Société
Divertissement

Plongée au KitKat, l'un des clubs les plus sulfureux de Berlin

Scène d'un documentaire sur le KitKat Club de Berlin, diffusé par la chaîne publique allemande ARD.
Deux documentaires plongent dans l'univers sulfureux du célèbre club berlinois.Image: ARD

Sucette et fétichisme: ce club est l'un des plus sulfureux de Berlin

Que se passe-t-il derrière les portes du KitKat, célèbre club techno berlinois? Deux documentaires dévoilent les dessous de ce haut lieu du libertinage. Entre fétichisme et quête d'affection, plongée dans l'un des clubs les plus sulfureux et énigmatiques au monde.
27.10.2026, 18:5727.10.2026, 18:57
Simon Maurer

Aller faire la fête au Berghain, temple de la techno berlinoise, c'est plutôt cool. Mais raconter qu'on revient du KitKat, c'est une autre histoire: de quoi laisser libre cours à l'imagination de son interlocuteur. Depuis plus de trente ans, cette boîte de nuit située en plein cœur de Berlin est réputée pour sa liberté sexuelle presque sans limites. Et le ton est donné dès l'entrée. Kate Moss elle-même se serait vu refuser l'accès au club parce qu'elle était trop habillée. Le célèbre mannequin aurait dû retirer son haut pour pouvoir entrer.

Le club cultive aussi sa part de mystère: les smartphones y sont strictement interdits et, jusqu'ici, seuls les témoignages de ceux qui l'ont fréquenté permettaient de savoir ce qui s'y passait. Mais les choses ont changé. Ces dernières semaines, deux documentaires sont sortis, dévoilant les coulisses de l'établissement. Et les images ne laissent rien à l'imagination!

Entre les pistes de danse, les salles en enfilade et une piscine, un homme en fauteuil roulant embrasse les fesses d'une femme presque nue. Ailleurs, une femme s'introduit une sucette dans le vagin avant de la glisser dans la bouche de son partenaire. Il n'est pas rare non plus que des couples aient des rapports sexuels sous les yeux des autres clients.

Un DJ raconte ainsi avec fierté avoir fait l'amour pendant plus d'une heure sur un lit, à côté de la piste de danse. Plusieurs personnes qui assistaient à la scène se masturbaient en le regardant, ce qu'il a vécu comme une distinction, «une sorte de médaille».

La perversité fait partie de l'être humain

Les images montrées dans One Night at KitKat et KitKatClub – Kinks of Berlin peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs. Pourtant, l'un de ces documentaires a été diffusé dans une émission culturelle de la chaîne publique allemande ARD. Car aussi perverses que puissent paraître ces pratiques aux yeux de certains, ces films dévoilent une facette de la sexualité humaine habituellement cachée. Qu'elle plaise ou non, c'est une réalité, et elle existe.

Mais l'intérêt de ces films réside moins dans leurs images explicites que dans le regard qu'ils portent sur la sexualité humaine et les questions qu'ils soulèvent autour de la liberté sexuelle.

Dans One Night at KitKat, le couple de réalisateurs iraniens Mohsen Najafimehri et Diba Darbari cherche manifestement à débarrasser le club de sa réputation sulfureuse. Ils le présentent comme un vaste laboratoire social où chacun peut enfin assouvir ses désirs les plus secrets. Accompagnées d'une musique douce, presque méditative, les scènes de sexe fétichiste prennent ainsi une dimension presque esthétique.

Tenues légères et jeux de domination: le documentaire consacré au KitKat Club de Berlin «One Night at KitKat» dévoile un univers que la plupart des gens ne connaissent pas.
Tenues légères et jeux de domination: le documentaire One Night at KitKat dévoile un univers que la plupart des gens ne connaissent pas.Image: ard

Par moments, One Night at KitKat ressemble presque à un film publicitaire. Notamment lorsque des clients racontent avec reconnaissance avoir trouvé le bonheur grâce au club. Une femme transgenre israélienne explique que sa transition a commencé au KitKat. Plus loin, une employée s'extasie sur une sensation extraordinaire qu'il faut avoir vécue au KitKat pour comprendre.

Le documentaire «KitKatClub – Kinks of Berlin» mise sur une esthétique visuelle très marquée.
Le documentaire «KitKatClub – Kinks of Berlin» mise sur une esthétique visuelle très marquée.Image: Farbfilm

Quand la liberté sexuelle devient une prison

Le KitKat apparaît ainsi comme une sorte de paradis où chacun peut assouvir ses pulsions sans honte. Mais cette promesse de liberté soulève une question dérangeante, que le documentaire explore étonnamment peu: satisfaire tous ses désirs sexuels rend-il vraiment plus libre et plus heureux?

La réponse est loin d'être un «oui» catégorique. Car dépasser ses inhibitions ne signifie pas forcément gagner en liberté. En matière de sexualité, le risque est plutôt de rechercher des expériences toujours plus extrêmes et de s'enfermer dans une spirale sans fin. Lorsque l'exceptionnel devient banal, on en vient rapidement à repousser de nouvelles limites, au point de ne plus jamais parvenir à être satisfait.

«Et quand ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme, lui aussi, pénètre en toi», écrivait Friedrich Nietzsche. Appliquée aux désirs humains, cette réflexion prend tout son sens: ce qui commence comme une libération des contraintes sociales peut se transformer en une quête effrénée d'expériences toujours plus extrêmes. Jusqu'à devenir une forme de dépendance, à l'opposé de la liberté recherchée.

Derrière le sexe, la quête d'affection

Le documentaire laisse d'ailleurs lui-même entendre que la liberté sexuelle prônée par le KitKat procure peut-être un bonheur passager, mais pas durable. Une dominatrice y parle de son activité comme d'un banal travail de bureau. Un client la paie pour qu'elle lui ordonne de mettre dans sa bouche son pied encore couvert d'une chaussette. Mais son «plus grand souhait», c'est de pouvoir la raccompagner chez elle après sa soirée.

Derrière ce désir de soumission sexuelle se cache apparemment aussi un besoin d'affection. Cela dit, l'affection ne s'achète pas si facilement, et le KitKat ne semble pas offrir de réponse durable à ce besoin.

Le documentaire évoque aussi ce besoin d'intimité qui se fait sentir à cinq heures du matin. Et le vide ressenti sur le chemin du retour, une fois la magie du KitKat dissipée. Au milieu de tous ces corps dénudés, une chose apparaît clairement: le plaisir sexuel ne suffit pas à rendre durablement heureux.

Le documentaire One Night at KitKat est disponible sur le site de la chaîne ARD, avec une restriction d'âge, tandis que KitKatClub – Kinks of Berlin est sorti dans les salles allemandes le 10 septembre 2026. (trad.: mrs)

Star Academy 2026: Voici tous les candidats
1 / 20
Star Academy 2026: Voici tous les candidats

Félix, 18 ans.

partager sur Facebookpartager sur X
Ce robot super-héros est prêt à se battre pour vous
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
L’IA bouleverse les mathématiques et inquiète les chercheurs
En quelques mois, l’intelligence artificielle a résolu des problèmes longtemps considérés comme insolubles. De quoi ébranler la communauté des mathématiciens, qui s’interroge sur son avenir, sans pour autant céder au pessimisme.
«Coup de massue», «choc», «démantèlement»... Depuis plusieurs mois, les annonces de résolution par l'intelligence artificielle de problèmes mathématiques jusque-là insolubles bouleversent les spécialistes, désormais face à l'équation la plus complexe qui soit: à quoi vont-ils servir?
L’article