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Terrorisme

Secouriste lors des attaques du 7 octobre 2023, il raconte

Une famille est assise devant un mémorial dédié à l'une des victimes des attentats du 7 octobre 2023, sur le site du festival Nova à Reim, dans le sud d'Israël, à l'occasion du deuxième ...
Une famille est assise devant un mémorial dédié à l'une des victimes des attentats du 7 octobre 2023, sur le site du festival Nova à Reim, dans le sud d'Israël, à l'occasion du deuxième anniversaire de ces attentats, le 7 octobre 2025.Image: JOHN WESSELS / AFP

Il était parmi les premiers sur place le 7-Octobre: «C'est inhumain»

Mobilisé dès les premières heures du 7-Octobre, Natan Kenig a passé des mois à recueillir les corps des victimes. Trois ans plus tard, les souvenirs de cette journée cauchemardesque le hantent toujours.
06.10.2026, 11:5606.10.2026, 11:56
Michael BLUM, Jérusalem / AFP

Natan Kenig n'a pas besoin de fermer les yeux pour revivre la journée du 7 octobre 2023. Les rangées de voitures brûlées, les corps au sol, les roquettes dans le ciel. Il raconte:

«J'ai vu des atrocités, les choses les plus terribles de ce monde»

Trois ans après les attaques du Hamas, ce secouriste, mobilisé parmi les premiers, reste hanté par ce qu'il a vu. A l'image du pays tout entier, qui commémore mercredi les pires massacres jamais commis sur son sol.

Une plongée en plein cauchemar

Difficile d'entrevoir immédiatement les plaies invisibles derrière son visage en lame de couteau, sa barbe poivre et sel et son regard droit. Puis il lâche:

«Je ne souhaite à personne d'avoir devant soi des corps qui brûlent dans des voitures, et essayer de les sauver. C'est inhumain»

Il en faut pourtant beaucoup pour ébranler cet homme de 48 ans, volontaire depuis trois décennies à Zaka, une ONG juive orthodoxe spécialisée dans la collecte des restes de victimes de morts violentes, jusqu'à leur sang, pour les enterrer entières comme l'exige le judaïsme.

Réputés pour leur réactivité, ses quelque 3000 membres sont souvent les premiers arrivés sur les lieux d'une tuerie ou d'un accident, et sont formés pour aider les rescapés avant de s'occuper des morts.

C'est ainsi que Natan Kenig a pris le volant aux premières heures du 7-Octobre et foncé en direction des zones frontalières de Gaza, alerté par un collègue qu'il se passait quelque chose. Il se souvient:

«J'ai tourné sur la route, et Dieu et moi nous sommes retrouvés face à une rangée de voitures brûlées, avec les corps de gens tués par balles sur le goudron. D'un coup, vous entrez dans un autre monde, un monde qui s'est figé.»
Véhicules en feu dans la ville israélienne d'Ashkelon.
Des véhicules en feu dans la ville israélienne d'Ashkelon (nord-est de Gaza), le 7 octobre 2023.Image: EPA

Marqué à vie par l'horreur

Il ne le sait pas encore, mais il vient d'arriver près du site du festival de musique Nova, l'un des épicentres des attaques du mouvement islamiste palestinien, qui déclencheront une riposte israélienne dévastatrice à Gaza.

Plus de 370 personnes seront tuées à Nova, sur les 1221 morts laissés par les attaques en Israël, selon les données officielles.

Sur le moment, Natan Kenig se jette à corps perdu dans sa mission. Aider les rescapés, puis ratisser les lieux pour recueillir les dépouilles, dans des conditions particulièrement éprouvantes.

Il s'arrête sur la difficulté d'identifier précisément les victimes brûlées vives dans leur voiture ou chez elles, dans les kibboutz pris d'assaut par le Hamas. Il raconte également avoir envoyé à l'institut médico-légal un sac «de quelques centaines de grammes» de cendres récoltées dans une voiture avec une bague et un morceau de téléphone carbonisé, sans savoir combien de victimes étaient mortes. Il explique:

«Un mois et demi plus tard, quatre personnes ont pu être identifiées et il y a eu quatre enterrements. C'est ma mission dans ce monde.»

Il continue ce travail jusqu'en février 2024, tant l'ampleur de la mission est énorme. Pour lui, «la journée du 7-Octobre a duré quatre mois».

Mais cette plongée dans l'horreur finit par trouver une faille dans son armure. «Une cicatrice profonde», reconnaît ce secouriste, désormais suivi par un psychologue.

Des habitants d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, évacués par la police.
Des habitants de la ville israélienne d'Ashkelon évacués par la police, le 7 octobre 2023.Image: AP

Témoigner pour que ça ne se reproduise jamais

Le contraste entre son visage aujourd'hui grave et fermé et sa mine rayonnante sur d'anciennes photos postées sur ses réseaux sociaux est saisissant.

Avant le 7-Octobre, ce cuisinier pour des réceptions privées s'était spécialisé dans les viandes fumées. «Je réjouissais les gens par le biais de la nourriture» et «mettais mon cœur dans l'assiette». Mais après avoir vu autant de corps brûlés, «ça ne fonctionne plus», dit-il. Sa vie privée et sociale en a aussi pris un coup. Il souffle:

«Parfois, je me souviens de certaines situations, de choses que j'ai vues sur le terrain. C'est pas facile, tu es assis avec des gens, à table, tu manges et, soudain, il faut que tu sortes.»

Malgré tout, cet homme pieux refuse de s'apitoyer sur son sort:

«Je suis en vie, Dieu merci. Je vis et je veux vivre, je continuerai de vivre, n'en déplaise à ceux qui veulent nous détruire»

Il sort son téléphone et fait défiler des centaines de photos et de vidéos prises lors de ces journées d'horreur.

«C'est important pour moi de témoigner», explique ce père de quatre enfants. «Pour la prochaine génération. Pour qu'ils fassent en sorte que ça n'arrive plus jamais.»

Benjamin Netanyahou assiste ici à la cérémonie officielle de commémoration du troisième anniversaire de l'attaque du 7 octobre, au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, le 5 octobre 2026 ...
Benjamin Netanyahou assiste ici à la cérémonie officielle de commémoration du troisième anniversaire de l'attaque du 7 octobre, au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, le 5 octobre 2026.Image: DEBBIE HILL / POOL / AFP
L'attaque du Hamas contre Israël, en images
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L'attaque du Hamas contre Israël, en images
Des habitants de la ville d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, évacués par la police.
source: ap / tsafrir abayov
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Video: watson
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