L'oligarque ukrainien visé par l'attentat à Monaco sort du silence
Près de trois mois après l'explosion qui a visé son appartement du Sun's Palace à Monaco, l'homme d'affaires ukrainien Vadim Ermolaev a accordé un entretien exclusif au Figaro, le premier depuis les faits. Le 29 juin dernier, une bombe a explosé au retour d'un dîner improvisé avec sa compagne et son fils, dans le hall d'entrée de sa résidence.
Blessé lui-même, il affirme «aller mieux, même s’il reste encore des examens hospitaliers complémentaires à mener, liés aux yeux». Sa compagne, elle, reste hospitalisée dans un état critique, sans pronostic clair sur la durée de sa rééducation. Leur fils, lui, a repris le chemin de l'école.
Le renseignement militaire ukrainien impliqué
L'oligarque de 59 ans, sous sanctions ukrainiennes depuis 2023 pour des soupçons de liens commerciaux avec la Russie, continue de se dire lui-même perplexe sur les motifs de cette attaque. Il écarte plusieurs pistes évoquées, dont celle d'un trafic d'armes ou d'une cible visant son fils aîné, mêlé à des affaires de centres d'appels frauduleux.
Il se montre en revanche plus affirmatif sur les commanditaires présumés: selon lui, des officiers du renseignement militaire ukrainien (GUR) seraient impliqués, deux suspects liés aux services ukrainiens ayant déjà été arrêtés après l'identification de la femme soupçonnée d'avoir posé la bombe.
Vadim Ermolaev dénonce par ailleurs un manque de coordination entre les enquêteurs monégasques, français et ukrainiens, qu'il juge nuisible à l'avancée du dossier. Une lenteur déjà pointée par Le Figaro le mois dernier. Il dit également soupçonner un possible rapprochement avec son pays d'origine, où il envisage de reconstruire une partie de ses activités si la guerre venait à se terminer, tout en assurant vouloir continuer à vivre à Monaco malgré la peur qui persiste. (svp)
