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Agalakova, une fenêtre sur la propagande médiatique qui règne en Russie.
Agalakova, une fenêtre sur la propagande médiatique qui règne en Russie.Image: Twitter

«J'étais un pion de la propagande», une ex-star de la TV russe dénonce

La journaliste Zhanna Agalakova, correspondante pour la première chaîne russe Pervi Kanal, s'est exprimée avec véhémence contre son pays à l'occasion d'une conférence de presse pour Reporters sans frontières (RSF).
23.03.2022, 17:5923.03.2022, 21:53

Une prise de parole délicate pour Zhanna Agalakova. La journaliste vient de démissionner de son poste de correspondante à Paris, le 3 mars dernier. La femme est employée par la chaîne depuis 1999, où elle a notamment présenté le JT du soir.

Pensant pouvoir échapper à la propagande russe en couvrant la vie française, ses rêves de liberté se sont rapidement envolés. Elle révèle que «la plupart des journalistes russes sont contre la propagande, mais ils sont piégés», relaye Le Point.

Une conférence de presse qui lève le voile sur la propagande qui touche les médias en Russie, à travers dix citations coup de poing:

Pour Agalakova, les voix du pays sont inaudibles:

«On va tout droit vers un suicide collectif des Russes»

Elle-même s'est retrouvée prise dans la propagande étatique:

«Je devais traiter uniquement des sujets défavorables aux Etats-Unis»

Au moment de sa démission, elle réalise la somme de compromis réalisé durant sa carrière:

«Au début du second mandat de Poutine, en 2004, les médias sentaient déjà cette lourde pression qui descendait»

En 2014, à l'annexion de la Crimée alors qu'elle se trouvait à New York:

«Je suis devenue un pion de la propagande»

Et à propos de son traitement des informations outre-Atlantique

«Je n'ai jamais menti dans mes reportages. Mais la propagande fonctionne comme cela: vous prenez des faits réels, vous les mélangez et obtenez un grand mensonge»

En abordant le traitement de l'information dans les médias en Russie:

«Ce qui se passe dans les médias russes: ils ne transmettent qu'un point de vue»

A la question de savoir pourquoi le peuple russe soutient Poutine:

«Le pouvoir a joué sur une extrêmement sensible: c'est le spectre de la troisième Guerre mondiale»

En évoquant les sanctions des pays européens, Agalakova critique l'Occident:

«Les sanctions européennes touchent surtout la classe moyenne russe et les personnes qui prônent des valeurs démocratiques. Vous perdez vos alliés»

A propos de ses craintes émanant de son pays:

«En Russie, on m'accusera d'être une espionne et d'avoir été grassement payée pour faire cette déclaration»

Selon elle, deux hypothèses pour «dézombifier» les médias russes:

«Soit le pouvoir russe stoppe son action, soit le peuple russe prend lui-même conscience»

(svp)

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