Aux Etats-Unis, Dark Vador se mobilise contre la vidéosurveillance
Une scène pour le moins inhabituelle s’est déroulée lors d’une séance du conseil municipal de San Diego, en Californie. Vêtu du costume de Dark Vador, le méchant emblématique de la saga Star Wars, un homme a pris la parole devant les élus pour dénoncer avec ironie la multiplication des dispositifs de vidéosurveillance de la compagnie américaine Flock Safety, affirmant que «l’empereur galactique» ne pouvait que se réjouir d’un tel déploiement de caméras.
Pendant près de deux minutes, le faux Dark Vador pousse la satire plus loin en vantant les mérites de la vidéosurveillance. Il réclame même davantage de caméras et propose de renforcer le financement de la police, quitte à réduire les moyens destinés aux bibliothèques et aux structures d’accueil pour enfants.
C'est quoi le mouvement anti-Flock?
L’homme appartient au mouvement «anti-Flock», qui gagne du terrain dans plusieurs régions des Etats-Unis. Au cœur de la contestation se trouvent les caméras dotées d’intelligence artificielle commercialisées par Flock Safety. Leur déploiement par un nombre croissant de services de police et de collectivités suscite de vives inquiétudes.
Flock affirme avoir déployé plus de 100 000 systèmes de surveillance des véhicules à travers le pays. Cette présence massive nourrit les critiques sur les risques d’atteinte à la vie privée et alimente une mobilisation croissante. Dans plusieurs régions, certains opposants vont désormais jusqu’à dégrader ou neutraliser volontairement ses équipements.
Les autorités qui les utilisent défendent toutefois leur efficacité, estimant que ces dispositifs permettent d’identifier plus rapidement des suspects et constituent un outil précieux dans les enquêtes criminelles.
L’intelligence artificielle permet notamment à ces dispositifs de lire instantanément les plaques d’immatriculation. Comme les caméras communiquent entre elles au sein d’un même réseau, les forces de l’ordre peuvent ensuite reconstituer le trajet d’un véhicule à travers différentes zones.
C’est précisément cette capacité qui alimente les inquiétudes des opposants à Flock. Ceux-ci dénoncent un système susceptible de transformer la lecture automatisée des plaques en outil de surveillance à grande échelle. Ils craignent également que les possibilités techniques de ces équipements ne s’étendent, à terme, à d’autres usages, notamment à l’identification faciale. La rébellion est en marche.
