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Une association se donne pour mission de lutter contre les féminicides

L'association «Mel» a été officiellement lancée samedi, en réaction au féminicide de Courfaivre (JU), qui avait choqué la population et jeté la lumière sur un phénomène de société.
20.11.2021, 14:4821.11.2021, 22:52

Lancée samedi, l'association «Mel» a présenté au public ses moyens pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales. Elle compte sur les dons pour financer ses activités.

Mel pour Melanie

Du prénom de la victime du drame de Courfaivre, tuée par son mari en 2019. Le drame avait ému bien au-delà de la région.

L'association est présidée par la soeur de la mère de famille, qui a expliqué:

«Je ne voulais pas rester les bras croisés, je voulais faire bouger les choses»
Géraldine Marquis, fondatrice de Mel et soeur d'une victime

Cette nouvelle association souhaite offrir plusieurs services:

  • Un soutien psychologique avec les compétences d'une thérapeute.
  • Un système d'alarme avec l'appui d'une société de sécurité qui peut intervenir en cas d'appels de détresse, en concertation avec la police.
  • Des cours de self-défense.

Cette association n'entend pas empiéter sur le travail de la police et de la justice, mais souhaite une collaboration. «Tout se fait trop lentement alors que l'on est dans l'urgence», a souligné Géraldine Marquis en faisant allusion au nombre croissant des féminicides commis en Suisse. «J'ai vu les manquements qu'il y avait dans le Jura et nous voulions combler ces lacunes», a expliqué la présidente.

Géraldine Marquis a précisé que l'association et la plainte déposée par la famille de la victime contre la justice et police, accusées de n'avoir pas su protéger sa soeur, étaient deux choses bien distinctes. En effet, le mari de la victime faisait l'objet d'une procédure pénale pour des violences conjugales, mais il avait été laissé en liberté.

Cet homme s'était suicidé après avoir tué sa femme. Un recours des proches de la victime contre l'ordonnance de classement par le procureur extraordinaire neuchâtelois Pierre Aubert est en cours auprès du Tribunal cantonal.

En quête de soutien financier

L'association estime avoir besoin de 15 000 à 20 000 francs par an pour pouvoir offrir gratuitement ses prestations aux femmes en détresse. Elle cherche aussi à acquérir des appartements protégés pour accueillir des femmes. «Beaucoup de gens ont déjà versé des dons», a relevé sa présidente.

La présentation de la nouvelle association s'est tenue à moins d'une semaine de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Du 25 novembre au 10 décembre, des dizaines d'associations se mobilisent en Suisse et dans le monde pour dénoncer les violences sexistes. (ats/mbr)

Et si on devait porter le masque à vie? Décryptage en vidéo.

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