La justice iranienne a annoncé jeudi qu'un ressortissant suisse accusé d'espionnage s'était donné la mort dans la prison de Semnan, ville de l'est du pays. «Ce matin, un citoyen suisse s'est suicidé dans la prison de Semnan», a indiqué Mizan Online, l'organe de presse du pouvoir judiciaire, ajoutant que le détenu avait été «arrêté par les agences de sécurité pour espionnage et que son cas faisait l'objet d'une enquête», sans donner plus de détails.
Contacté, le Département fédéral des affaires étrangères a commenté:
On n'en sait donc, pour l'heure, pas plus sur l'identité de cette personne ni sur les circonstances dans lesquelles il était détenu.
Le ressortissant suisse, qui n'a donc pas été identifié, aurait demandé à son compagnon de cellule de lui apporter de la nourriture de la cafétéria de la prison et «a profité de ce moment où il était seul pour se suicider», selon Mizan Online.
Les autorités pénitentiaires «sont immédiatement intervenues pour (tenter de) lui sauver la vie, mais leurs efforts ont été vains», assure la même source.
Mizan n'a, par contre, pas fourni de détails sur la date de l'arrestation du Suisse ou la manière dont il s'est suicidé.
Selon un responsable sécuritaire, l'individu a été arrêté dans la province de Semnan, à l'est de Téhéran. Il aurait prélevé des échantillons de sol dans cette région désertique, où se situent plusieurs bases de lancement de missiles et de fusées.
Par le passé, les médias iraniens ont rapporté que ces échantillons de terre pourraient être utilisés pour détecter la présence d'uranium enrichi ou d'autres éléments, afin d'évaluer l'état d'avancement du programme balistique iranien.
Récemment, des tensions ont émergé sur la scène internationale après l'arrestation d'un chercheur de l'EPFL. Ce dernier a été arrêté en Italie parce qu'il est accusé par les Etats-Unis d'avoir armé l'Iran en drones responsable de la mort de soldats américains. Le régime des mollahs – sans doute de représailles –, avait alors enfermé une journaliste italienne pour éviter l'extradition de leur ressortissant. Elle a été libérée depuis.
Plusieurs citoyens européens, dont certains possèdent un passeport iranien, sont détenus en Iran. Les critiques reprochent à Téhéran de détenir des citoyens étrangers en otage politique. L'Iran rejette ces accusations et justifie généralement les arrestations par l'accusation d'espionnage. Le nombre exact d'Européens détenus en Iran n'est pas connu.
En juin dernier, deux Suédois ont été libérés d'Iran à la faveur d'un échange de prisonniers, notamment un diplomate de l'Union européenne. En 2023, Oman a négocié la libération de six Européens parmi lesquels le travailleur humanitaire belge Olivier Vandecasteele, qui avait été condamné pour espionnage et avait passé plus d'un an en détention.
(jah avec agences)