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«Opération Horizon»: comment la Pologne renforce sa sécurité

Des gardes de la sécurité ferroviaire et un soldat des forces de défense territoriale patrouillent le long des voies ferrées dans la banlieue de Varsovie, en Pologne, le 27 novembre 2025.
Des gardes de la sécurité ferroviaire et un soldat des forces de défense territoriale patrouillent le long des voies ferrées dans la banlieue de Varsovie, en Pologne, le 27 novembre 2025.Image: AFP

La Pologne déploie 10 000 soldats pour contrer les agents de Poutine

Suite aux deux incidents en Pologne orchestrés par la Russie, le pays a renforcé la surveillance à Varsovie. Jusqu'à 10 000 soldats ont été mobilisés. Mais les habitants ne sont pas forcément rassurés.
30.11.2025, 15:5430.11.2025, 15:55
Katarzyna SKIBA, Varsovie / afp

Le long des bas-côtés boueux d'une voie ferrée à Varsovie, des gardes armés et un soldat entament une patrouille matinale, surveillant la zone pour détecter des activités inhabituelles et inspectant les voies pour repérer tout signe de sabotage éventuel.

Des gardes de la sécurité ferroviaire et un soldat des forces de défense territoriale patrouillent le long des voies ferrées dans la banlieue de Varsovie, en Pologne, le 27 novembre 2025.
Une patrouille le long des voies ferrées à Varsovie, le 27 novembre 2025.Image: AFP

La patrouille fait partie de «l'Opération Horizon», lancée par la Pologne afin de renforcer la sécurité ferroviaire et de protéger les infrastructures critiques, suite à une série de sabotages que les autorités attribuent à la Russie. A la mi-novembre, la Pologne a connu deux incidents sur son réseau ferroviaire, décrits par le Premier ministre Donald Tusk comme un «terrorisme d'Etat» organisé par le Kremlin.

Le premier incident impliquait un obstacle en acier placé sur une voie, «probablement destiné à faire dérailler un train», selon le premier ministre. Le deuxième consistait en la détonation d'un engin explosif de qualité militaire sur une voie ferroviaire, cruciale pour acheminer l'aide vers l'Ukraine. Ils n'ont provoqué aucun blessé.

Le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a cependant averti que ‹les diversions auraient pu provoquer une catastrophe ferroviaire et la mort de nombreuses personnes›. Il a ajouté que cela n'avait été évité «que par miracle».

«Comportement inhabituel»

Jusqu'à 10 000 soldats de plusieurs unités différentes, y compris les Forces spéciales, la Défense cybernétique et les Forces de défense territoriale, ont été mobilisés pour aider à détecter «un comportement inhabituel des passants près des zones ferroviaires, des objets laissés sans surveillance et des interférences avec les éléments de l'infrastructure ferroviaire», selon Pawel Kuskowski, porte-parole du service de sécurité des chemins de fer polonais PKP. Une attention particulière est accordée aux obstacles placés sur les voies, a-t-il ajouté. L'opération doit durer au moins jusqu'à début mars.

Suite aux tentatives de sabotage, deux Ukrainiens accusés de travailler pour le compte de Moscou ont été identifiés par les procureurs polonais. Selon Varsovie, ils ont fui vers la Biélorussie, voisin de la Pologne et proche allié de Moscou. Vendredi, un tribunal polonais a émis un mandat d'arrêt contre les deux suspects. Dans une gare de banlieue de Varsovie, les patrouilles ne rassurent que partiellement les passagers.

Signaler toute activité irrégulière

«Maintenant, je me sens en sécurité. Je vois que les services de sécurité ferroviaire et la police circulent, mais si c'est totalement sûr, on ne le sait pas», déclare Grazyna, une retraitée de 60 ans qui a souhaité garder l'anonymat. Ces mesures ne rassurent pas entièrement Jan Malicki, un étudiant en pharmacie de 19 ans:

«On ne peut pas être sûr que des incidents similaires ne se produiront pas dans les environs»

Les deux passagers ont toutefois souligné qu'ils continueraient à prendre le train.

Les forces de sécurité soulignent que les usagers sont encouragés à signaler toute activité irrégulière. «Nos soldats vérifieront chaque signal», explique le caporal-chef Przemyslaw Luszczki, de la 18e brigade de défense territoriale de la capitale.

La Pologne – membre de l'Otan et de l'UE – est le principal pays de transit du soutien militaire et humanitaire à l'Ukraine. Depuis le début de la guerre lancée par la Russie contre l'Ukraine en février 2022, Varsovie accuse régulièrement Moscou de tentatives de sabotage et de mener «une guerre hybride».

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source: clcpc
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Gerald Knaus est un spécialiste autrichien des sciences sociales, considéré comme un expert en politique internationale. Il a cofondé en 1999 le groupe de réflexion European Stability Initiative (ESI) et conseille depuis des années des gouvernements dans toute l'Europe sur les thèmes de la politique migratoire, de la politique européenne et de la protection des institutions démocratiques. En 2025, il a publié, en collaboration avec sa fille, Francesca Knaus, l'ouvrage De quelle Europe avons-nous besoin?.
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