenir des informations. Les détenus devaient fournir des renseignements sur les troupes ukrainiennes ou étaient poussés à collaborer avec les services de renseignement russes. Les violences sexuelles servaient également à les intimider et à les humilier.

Vous avez été victime de violence sexuelle?
Vous avez été victime de violence sexuelle? L’aide aux victimes vous aide à surmonter ce traumatisme. Elle vous informe sur vos droits et vous fournit une aide supplémentaire.

En Suisse, vous pouvez obtenir de l'aide immédiate et gratuite en contactant le 142 (Aide aux victimes) pour un soutien confidentiel, ou composer le 117 (police) ou le 144 (ambulance) en cas de danger immédiat.

Ce dont les victimes ont besoin après leur libération

Pour les victimes, la libération ne marque pas la fin de l’épreuve. Beaucoup reviennent de captivité russe profondément traumatisées. Lioudmyla Housseïnova sait par expérience à quel point ce chemin peut être difficile.

Militante ukrainienne des droits humains, elle a été arrêtée en 2019 et détenue notamment dans la tristement célèbre prison «Isolatsia», à Donetsk. Elle était accusée d’«espionnage» et d’«extrémisme». Elle a passé au total trois ans en captivité avant d’être libérée en 2022 dans le cadre d’un échange de prisonniers.

Aujourd’hui, Lioudmyla Housseïnova aide, avec son organisation «Numo Sisters», les femmes qui reviennent de captivité russe. «Les premiers jours, elles sont très renfermées et réservées, leurs visages et leurs corps sont crispés», a-t-elle décrit au magazine polonais Nowa Polska. Les femmes bénéficient d’un soutien psychologique et psychothérapeutique et peuvent échanger avec d’autres victimes dans un espace protégé.

L’Etat ukrainien a lui aussi mis en place un dispositif d’aide. Les victimes de violences sexuelles liées à la guerre peuvent recevoir un versement unique d'environ 2800 francs suisses. Les enfants nés à la suite de tels crimes y ont également droit. Cette aide est financée par des partenaires internationaux et des donateurs. (trad. hun)

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