DE | FR

L'affaire Sarah Halimi ravive la colère des juifs de France (et pas que)

Image: AP
Des milliers de personnes ont manifesté, dimanche, en Israël et en France, pour réclamer la tenue d'un procès pour le meurtrier de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée à Paris en 2017.
26.04.2021, 08:0107.04.2022, 13:38

Rappel des faits

En 2017, un parisien a roué de coups et jeté par dessus le balcon sa voisine d'immeuble juive, âgée de 65 ans, en hurlant «Allah Akbar». La Cour de cassation a entériné le caractère antisémite du crime. A l'époque déjà, l'affaire avait déclenché un tollé dans la communauté juive de France.

Le 14 avril dernier, la Cour de cassation a déclaré l'individu irresponsable pénalement. Celui-ci ne sera donc pas jugé. Selon les experts psychiatriques, le meurtrier, gros consommateur de cannabis, a été pris d'une «bouffée délirante»; il a été hospitalisé en psychiatrie.

Cette décision a révolté un bon nombre de Français, au-delà de la question de l'appartenance religieuse, puisque certains ont jugé scandaleux de laisser un meurtrier s'en tirer parce qu'il a fumé des joints.

Dimanche, une manifestation rassemblant 26'000 personnes a donc eu lieu à Paris. Des mouvements de protestation ont également eu lieu à Tel Aviv.

Sous le mot d'ordre «Sans justice pas de République», les manifestants à Paris se sont rassemblés à l'initiative de collectifs citoyens et de représentants de la communauté juive.

Les messages «Pas de droit sans justice», «Justice défoncée?» ou «Justice pour Sarah Halimi» étaient écrits sur des pancartes brandies dans la foule. «La clameur est montée et l'espoir est revenu. L'espoir, c'est vous ici», a lancé à la tribune le frère de Sarah Halimi, William Attal.

Des personnalités du monde du spectacle, de la culture et de la télévision ont témoigné de leur «solidarité» envers la famille Halimi et appelé à «changer la loi», via des messages diffusés sur un écran géant. Des personnalités politiques, dont la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, assistaient au rassemblement.

D'autres rassemblements se sont tenus dans les grandes villes françaises comme à Bordeaux (sud-ouest), Strasbourg (est) ou Marseille (sud).

Contexte juridique
Répondant à la demande d'Emmanuel Macron d'un «changement de la loi», le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a indiqué dimanche qu'un projet de nouvelle loi sur l'irresponsabilité pénale serait présenté «fin mai» en Conseil des ministres, en vue d'un vote «par le Parlement à l'été».

Ce nouveau texte vise selon le ministre à «combler (un) vide juridique», celui de «l'absence de possibilité offerte par le droit actuel de tenir compte de la prise volontaire de substances toxiques par un individu conduisant à l'abolition de son discernement».​

Plus d'articles «International»

50°C à l'ombre au Canada, la faute à un «dôme de chaleur». Explications

Link zum Artikel

Détournés, abattus, sabotés, les avions sont de vraies armes politiques

Link zum Artikel

Non-vacciné? Préparez vos narines pour visiter la France cet été

Link zum Artikel

L'Italie a-t-elle un (gros) problème avec ses infrastructures?

Link zum Artikel

Israël se sent menacé par le variant Delta

Link zum Artikel
Montrer tous les articles
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
«Sans de nouvelles troupes fraîches, les Russes ne vont pas gagner»
Après deux mois de combats dans l'Est de l'Ukraine, la Russie n'a toujours pas réussi à s'imposer nettement sur ses adversaires, qui ne cessent de monter en puissance. A tel point qu'une victoire militaire de Kiev n'apparaît plus si inconcevable, estime Julien Grand, rédacteur en chef adjoint de la «Revue militaire suisse». Interview.

Cela fait bientôt deux mois que les Russes ont redéfini leurs objectifs militaires, en se concentrant sur l'Est de l'Ukraine. Qu'est-ce qui a changé dans le rapport de force entre les deux camps?
Julien Grand
: On a assisté à une montée en puissance de l'armée ukrainienne et, parallèlement, à un affaiblissement des forces russes. Cela amène à une situation à peu près égalitaire sur le champ de bataille, ou du moins à une porte ouverte que les forces de Kiev peuvent utiliser pour prendre encore plus l'initiative.

L’article