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Résultat de l'AVS 21: la droite n'a pas encore brisé la gauche

Interview

La droite n'a pas encore brisé la gauche sur les questions AVS

Certains milieux considèrent le «oui» à l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes comme une victoire historique contre le pouvoir de veto de la gauche sur les questions de l'AVS. Ils se réjouissent peut-être un peu vite, estime le politologue Urs Bieri.
26.09.2022, 12:26
Petar Marjanović
Petar Marjanović
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Le dimanche de la votation, vous avez suivi les chiffres des votes de toutes les régions du pays auprès de l'institut de recherche gfs.bern. Qu'avez-vous remarqué?
Urs Bieri:
D'une part, certainement les résultats serrés. Pour le projet AVS, tout s'est joué dans les dernières communes, et pour le projet d'impôt anticipé, le résultat a également été serré – ce qui n'était pas tout à fait inattendu. D'autre part, il y a également eu des mouvements surprenants en comparaison historique.

Vous faites allusion aux différences, par exemple entre la votation actuelle sur l'impôt anticipé (un non serré à environ 51%) et la votation passée sur le projet de timbre (en mars 2022: 62% de non).
Oui, bien que l'écart se soit déjà fait ressentir dans nos sondages et n'était donc pas vraiment surprenant. Il est tout de même intéressant que des projets fiscaux soient jugés de manière aussi différente en l'espace de six mois. Cela est certainement dû au fait que cette fois-ci, l'impôt anticipé n'a été discuté qu'en marge et que les deux projets AVS, suivis de l'initiative sur l'élevage de masse, ont occupé le devant de la scène.

Résultat de l'AVS 21: la droite n'a pas encore brisé la gauche
Urs Bieri, co-directeur de l'institut de recherche gfs.bern, livre son appréciation du dimanche de votation.image: watson

A cela s'ajoute le fait que deux votes portant sur des thèmes différents peuvent s'influencer mutuellement.
C'est vrai. C'était frappant, par exemple, à l'été 2021, lorsque la loi sur le CO₂, l'initiative sur les pesticides et celle sur l'eau potable ont entraîné une forte mobilisation dans les campagnes et que le projet de loi sur l'agriculture a conduit au rejet de la loi sur le CO₂.

On aurait donc pu supposer hier que la gauche l'emporterait deux fois nettement, parce qu'elle avait déjà eu du succès avec le droit de timbre et les projets AVS précédents. Au lieu de cela, une victoire et une défaite, les deux de justesse. Le camp de la gauche s'affaiblit-il?
Ce dimanche de votation le montre: chaque scrutin a une histoire différente et celui qui gagne est à chaque fois remis en jeu. Lors du dernier projet fiscal, le Parti socialiste a gagné assez nettement, et cette fois-ci de justesse. En ce qui concerne la prévoyance vieillesse, ils ont clairement fait échouer la proposition des autorités lors d'un référendum sur le taux de conversion en 2010, ce qu'ils n'ont pas réussi à faire aujourd'hui.

Le suspense reste donc entier sur les grands thèmes: tant sur les impôts que sur la prévoyance vieillesse, ce n'est pas la dernière fois que nous votons. Le prochain projet fiscal sera probablement au programme en juin 2023. La réforme du deuxième pilier est actuellement en discussion au Parlement.

Parlons des partis de droite: ils ont fêté leur succès lors de l'initiative sur l'élevage intensif, pour laquelle ils ont mené des campagnes coûteuses en collaboration avec des associations économiques et paysannes. Quel rôle a joué cette nouvelle alliance?
Jusqu'à présent, les chiffres des cantons et des communes nous montrent que les bourgeois et les organisations agricoles se sont certes complétés dans l'ensemble, mais qu'ils n'ont pas réussi à obtenir une approbation majoritaire en ce qui concerne l'impôt anticipé. L'initiative sur l'élevage intensif a été rejetée plus nettement dans les régions rurales que dans l'ensemble de la Suisse, et les deux projets AVS et l'impôt anticipé y ont été acceptés plus nettement. Mais pour ce dernier, cela n'a pas suffi: les régions rurales ont été opposées aux grandes villes, ce qui a conduit à un rejet de justesse.

En d'autres termes, la grande mobilisation dans les campagnes, telle que nous l'avons connue lors de la votation sur l'eau potable et les pesticides, n'a pas eu lieu. Pas de grande surprise, donc.
Oui, et c'est justement ce qui fait la particularité de ce dimanche de votation: la participation a certes été supérieure à la moyenne, mais elle s'est à nouveau rapprochée de la moyenne historique au niveau suisse, après avoir énormément augmenté pendant les mois de pandémie en raison d'une phase particulièrement critique pour les autorités.

Regardons vers l'avenir. Hier ont eu lieu les dernières votations nationales avant l'année électorale 2023. Peut-on tirer des premiers enseignements sur l'impact que les scrutins passés pourraient avoir sur le Parlement fédéral?
Non. Le choix de la liste de parti ou du candidat se fait en fonction de plusieurs facteurs. Pour faire simple, il s'agit de questions telles que: quelle est ma position de base, pour quel parti ai-je voté il y a quatre ans? Quelles sont les personnes les plus convaincantes? Le troisième point décisif est le plus difficile à évaluer: quels sont les thèmes qui vont dominer jusqu'aux élections? Les objets de votation ne concernaient pas – à l'exception de l'AVS – les grands problèmes d'aujourd'hui.

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Les partis conservateurs ont pu repousser l'opposition de la gauche lors d'une votation sur la prévoyance vieillesse et ont essuyé une défaite moins nette sur un projet fiscal. Pourquoi ne peut-on pas y voir l'indice d'un affaiblissement du camp gauche-vert?
Parce que l'expérience des dix à quinze dernières années nous le montre: tant la gauche que les bourgeois ont pu remporter des victoires et subir des défaites, parfois nettes, parfois serrées, sur ces thèmes. De telles évolutions sont rarement suffisamment liées pour que l'on puisse parler d'une tendance à long terme.

Traduit de l'allemand par Tanja Maeder

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