Le rêve de Tadej Pogacar brisé par un Suisse
Il n’a pas de dossard et ne participera pas aux Européens de cyclisme ce dimanche. Pourtant, l’ombre de la star Tadej Pogacar plane largement sur la course.
D’abord parce que l’événement se tient en Slovénie, à deux pas de chez ses parents et sur les routes qu’il parcourait lorsqu’il était jeune. Ensuite parce qu’il a été aperçu ces derniers jours à l’entraînement sur le tracé de l'épreuve. Enfin parce que la rumeur l’annonçant au départ des Championnats d’Europe, seulement quelques semaines après sa fracture de la clavicule, a longtemps persisté. Son nom a même figuré un temps sur la liste des partants.
Ces Européens en Slovénie revêtaient une grande importance pour Pogacar. C’était une opportunité unique de remporter une grande course sur ses terres. Il est donc compréhensible que l’ogre du peloton ait tout entrepris pour pouvoir y prendre part. Le chirurgien Xavier Mir, qui l’avait opéré à Barcelone, avait en tout cas donné son feu vert. Sur le plan médical, rien ne s’opposait à une reprise de la compétition, ont rapporté les médias espagnols.
Mais son équipe UAE Team Emirates a finalement mis son veto et l’a empêché de participer à l'épreuve. «Son souhait d’être présent est compréhensible. Des Championnats d’Europe en Slovénie représentent pour lui une occasion unique», a déclaré son grand patron, le Suisse Mauro Gianetti, à la Gazzetta dello Sport, avant d'ajouter:
Pogacar se plie donc à la décision de son équipe, avec laquelle il est sous contrat jusqu’en 2032 et qui doit lui verser un salaire annuel de base d’environ 8,4 millions de francs. Aucun cycliste professionnel ne gagne davantage.
Lorsque l’on investit autant dans un coureur, on préfère le préserver et le préparer à ce qui compte le plus en cyclisme, à savoir le Tour de France, plutôt que de le voir reprendre timidement la compétition en fin de saison sous le maillot de son équipe nationale.
Remporter le Tour est et reste la mission la plus importante du Slovène. C’est pourquoi sa soif de compétition, son goût pour la nouveauté et son côté joueur se heurtent régulièrement aux intérêts de son employeur. Par le passé déjà, son équipe a tenté de le dissuader de se lancer dans certaines aventures: participer au Giro avant le Tour, ou encore à Paris-Roubaix, la dangereuse chevauchée sur les pavés du Nord. Pogacar a entendu les réserves, mais il s’est tout de même présenté au départ. Et il y retourna, dans le cas de la reine des classiques.
Cette fois, son patron Gianetti a donc eu gain de cause. Et pas qu’une fois. Les Championnats d’Europe ne devraient pas être la seule course que Pogacar manquera malgré son retour sur le vélo. Il ne devrait pas non plus s'aligner sur le Tour de Lombardie, le 10 octobre prochain. Il s'agit pourtant de son monument favori. Précisément là où il s’est imposé cinq fois de suite.
La prochaine course de Tadej Pogacar n’est prévue qu’en janvier. Il devrait débuter sa saison au Tour Down Under, en Australie, avant, pourquoi pas, un passage par le Tour des Emirats arabes unis pour satisfaire les partenaires de sa formation. En attendant, même sans dossard, il devrait continuer d’attirer l’attention. Il ne peut pas en être autrement avec le meilleur coureur du monde.
