Le patron suisse de Pogacar au sujet du dopage: «J'étais une victime»
Mauro Gianetti s'apprête à célébrer un nouveau grand succès. Son coureur vedette, le Slovène Tadej Pogacar, va en effet remporter dimanche, sur les Champs-Elysées, un cinquième Tour de France.
Tout sourit donc au manager suisse. Il subsiste cependant une ombre au tableau: le scandale ayant frappé l'ancienne équipe qu'il dirigeait et les accusations de dopage qui ont marqué sa propre carrière nourrissent les interrogations de certains observateurs, comme l'ancien professionnel Jérôme Chiotti, sur les performances des coureurs qu'il dirige désormais chez UAE Team Emirates.
Mauro Gianetti a donc tenu à clarifier les choses, samedi, dans une interview accordée à L'Equipe.
Revenant sur le cas de la formation Saunier Duval, qui s'était retirée du Tour de France 2008 après le contrôle positif de son leader éclatant Riccardo Ricco, avant que ceux de Leonardo Piepoli ne soient révélés quelques mois plus tard, le Tessinois a déclaré: «J'avais fait l'erreur de les prendre dans mon équipe».
Outre Ricco et Piepoli, Gianetti a vu un autre de ses anciens poulains, Juan José Cobo, être reconnu coupable de dopage entre 2009 et 2011.
«On ne sait pas ce que nos enfants font lorsqu'ils sont dans leur chambre, on ne sait pas non plus ce que font les coureurs à la maison», a-t-il plaidé.
Le manager général de l'équipe UAE Team Emirates est également revenu sur les accusations dont il a lui-même fait l'objet. A la question «Avez-vous pris de l'EPO?», Mauro Gianetti a répondu: «Non».
«C'est une question personnelle. Ce que j'avais à dire, je l'ai déjà dit», a ajouté l'ancien vainqueur de Liège-Bastogne-Liège et de l'Amstel Gold Race au sujet de l'affaire sensible des perfluorocarbures (PFC).
Gianetti avait été hospitalisé à Lausanne en 1998 après un malaise presque mortel sur les routes du Tour de Romandie, que les médecins auraient attribué aux PFC. L'ancien coureur a toujours affirmé qu'il s'agissait d'une réaction allergique.
Le dirigeant suisse sait que les critiques existent. Mais il estime que son passé ne nuit pas à l'image de son leader. «De toute façon, Tadej (réd: Pogacar) est tellement fort que dans n'importe quelle équipe, il y aurait des doutes sur lui. Je fais maintenant mon travail, j'ai ramené plus de 600 millions d'euros depuis 2004 dans le vélo, en signant beaucoup de contrats, en offrant des salaires...»
