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Covid, terrasse, bistrot

Image: Shutterstock

«Si on peut même plus aller au bistrot, c'est la prison à la maison»

Le Conseil fédéral vient d'annoncer l'extension du certificat Covid aux cafés-restaurants, fitness et autres cinémas dès lundi prochain. Une décision qui va directement impacter la vie quotidienne de ceux qui ne sont pas vaccinés. De quoi les pousser à franchir le pas?



Le couperet est tombé. Après plusieurs jours d'expectatives et de pronostics, le Conseil fédéral a finalement décidé d'étendre l'usage du certificat Covid dès le lundi 13 septembre:

«Il faudra présenter un certificat Covid à l’entrée des restaurants, des lieux culturels et de loisirs et des manifestations à l’intérieur»

Le Conseil fédéral

Certains veulent résister

Une décision qui aura un impact direct sur la vie quotidienne des plus de 45% de Suisses qui ne sont pas (encore) complètement vaccinés. «Si on ne peut même plus aller au bistrot, c'est la prison à la maison», déplore Guy*, un quinquagénaire vaudois. Il raconte aussi avoir voulu se rendre à un festival il y a deux semaines et ne pas avoir pu entrer, faute de certificat.

«Officiellement, on dit qu'on n'impose pas le vaccin, mais c'est une manière détournée de le faire»

Guy

Une situation que le Vaudois juge particulièrement discriminante: «C'est de plus en plus intenable. À court ou à moyen terme, on ne pourra plus rien faire sans le certificat.» Pas de quoi convaincre pour autant celui qui s'inquiète des effets secondaires à long terme du vaccin de passer par la case piqûre. Du moins dans l'immédiat:

«Je tiendrai aussi longtemps que possible, mais c'est vrai que l'étau se resserre et le vaccin sera le dernier recours»

Guy

Les tests ne suffisent pas

À ses yeux, les tests ne sont pas non plus une solution. «Se faire tester occasionnellement ok, mais je n'ai pas envie d'avoir ce truc dans le nez tous les jours. Dans ce cas, autant me faire vacciner.»

Même son de cloche du côté d'Arnaud*, lui aussi non-vacciné: «Même si je comprends qu'ils deviennent payants depuis octobre, je ne vais pas payer un test à chaque fois que je veux aller au fitness ou au restaurant, donc je n'irai plus ni à l'un, ni à l'autre.» Mais alors comment est-ce que ce trentenaire Jurassien compte organiser sa vie sociale? «On fera des repas à la maison, on ira au bord du lac. Je vais trouver des solutions.»

«J'assume ma décision de ne pas me faire vacciner, même si ça va m'embêter de ne pas pouvoir faire certaines choses»

Arnaud

Lui aussi est résolu à tenir le plus longtemps possible avant d'aller se faire vacciner. «Au bout d'un moment, les autorités vont être obligées d'enlever les restrictions», espère-t-il.

Une décision qui
pousse à la piqûre

S'il continue à s'interroger sur la nécessité du vaccin et sa légitimité, Amédé a pourtant décidé de rendre les armes: «Je n'ai pas le choix, je vais devoir me faire vacciner. Notamment à cause du travail.»

«Je ne suis pas à l'aise avec la manière dont on impose la vaccination à la population»

Amédé

Malgré sa décision, Amédé sait que les prochaines semaines, le temps qu'il soit entièrement vacciné, vont être compliquées: «Même si je ne mesure pas encore l'ampleur de ce que cela implique, je pense que le quotidien va devenir pénible.»

Aucun délai pour s'adapter

Le Vaudois regrette d'ailleurs que l'annonce du Conseil fédéral entre en vigueur dès ce lundi. «Ils pourraient au moins nous laisser une période pour nous mettre en conformité et limiter l'impact sur notre quotidien.»

«Même si je fonce le faire maintenant, il y aura quand même deux mois où je serai mise de côté»

Caroline

Et il n'est pas le seul à se retrouver coincé. Caroline est dans le même cas. La Valaisanne n'était pas opposée au vaccin, mais souhaitait prendre le temps d'y réfléchir. «Les deux prochains mois vont être compliqués... On fera des jeux de société à la maison», confie-t-elle.

La trentenaire souligne également qu'elle vient de renouveler son abonnement de fitness, mais qu'elle ne va pas pouvoir l'utiliser dans l'immédiat. «Ce n'est pas possible de se faire tester avant chaque entraînement, surtout que cela va devenir payant.»

«Certainement que cette mesure va me faire céder, au bout d'un moment, je vais bien être obligée de me faire vacciner»

Caroline

Si elle reconnaît que la décision du Conseil fédéral va sans doute la pousser à se faire vacciner, Caroline assure ne pas la comprendre. «Je ne pense pas que cela soit la bonne solution. Cela va créer encore plus de clans et de conflits.»

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