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Ce milliardaire suisse est suspecté de financer en douce la gauche américaine

Hansjörg Wyss s'est fait un nom aux Etats-Unis en tant que philanthrope et soutien de groupes d'intérêts de gauche. Aujourd'hui, d’anciennes accusations contre l’Américain d'adoption sont relancées.
23.05.2022, 06:11
Renzo Ruf, Washington / ch media

Il a la réputation de fuir la notoriété. Lorsque le multimilliardaire Hansjörg Wyss s'est vu remettre mardi par le conseiller fédéral Guy Parmelin un prix pour l'approfondissement des relations entre la Suisse et les Etats-Unis, le philanthrope de 86 ans n'a pas souhaité donner d’interviews.

La fortune de Hansjörg Wyss est estimée à 5 milliards de dollars.
La fortune de Hansjörg Wyss est estimée à 5 milliards de dollars. image: keystone

Mais dans son pays d'adoption, le Bernois d'origine est de plus en plus sous le feu des projecteurs – parce qu'il aurait, avec d'autres hommes riches comme George Soros, un rôle central dans le financement de groupes d'intérêts de gauche. Mercredi, une photo d'Hansjörg Wyss a même été publiée sur Drudge Report, l'un des sites d'information les plus consultés sur Internet, à côté de celles de Tom Cruise, Johnny Depp ou encore Goldie Hawn.

La controverse actuelle tourne, une fois de plus, autour de la question du respect des lois américaines sur les campagnes électorales par l'entrepreneur suisse. Aux Etats-Unis, il est interdit aux étrangers sans permis de séjour permanent de faire des dons d'argent à des candidats politiques.

Hansjörg Wyss vit certes depuis des décennies en Amérique, mais selon ses propres déclarations, il ne possède ni la citoyenneté américaine ni la «Green Card», carte de résident permanent. Dans une interview accordée au Blick, il a déclaré:

«Je n'ai pas donné un centime aux candidats aux élections américaines de 2020. Premièrement, je n'en ai pas le droit, deuxièmement, je n’en ai pas envie»

Or, une organisation du nom d'Americans for Public Trust (APT) affirme que Hansjörg Wyss contournerait l'interdiction aux étrangers de faire des dons. Dans une requête adressée à la FEC – une commission gouvernementale responsable au niveau national de l'application des lois sur le financement des campagnes électorales –, le groupe demande une enquête sur le comportement du milliardaire en matière de dons.

Dans un entretien avec CH Media, la responsable de l'APT, Caitlin Sutherland, décrit un réseau complexe d'organisations et de groupements à but non lucratif que Wyss a soutenus ces dernières années avec plus de 200 millions de dollars. Une partie de ces dons aurait finalement atterri dans des groupes d'intérêts de gauche et aurait été utilisée dans les campagnes électorales. Cela est interdit, explique Caitlin Sutherland. Elle affirme:

«L'argent étranger n'a pas sa place dans nos élections»

Mais la FEC a jusqu'à présent refusé de répondre publiquement aux reproches d'Americans for Public Trust. Pour faire plier le comité, l'APT a donc déposé une plainte de droit civil contre la commission. Ces derniers jours, les médias américains de droite ont largement évoqué cette plainte et l'influence que Hansjörg Wyss exercerait en coulisses sur les groupes d'intérêts de gauche. Sur le portail RealClearPolitics, un auteur a également cité un livre publié en 2014, dans lequel la sœur du Suisse, Hedi, parle de son frère.

Hansjörg Wyss n'a pas répondu aux demandes de CH Media, mercredi. Une porte-parole de ses deux principales organisations américaines – la Wyss Foundation et le Berger Action Fund – a toutefois déclaré dans une prise de position écrite qu'il était formellement interdit aux bénéficiaires des aides financières de «soutenir ou de combattre» des candidats ou des partis avec l'argent versé.

Jusqu'en 2003, Wyss a soutenu des politiciens américains

Un coup d'œil dans la base de données de la FEC montre que Hansjörg Wyss n'a pas respecté sa devise par le passé. Jusqu'en 2003, il a ainsi versé quelques dizaines de milliers de dollars directement à des hommes politiques du parti démocrate. Ce faisant, le milliardaire, qui serait en possession d'un visa d'investisseur américain depuis des décennies, a probablement enfreint les lois sur les campagnes électorales. La cheffe de l'APT, Caitlin Sutherland, explique que ce reproche est certes mentionné dans sa requête auprès de la FEC, mais qu’il est désormais trop tard pour engager une procédure contre Hansjörg Wyss, les infractions étant prescrites.

L'organisation Americans for Public Trust se définit par ailleurs comme une organisation à but non lucratif et non partisane. Elle a été créée au début des années 2020. Sutherland a toutefois travaillé auparavant pour des organisations proches du Parti républicain. Interrogée pour savoir si elle pouvait donner des informations sur les donateurs de l'APT, la responsable a répondu: «Nous ne rendrons pas cette liste publique.»

Traduit et adapté de l'allemand par Tanja Maeder

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