Suisse
Montreux

Sans Talia Khabrieva, Poutine n'aurait pas pu devenir dictateur

Sans cette Romande, Poutine n'aurait pas pu devenir dictateur

Elle habite à Montreux, dans une grande tour à côté du Casino. Talia Khabrieva a réalisé l'entourloupe juridique permettant à Poutine de rester au pouvoir.
30.08.2022, 20:2731.08.2022, 11:34

Il était une fois, à Montreux, la juriste qui a permis à Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir. Cette femme, c'est Talia Khabrieva. Cette experte en droit constitutionnel a fait l'objet d'une enquête de nos confrères de Tamedia qui vient de sortir ce 30 août. Inconnue du grand public, elle est à l'origine de la modification de la Constitution russe permettant au dirigeant Poutine de prolonger son mandat pour de longues années.

En d'autres termes:

«Elle a joué un rôle clé dans la transformation de la Russie de démocratie en dictature»
Bernhard Odehnal et Sylvain Besson, auteurs de l'enquête de Tamedia24 Heures

«Une simple astuce juridique»

C'est qu'en plus de la prolongation du mandat présidentiel de Poutine, la révision de la Constitution opérée par le groupe de travail dirigé par Talia Khabrieva, directement nommé par le chef d'Etat, assure à ce dernier un pouvoir accru sur le parlement, la justice et les régions politiques. L'extension du mandat, précise l'enquête, tient en «une simple astuce juridique»:

«Selon la nouvelle Constitution, le président russe ne peut accomplir que deux mandats de six ans. Mais un petit alinéa précise que la règle ne s’applique pas au président en exercice»

En somme, expliquent les journalistes, les compteurs ont été remis à zéro. Poutine pourrait briguer un nouveau mandat en 2024, puis en 2030 et rester ainsi au pouvoir jusqu’en 2036. Année où il aura 84 ans.

Une juriste récompensée... aussi en argent?

Talia Khabrieva, qui a conçu cette réforme ayant pris seulement six mois à être mise en œuvre (en comptant sa rédaction), a été plusieurs fois élue dans son pays «juriste de l’année». Vladimir Poutine l’a personnellement félicitée. «Elle a aussi été membre de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe, qui évalue les changements de Constitution dans les Etats membres.»

L’opposition russe soupçonne qu'elle a été récompensée sur un plan plus matériel par le Kremlin. Le parti Yabloko, qui a adressé une dénonciation au procureur général russe, évalue les biens immobiliers de la juriste à 7,6 millions de francs, dont 1,6 million pour son appartement montreusien. Des sommes qui seraient difficilement attribuables aux salaires d’une juriste et d’un haut fonctionnaire. Le procureur n'a jamais rendu réponse. Talia Khabrieva, qui bénéficie de la protection des services secrets russes, serait comme intouchable.

La juriste est aussi la directrice scientifique de la «Beringoff International Academy for Law», introuvable à l'adresse indiquée sur le Web. Selon un communiqué, elle s'y serait rendue le 23 février, veille du début de la guerre en Ukraine. «La juriste préférée de Poutine est-elle depuis revenue à Montreux? Possède-t-elle un permis de séjour en Suisse? Ni Talia Khabrieva, ni l’institut Beringoff n’ont répondu à nos questions», conclut l'enquête de nos confrères. (jof)

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«Aujourd’hui, la Suisse est unie dans le cœur»: Parmelin prend la plume
Guy Parmelin s’exprime au nom du Conseil fédéral pour adresser ses condoléances aux proches des victimes de Crans-Montana. Il remercie les secouristes ainsi que les Etats venus en aide.
Permettez-moi, en cette période de profonde tristesse et de grande souffrance, de vous adresser, en toute humilité, quelques mots.

Au nom du Conseil fédéral, le gouvernement suisse, je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances aux familles et aux proches des personnes décédées. A toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance de survivre à la catastrophe, mais qui ne sont désormais qu’au début d’un long et difficile chemin de guérison, nous adressons notre profonde compassion.

Je souhaite m’adresser tout particulièrement aux jeunes. Beaucoup des victimes étaient elles-mêmes jeunes, pleines de projets, d’espoirs et de rêves. Leur vie ne doit pas être réduite à la catastrophe, ni aux circonstances dans lesquelles elle s’est achevée. Elle doit être honorée pour ce qu’elle a été: une promesse, une énergie, une part de notre avenir commun.

Nous devons aux personnes touchées, aux familles et aux proches le respect, la mémoire – et l’engagement de tout mettre en œuvre pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas. La justice examine actuellement dans quelle mesure des prescriptions de sécurité ont été enfreintes et en tirera les conséquences. C’est ce que nous devons aux victimes et à leurs proches.

Je tiens également à rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur aide, sous des formes diverses. A la police, aux nombreux services de secours et aux sapeurs-pompiers de milice qui ont risqué leur vie lors d’opérations de sauvetage dangereuses et éprouvantes. Et à l’ensemble du personnel médical, dans les hôpitaux en Suisse comme à l’étranger, qui s’occupe depuis des jours, sans relâche, des nombreux blessés graves.

Dans le grand malheur qui nous a frappés et qui — j’ose l’affirmer avec force — a fait de toute la Suisse une communauté unie dans le deuil, nous avons, pour un temps, la possibilité d’être ensemble afin de partager le poids de cette épreuve. Cette solidarité ne rendra pas la charge plus légère, mais si elle peut ne serait-ce qu’un peu contribuer à apaiser la douleur, alors elle trouve pleinement sa raison d’être.

Il est évident qu’aucun pays ne peut affronter seul de telles situations exceptionnelles. La Suisse a donc, conformément aux mécanismes internationaux prévus, sollicité un soutien, après que plusieurs Etats ont proposé leur aide. Des patientes et des patients souffrant de brûlures extrêmement graves ont ainsi pu être transférés des hôpitaux suisses vers des cliniques spécialisées dans le traitement des grands brûlés, dans différents pays européens. Ils y reçoivent les meilleurs soins possibles. Ces traitements dureront des mois, ce qui représente une charge supplémentaire pour les proches. Au nom de la Suisse, je remercie l’ensemble des pays concernés pour leur solidarité.

Aujourd’hui, la Suisse est triste. Mais aujourd’hui, la Suisse est aussi unie dans le cœur. Unie dans le deuil, unie dans le soutien, unie dans la détermination à comprendre et à protéger.

(Ce texte a été publié dans la Schweizer Illustrierte, puis partagé au groupe CH-Media. Il a été adapté de l'allemand par watson)
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