Ivre, ce militaire suisse n'aurait jamais dû prendre sa voiture
Un militaire de métier avait été licencié par l'armée après avoir été arrêté conduisant un véhicule civil en état d'ébriété. Dans un arrêt publié jeudi, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a rejeté son recours contre la décision de licenciement.
Le sous-officier avait été arrêté vers deux heures du matin en avril 2024 au volant de son véhicule civil. Il affichait un taux d'alcoolémie de 1,72 pour mille dans le sang. Son permis lui avait été retiré pour une durée de quatre mois.
L'armée n'a pas aimé la condamnation
Au pénal, le militaire a été déclaré coupable de conduite en état d'ébriété qualifiée et condamné à une peine pécuniaire avec sursis. L'homme a informé son employeur, le Département fédéral de la défense, qu'on lui avait retiré son permis de conduire. L'armée n'a guère goûté la nouvelle.
Une décision de résiliation du contrat de travail a été rendue en février 2025, avec effet fin août. L'homme a été de surcroît suspendu avec effet immédiat de ses fonctions. Le comportement du sous-officier était incompatible avec les devoirs de fidélité et d'exemplarité imposés par sa fonction, avait tranché l'employeur.
Plus de 25 ans de service
Le militaire a contesté son licenciement devant le Tribunal administratif fédéral. Il a ainsi rappelé qu'il travaillait depuis 25 ans au sein de l'armée, de manière exemplaire. Il n'avait aucun antécédent judiciaire et n'avait jamais donné lieu à aucun signalement lié à d'éventuels problèmes d'alcool.
Les juges de Saint-Gall ont relevé que le taux d'alcoolémie relevé était plus du double du seuil autorisé. Cette infraction grave à la LCR est de nature à faire douter de la confiance placée en lui et est incompatible avec le devoir de fidélité, ont relevé les juges.
Le TAF relève enfin que, par son infraction, il a pris le risque d'exposer des tiers à un danger, ce qui est de nature à jeter le discrédit sur l'armée. Le TAF rejette dès lors son recours. Le licenciement peut toutefois encore être contesté devant le Tribunal fédéral (jah/ats)
