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Darius Rochebin de retour à l'antenne

Darius Rochebin, son grand retour à l'antenne, lundi 26 avril, sur LCI. Image: Capture d'écran

Humeur

Darius Rochebin, six mois parti et puis le revoilà

Le journaliste suisse a effectué son grand retour à l'antenne, lundi 26 avril sur LCI, dans son émission «Le 20.00 de Darius Rochebin». Il avait à réimposer son style. C'est réussi.



Après Darius blanchi, Darius retrouvé. En ce lundi soir de retour en pleine lumière, sur LCI, ce verbe avait le goût des bonnes choses. «Je suis ravi de vous retrouver à ce rendez-vous de 20 heures», a dit bien poliment Darius Rochebin, à sa prise d’antenne, dans son émission, dont un article de presse l’avait privé pendant six mois.

Il n’a pas changé: le même costume bleu, les mêmes lunettes sans monture, les mêmes cheveux noirs fournis. La même voix claire, vaguement chevrotante. Un peu métallique au début, d’une assurance forcée, cherchant un écho amical chez les trois éditorialistes formant son premier plateau. Seul celui du journal Le Parisien le gratifia d’un chaleureux «Bonsoir Darius», comme on dit «ne t’en fais pas, tu peux compter sur moi». Les deux autres avaient cet air pétrifié d’enfants devant une grande personne précédée d’un récit monstrueux. Le «monstre», lui, avait le cran du type traîné dans la boue répliquant par son professionnalisme. Sa prestation a ravi ses fans sur Twitter.

Cela avait failli mal commencer, avant même le commencement. La journaliste Amélie Carrouër, qui remplace cette semaine David Pujadas dans l’émission précédant «Le 20.00 de Darius Rochebin» sur LCI, annonçait Bernard Tapie au «20 Heures» de TF1, un événement s’il en est, mais n’avait pas un mot pour son collègue suisse venant aussitôt après elle.

Fausse frayeur. Darius a passé la parole, sollicité ses éditorialistes comme un prof stimule ses élèves. Allez, allez! L’actualité était bien lourde, bien épaisse, l’attentat islamiste de Rambouillet, l’assassinat antisémite de Sarah Halimi. Cela exigeait de la hauteur de vue, mais aussi de l’investissement au ras des choses.

Le père du directeur de LCI est heureux

Robert Namias est le père de Fabien Namias, directeur général adjoint de LCI.

Pour réussir son retour, Darius devait à nouveau faire étalage de son style: celui de l’homme qui va droit au but. Et convoque l’interdit, sinon le tabou, ce qui ne manquera pas de donner du grain aux petits rapporteurs du vice. Mais c’est comme s’il faisait exprès. Ainsi, lorsqu’il rappelle à cette dame, juive, rescapée des camps de la mort, invitée sur son plateau, le mot de «merde» qu’elle-même emploie dans son livre-témoignage pour décrire la matière qui composait son univers concentrationnaire.

Voici 20h30, «Le Grand Entretien». Avec Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, en charge des vaccins. Un bon client. Darius joue du poing sur la table: «Tout de même, Thierry Breton!», «Vous-même, vous êtes vacciné? A quoi?» «Pfizer», lâche son invité, tel un privilégié qui ne veut pas paraître tel quand la masse se farcit Astrazeneca. Darius t’a eu, mon Thierry… Arrive la flatterie, qui gêne plus qu’elle ne flatte, et c’est voulu: «Votre CV, c’est l’un des plus impressionnants d’Europe», «Vous avez sur la poitrine autant de décorations qu’un général soviétique».

Le point final approche. On se quitte bons amis. «Je suis heureux d’être là avec vous ce soir», dit Thierry Breton, d’un air entendu, à son hôte. Darius Rochebin, reconnaissant: «Merci beaucoup d’avoir été notre invité.» Le Suisse donne rendez-vous à mardi, comme pour s'assurer qu'il sera bien là le lendemain.

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