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American pie

«Ma première semaine américaine a été... intense!»

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Image: jch
American pie

«Ma première semaine américaine a été... intense!»

Je viens de m'installer sur la côte est des Etats-Unis, pour watson. Dans cette chronique, je partage avec vous des «slices» de ma vie américaine.
30.10.2022, 10:0624.03.2023, 03:02
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Une fois le visa obtenu et la ville choisie, ma première mission est bien évidemment de me trouver un logement. Pas si simple!

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Dans ce pays, tout se fait avec un «credit check», en quelque sorte le gendarme financier américain. Mais comment faire valider un credit check lorsqu'on n'a jamais vécu ici? Je vous passe les détails, mais finalement, j'ai réussi à obtenir cet appartement sans devoir payer plusieurs loyers d'avance ni mettre une gigantesque caution, heureusement. En revanche, sans l'aide de mon amie sur place, alors que j'étais encore à distance, je ne sais pas si j'aurais pu y arriver et je lui en suis énormément reconnaissante.

J'habite une résidence qui s'appelle «The Ella»

Ce pays est tout simplement démesuré. Je connais deux, voire trois résidences, à Genève, où il y a une piscine commune sur le toit, mais les loyers sont bien évidemment inaccessibles! Ici aux Etats-Unis, les résidences qui ressemblent presque à des hôtels, les infrastructures à disposition dans l'immeuble sont légion. Tout ceci passe comme absolument normal et comme il n'y a pas (encore) de pénurie d'appartements à Richmond, les propriétaires font tout pour vous attirer.

Du street art un peu partout, un studio de yoga, une grande piscine, des coins barbecue sur le rooftop, une salle de fitness, un clubhouse avec du café et du thé gratuit à volonté, un business center, un hôtel Marriott juste à côté – ultra pratique pour mes futurs visiteurs venant de Suisse – avec un Starbucks à l'intérieur... et surtout... de très beaux appartements, avec une ou deux chambres à coucher, aux mêmes prix, voire un peu moins chers qu'à Genève et à Lausanne.

Cependant, lorsque j'ai dit à Jaron, la personne qui m'a fait faire la visite de la résidence «The Ella», que je n'avais encore jamais vécu aux Etats-Unis et que je n'avais ni de compte bancaire, ni de téléphone, ni d'adresse sur le sol américain, il m'a dit que j'étais la première personne dans ce cas à emménager dans l'immeuble et que ça voudrait peut-être dire qu'il y aurait un peu plus de documents à remplir. (NB: J'ai tout de suite été séduite par le nom donné à la résidence: The Ella, en hommage l'immense artiste de jazz américaine Ella Fitgerzald).

«Jacqueline, j'ai le plaisir de vous annoncer que votre dossier a été accepté, vous pouvez emménager le 20 août»
Jaron, un des responsables de ma résidence nommée «The Ella»

Voilà, c'est tout. Non, plus sérieusement, j'ai enfin entendu cette magnifique nouvelle après, sans exagérer, au moins 30 e-mails et le même nombre d'échanges téléphoniques avec les gestionnaires de la résidence.

Carte SIM et Uber

Dès mon arrivée à Richmond, j'ai tout de même mis trois jours pour obtenir une carte sim et un nouveau téléphone avec un abonnement prépayé. Alors, oui, les Américains sont hyper friendly au premier abord, mais par contre au niveau du service clientèle... comment dire... la nonchalance prime dans la majorité des cas, même si je déteste faire des généralités.

D'ailleurs, une surprise monumentale a été de découvrir que les chauffeurs Uber de Richmond ressemblent autant au «Baseball Dad» avec sa casquette et ses lunettes Arnette, qu'à une «bimbo» de 25 ans, qu'à un «immigré» qui vit ici depuis des années. Ils sont tous ultra chaleureux et accueillants, ravis de partager des anecdotes et leurs lieux préférés à travers la ville et je dirai même qu'ils sont fiers de pouvoir arrondir leurs fins de mois grâce à ce travail. Un de mes rédacteurs en chefs chez watson – avec qui j'ai une séance de travail virtuelle tous les mardis – m'a dit:

«Mais Jacqueline, ce n'est pas normal que ces chauffeurs soient à la fois propriétaires de leur maison, qu'ils aient leur propre entreprise, mais qu'ils fassent des extras en tant que chauffeur Uber.»
Jason, mon chef

Ma réponse:

«J'entends bien, mais n'oublies pas que c'est 'normal' d'avoir au minimum deux jobs dans ce pays. Chaque dollar compte. C'est culturel»

Ouvrir un compte bancaire

Par contre, avec mon banquier (tellement chic de dire cela!), là, j'ai eu droit à une grande efficacité. Même si j'ai failli tomber de ma chaise lorsqu'il m'a d'abord dit qu'il me fallait un numéro de sécurité sociale en plus de mon passeport, car le visa de journaliste n'était pas reconnu par son institution. Alors que j'avais pourtant appelé la banque au préalable pour prendre rendez-vous avec un conseiller et leur demander de quels documents je devais me munir. Il m'a dit:

«Jacqueline, je suis dans ce métier depuis 25 ans, ne vous inquiétez pas, on va trouver une solution»
Mike, mon banquier

Et en effet, il l'a trouvée la solution! En plus de mon passeport, il m'a demandé mon permis de conduire, suisse, et il s'est éclaté de rire quand je lui ai dit qu'il n'y avait pas de date d'expiration pour les permis chez nous. Bref, amen, j'ai eu mon compte et j'allais enfin recevoir ma toute première carte de débit (crédit c'est après avoir prouvé qu'on paie toutes ses factures à temps) qui me permettrait de, par exemple, pouvoir faire mes courses en ligne et non plus devoir aller au magasin acheter un bon cadeau pour ensuite pouvoir commander en ligne. Cette carte m'a également permis d'installer le wifi dans mon nouveau chez moi.

Obtenir son numéro de sécurité sociale

Et, «last but not least», j'ai découvert les joies de l'administration fédérale américaine en me rendant au bureau de la sécurité sociale, pour m'y inscrire. Là aussi, pas possible d'acheter une voiture, par exemple, sans ce numéro. Un vigile assez blasé et deux portraits de «Kamala» et de «Joe» m'ont accueilli dans un bâtiment plutôt austère. Pendant mon entretien, une dame m'a posé des questions. On aurait dit un automate. Il fallait que je réponde en cochant la case oui ou non, sauf que je devais dire le mot à haute voix. Surréaliste! Welcome to America!

Quelques heures après cette curieuse expérience, je me suis enfin posée chez moi et j'ai eu un énorme sourire en réalisant pour la toute première fois, depuis mon arrivée, que ça y est, j'étais bel et bien en train de devenir une «Yankee». Dernière anecdote, mes affaires étant dans un garde-meuble en Suisse, quelque chose de très commun ici est de louer des meubles. Donc j'ai pu m'organiser, à distance également, pour me faire livrer un lit, un canapé, une table et des chaises environ une heure après avoir reçu les clés de mon appart'. L'efficacité, tout ce que j'aime. Par contre, j'ai oublié qu'il me fallait également racheter tout ce qu'il faut pour cuisiner, des assiettes, des couverts, etc. C'est désormais chose faite et, avec des éléments de déco, je me sens de plus en plus à la maison.

A l'occasion de ma troisième semaine à Richmond, j'ai réalisé un nouveau rêve, que je partage avec vous dans le prochain épisode de mon American Pie.

«Vous n'irez nulle part» - Ce chauffeur vire des clients racistes
Video: watson
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