Une spécificité du calendrier rend Bodø/Glimt dangereux
Les joueurs de Bodø/Glimt sont en train de vivre un véritable conte de fées. Pour leur première participation à la phase finale de la Ligue des champions, ils ont tenu en échec le Borussia Dortmund, avant de battre Manchester City et l’Atlético de Madrid.
Qualifiés pour les barrages de la phase à élimination directe, les Norvégiens ont ensuite éliminé l’Inter, finaliste de la dernière Ligue des champions, en s’imposant à deux reprises. Désormais, ils défient le Sporting à l'occasion des huitièmes de finale de la plus prestigieuse des compétitions de clubs. Le match aller aura lieu ce mercredi (21h) en Norvège.
Un calendrier totalement différent
Plusieurs éléments expliquent les bons résultats obtenus ces dernières semaines par les hommes de Kjetil Knutsen en Ligue des champions. L’un d’eux, rarement évoqué, concerne le calendrier.
Comme dans beaucoup de pays nordiques, la saison norvégienne s’étend de mars à novembre. Cela signifie que les joueurs de Bodø/Glimt ne débuteront leur championnat domestique que dans quelques jours. Autrement dit, ils sont actuellement beaucoup plus frais que leurs adversaires des grandes ligues européennes. Ils n'ont joué en 2026 que des rencontres amicales, de Ligue des champions ou de Coupe de Norvège.
Nous pourrions penser, à l'inverse, qu’ils manquent cruellement d’automatismes. Ce n’est toutefois pas le cas. Avec leur entraîneur Kjetil Knutsen en poste depuis 2018, une culture poussant les joueurs à rester et le faible intérêt des grandes formations européennes pour le mercato hivernal, Bodø parvient à afficher une réelle stabilité d’une saison à l’autre, et donc à conserver des connexions en Ligue des champions, même lorsque le nouvel exercice national n'a pas encore commencé.
Les résultats parlent d’eux-mêmes
Cette spécificité du calendrier se reflète naturellement dans les résultats de la «Horde jaune». Les Norvégiens ont rencontré des difficultés à l’automne en C1, lançant leur campagne par deux matchs nuls suivis de trois défaites. Ils étaient au bord de l'élimination.
Ce n’est que lorsque leur championnat a pris fin, qu’une pause a enfin été observée et qu’une nouvelle préparation a débuté que les joueurs de Bodø/Glimt ont enregistré leurs premiers succès, contre Manchester City, l’Atlético de Madrid et l’Inter. Finalement, on pourrait se dire que le plus dur est presque déjà passé pour eux. Il s’agissait de s’extirper de la phase de ligue, débutée en bout de course.
En 2024, les deux seules défaites de Bodø/Glimt en phase de ligue de la Ligue Europa étaient déjà survenues lors de l'épilogue du championnat norvégien. La formation de Kjetil Knutsen se trouvait, de surcroît, en pleine lutte pour le titre face à Brann.
La suite de l’histoire est connue: quelques mois plus tard, un vent de fraîcheur à tous les égards avait soufflé sur la C3. Bodø/Glimt avait alors éliminé Twente, l’Olympiacos et la Lazio pour s’offrir le droit de défier Tottenham dans le dernier carré. Les Portugais du Sporting sont donc prévenus: ils auront face à eux une équipe prête à aller loin en Coupe d'Europe.
Entraîneur à succès
Si le calendrier explique en partie les récents exploits du club situé au-dessus du cercle polaire, d’autres facteurs doivent également être pris en compte pour comprendre cette réussite.
Tout d'abord, Bodø/Glimt connaît une progression constante sur la scène continentale. Habituée depuis six saisons à disputer les compétitions européennes, l’équipe avait atteint les quarts de finale de la Ligue conférence en 2022.
Parmi les autres éléments figure la vision stratégique de Kjetil Knutsen. Le technicien norvégien a non seulement insufflé une véritable culture de club, avec des joueurs locaux investis à long terme, mais il a également donné un état d’esprit à son groupe. Knutsen ne prononce jamais le mot «victoire» et ne se concentre pas sur le résultat. Il s'intéresse avant tout au jeu, qu’il souhaite technique et vertical.
Résultat: une bande de jeunes garçons, rappelant celle de l’Ajax en 2019, prend plaisir à évoluer sur le terrain et produit un football à la fois attractif et élégant.
Les joueurs, qui ont le sens du positionnement, sont constamment en mouvement. Le ballon est libéré rapidement, toujours dans l’esprit du jeu et vers l’avant. Les Norvégiens de Bodø/Glimt représentent, en définitive, le parfait exemple de ce que signifie jouer en équipe. «Nous parlons d’argent, nous parlons de noms. Mais rien ne vaut une équipe», a résumé Thierry Henry au sujet de ce collectif.
Bien sûr, Kjetil Knutsen s’appuie sur de nombreux talents pour créer cette magie, à l’image du maître à jouer Patrick Berg et de l’ailier percutant Jens Petter. Ceux deux hommes incarnent totalement le style de la formation scandinave.
Terrain synthétique et froid glacial
Outre cette progression constante, la vision du coach et les individualités techniques, Bodø/Glimt peut également compter sur une pelouse synthétique trempée, qui favorise son jeu ambitieux. Exposée aux conditions arctiques, elle est aussi parfois abîmée par endroits. En clair: les locaux la maîtrisent parfaitement et en tirent un avantage certain, tandis que les clubs visiteurs la critiquent régulièrement.
Les conditions hivernales dans le nord de la Norvège peuvent par ailleurs surprendre les formations adverses, d’autant que le stade de 8 000 places, totalement ouvert, accentue la sensation de froid glacial. Enfin, certains cadors européens ont peut-être parfois sous-estimé ce petit club établi dans une ville perdue de 50 000 habitants. Au Sporting de ne pas reproduire la même erreur, s'il souhaite disputer les quarts de finale de la C1, contre Arsenal ou Leverkusen.
