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Bayern Munich: Thomas Tuchel est un entraîneur de beau temps

Bayern Munich: Thomas Tuchel est un entraîneur de beau temps
Thomas Tuchel, entraîneur du Bayern Munich.Image: DPA

Thomas Tuchel, entraîneur de beau temps

Pour la première fois depuis 10 ans, le Bayern ne sera peut-être pas champion d'Allemagne. Thomas Tuchel, qui était venu lui apporter ses lumières, a encore pété les plombs.
27.05.2023, 07:5627.05.2023, 11:25
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Avant son arrivée triomphale, le Bayern Munich était engagé sur tous les fronts: championnat, coupe, ligue des champions. Depuis, il a tout gâché. Tout losé. Thomas Tuchel est à nouveau dans la mouise.

Rien ne dit que Julian Naggelsman, son jeune prédécesseur aux manteaux Armani, aurait pu éviter semblable désastre, mais le résultats est là: proche d'être licencié, Thomas Tuchel est d'ores et déjà renvoyé à sa réputation d'entraîneur cyclothymique, radieux quand il gagne, tempétueux quand il perd.

La situation est simple: si le Borussia Dortmund n'y met pas du sien et ne perd pas au moins un point contre Mayence (neuvième), ce samedi, dans son stade en transe, le Bayern ne deviendra pas champion. Le Bayern abandonnera le trône qu'il occupe depuis dix ans. Le Bayern sera atteint dans son amour-propre. Pour rappel, tous les matchs commencent à 15h30 et les Bavarois doivent impérativement gagner à Cologne, dixième, où personne ne semble disposé à les soutenir, selon la presse allemande.

Le classement

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Thomas Tuchel a-t-il davantage surestimé ses propres talents ou ceux de son auguste aréopage? L'entraîneur allemand dit qu'il n'en sait rien. Il n'a pas d'explication. Les gars travaillent si bien pendant la semaine...

Depuis un mois, Tuchel mène des combats contre la terre entière mais tout le monde voit bien qu'il fatigue, qu'il n'a pas l'âme d'un va-t-en-guerre. Fâché contre l'arbitrage nul et pète-sec du Français Clément Turpin («Je lui donne 1 sur 10») en ligue des champions. Fâché contre ses joueurs qui travaillent à mi-temps (généralement la première). Fâché contre ses nombreux patrons qui complotent dans son dos.

epa10580942 Head coach of Bayern Munich Thomas Tuchel (L) reacts during the UEFA Champions League quarter final, 2nd leg match between Bayern Munich and Manchester City in Munich, Germany, 19 April 20 ...
Thomas Tuchel empêché de houspiller l'arbitre Clément Turpin. Il sera expulsé.Image: EPA

Ses accès de colère ne surprennent pas Polo Breitner, spécialiste du foot allemand sur RMC Sport: «Toute son histoire a montré que Tuchel avait des problèmes avec la direction, parce qu'il est absolutiste. C'est quelqu'un qui veut le pouvoir, la totalité du pouvoir. Il ne tolère pas que l'on pénètre son domaine de compétence sportive. Il veut toujours tout, et surtout le meilleur.» Avec lui, les clubs sont embrigadés dans des relations conflictuelles dont l'issue ne peut être que fatale:

«A force de distribuer des scuds un peu partout, Thomas Tuchel peut rapidement se retrouver sur la sellette. Réciproquement, il peut très bien décider de claquer la porte»
Polo Breitner, RMC Sport

Ça s’est mal terminé à Dortmund, où le jeune entraîneur de l'époque n'était pas suffisamment écouté à son goût. Tuchel en est venu aux mains avec son directeur du recrutement, Sven Mislintat, parce que le chefaillon ne consultait que ses fiches. Tuchel refusait d'assister à la moindre séance en sa présence. Mais ses reproches étaient-ils infondés? La suite a démontré que non.

Ça s’est mal terminé à Paris aussi où «TT» pouvait démarrer au quart de tour, si vite que ses mots dépassaient sa pensée. Ses différends avec Leonardo ont fini par s'étendre à toute la direction du PSG, puis à toute la France. Tuchel a déploré que la Ligue 1 soit le seul championnat à cesser ses activités pendant le Covid, avec l'obligation de rattraper le temps perdu à un rythme harassant. Mais avait-il tort sur le fond?

En 2020, au bord des larmes (mais des larmes de rage), il a foudroyé les journalistes qui l'interrogeaient sur la mollesse de son équipe. «J'ai l'impression que vous posez toujours les mêmes questions. Vous pouvez poser cette question dans le vestiaire si vous avez des couilles.»

Toute la scène 👇

Ça s’est mal terminé à Chelsea encore où la venue des nouveaux propriétaires américains l'a confronté à une ignorance qu'il ne croyait pas possible, et à une servilité dont il ne se savait pas capable. Le jour où Todd Boehly l'a appelé dans son bureau pour lui demander de jouer en 4-4-3 (soit douze joueurs, version démentie par Chelsea mais maintenue par Bild), Tuchel en a déduit que l'actionnaire avait eu son diplôme de directeur sportif dans une pochette Happy Meal.

Il a essayé de l'éviter par tous les moyens. Las d'être convoqué à de futiles exégèses, de réunions incessantes en déjeuners interminables, Tuchel a fini par envoyer son agent. Boehly lui a expliqué qu'il ne le dérangerait plus jamais.

En réalité, l'histoire montre qu'il y a deux Thomas Tuchel. Le premier, polyglotte et énergique, est volontiers séducteur. Il est capable de défendre ses opinions à la force du poignet, malgré une éducation bourgeoise et une silhouette freluquette «taillée dans un casse-croûte de bal musette», comme dirait l'agent Gilles Favard.

L'autre Tuchel est particulièrement rétif à l'autorité. Certaines personnes sont comme ça, sans filtre et sans concession. Jamais contentes, pas bien méchantes. Dans le fond, le coach allemand n'a jamais eu totalement tort, ni à Dortmund, ni à Paris, ni même à Chelsea où Todd Boehly, cette semaine, a reconnu que son licenciement était une erreur - selon une indiscrétion du Guardian.

Reste que si le Bayern n'est pas champion ce samedi, Tuchel tempêtera si fort que les portes risquent de claquer à nouveau.

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