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Le gilet jaune à la main arrachée provisoirement indemnisé

Une grenade de désencerclement avait explosé dans la main de Sébastien Maillet
Une grenade de désencerclement avait explosé dans la main de Sébastien Mailletkeystone archives

Un gilet jaune reçoit 8000 euros pour s'être fait arracher la main

Le jeune homme avait été gravement blessé en 2019 à Paris par une grenade lancée par les forces de l'ordre. Pour la justice, son usage était ni nécessaire ni proportionné.
19.06.2021, 15:5220.06.2021, 10:13

Sébastien Maillet, un gilet jaune dont la main a été arrachée lors d'une manifestation en 2019 à Paris, a été provisoirement indemnisé pour ce tir de grenade «ni nécessaire ni proportionné», selon une décision de justice.

Ce qu'il s'était passé

Le 9 février, à proximité de l'Assemblée nationale, à Paris, Sébastien Maillet, alors âgé de 30 ans, avait eu la main arrachée par l'explosion d'une grenade GLI-F4, une arme jugée dangereuse par les manifestants, qui réclament son interdiction.

Lors de l'audience, le 15 avril, devant la Commission d'indemnisation (Civi), Maillet avait indiqué que «lorsqu'il avait reçu à ses pieds un projectile jeté par un gendarme, ignorant (sa) nature, il s'était penché et avait tendu la main pour se protéger, mais la grenade avait explosé et lui avait arraché la main».

Il avait ensuite été opéré à l'hôpital européen Georges-Pompidou, dans le XVe arrondissement de la capitale.

Ce qui a été décidé par la justice

La Commission d'indemnisation des victimes d'infraction du tribunal judiciaire de Paris lui a accordé, le 10 juin, 8000 euros d'indemnisation provisoire, selon cette décision révélée par le journaliste indépendant David Dufresne et le média en ligne Blast. La décision du tribunal:

«Sébastien Maillet a été blessé par un tir de grenade GLI-F4 au cours d'une manifestation qui présente le caractère matériel d'une infraction de violences, le lancer de grenade n'étant ni nécessaire ni proportionné. La légitime défense ne peut lui être opposée à la réalité des violences subies par les forces de l'ordre.»

Selon la décision de la Civi, un lieutenant a été identifié comme le tireur de la grenade par l'IGGN.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête, confiée à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Cette enquête est désormais entre les mains d'un juge d'instruction.

D'autres indemnisations

«Ce qui est arrivé à monsieur Maillet est le fruit d'une politique délibérée d'usage d'armes mortelles sur des populations civiles. Cette reconnaissance de la faute pénale est une première victoire pour lui, pour les gilets jaunes et pour le droit de manifester.»
Me Arié Alimi, avocat de Sébastien Maillet

Récemment, d'autres «gilets jaunes», blessés à Paris lors de manifestations, ont bénéficié d'indemnisations provisoires, comme Manuel Coisne, éborgné en novembre 2019, ou Jérôme Rodrigues, blessé en janvier de la même année. (jah/ats)

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