Les arguments qui ont sauvé Jessica Moretti de la détention
Pourquoi deux gérants poursuivis pour les mêmes faits ne sont-ils pas soumis aux mêmes mesures judiciaires ? La question s’est posée après l’incarcération de Jacques Moretti, alors que son épouse Jessica est ressortie libre de son audition. Les éléments du dossier pénal consulté par la RTS, éclairent cette différence de traitement.
Pour rappel, l’incendie de leur bar, Le Constellation, à Crans-Montana, a fait 40 morts et 116 blessés. Les époux sont poursuivis pour homicide par négligence, incendie par négligence et lésions corporelles par négligence. Ils ont encore été entendus mardi et mercredi par le Ministère public valaisan.
Le cas Jacques Moretti: un risque de fuite jugé «concret»
Selon les courriers adressés le 10 janvier au Tribunal des mesures de contrainte (TMC), cités par la RTS, les procureures estiment que Jacques Moretti présente un risque «concret» de fuite. Elles relèvent qu’il change régulièrement de lieu de vie, qu’il a peu d’attaches personnelles en Valais et que ses relations sont essentiellement professionnelles. Le Ministère public considère également qu’il n’a «guère d’avenir dans le canton», ce qui renforcerait la probabilité d’un départ à l’étranger pour se soustraire à la procédure.
Sur cette base, une détention provisoire de trois mois est demandée et ordonnée par le TMC, jugée proportionnée. Le tribunal précise toutefois qu’une libération est possible contre le versement d’une caution pouvant atteindre 200 000 francs, rappelle la RTS.
Le cas Jessica Moretti: un ancrage suisse déterminant
Pour Jessica Moretti, le raisonnement est différent. Toujours selon les documents analysés par la RTS, les procureures reconnaissent un risque de fuite, mais ne le qualifient pas de concret. Difficile donc pour le tribunal de la placer en détention provisoire.
Les procureures soulignent l'ancrage de Jessica Moretti en Suisse, où elle est établie depuis 2015, ses relations amicales, ses loisirs - «notamment de la danse» - et le réseau créé via «la scolarisation de son enfant» qui lui a «permis d'étoffer son cercle d'amies en rencontrant d'autres mamans». Ces éléments conduisent le Ministère public à privilégier des mesures de substitution à la détention. Le TMC durcit néanmoins les règles: Jessica Moretti doit se présenter quotidiennement à la police (c'était tous les trois jours avant).
La RTS précise enfin qu’elle ne porte pas de bracelet électronique, une mesure refusée par le tribunal car jugée peu efficace et non coercitive. (jah)
