Cet appel à manifester à Lausanne reprend des termes du Hamas
Plus Israël s’enfonce dans la violence à l’égard des Palestiniens, les exactions des colons en Cisjordanie s’ajoutant aux 70 000 morts de Gaza, plus le discours militant pro-palestinien se radicalise en Suisse. Au point de verser dans l’apologie du terrorisme? Plusieurs collectifs, dont la Grève féministe Unil et EPFL, appellent à une manifestation le 10 octobre dans l’après-midi à la Place de la Riponne à Lausanne, «en l’honneur de la résistance et des martyrs».
Vague sur les dates, le mot «résistance» semble englober ici l’attaque du 7-Octobre qui a fait 1219 morts côté juif israélien et qui s’est accompagnée de l’enlèvement de 251 personnes.
«L’opération Déluge d’Al-Aqsa»
L'appel ajoute:
L’expression «Déluge d’Al-Aqsa», qui renvoie au déluge de la Bible et du Coran, est celle employée par le Hamas, auteur, avec le Jihad islamique, du massacre du 7-Octobre.
Pourquoi une éventuelle apologie du terrorisme dans cet appel à la manifestation du 10 octobre à Lausanne? Parce que le Hamas est officiellement reconnu comme organisation terroriste par l’Union européenne et la Suisse. Précisons, toutefois, que le code pénal suisse ne contient pas d’article réprimant stricto sensu l’«apologie du terrorisme», mais il punit l'incitation à la violence.
Contre-appel adressé aux autorités et aux médias
Dans une lettre envoyée notamment à la municipalité (exécutif) de Lausanne, une association suisse du nom de «Féministes Universalistes» appelle les autorités de la ville à «veiller à ce que la manifestation du 10 octobre ne donne lieu à aucune apologie du Hamas ni de la violence contre des civils, et d’assurer la sécurité des personnes et des lieux de la communauté juive». Sur son site, Féministes Universalistes dit «promouvoir un féminisme rassembleur, universaliste et laïque, fondé sur l’égalité devant la loi, la neutralité de l’espace public et la cohésion sociale».
Dans son courrier du 28 septembre également adressé à plusieurs médias, Féministes Universalistes écrit, entre autres:
Féministe Universalistes regrette qu’«aucune distinction n’est faite entre les civils tués à Gaza et les combattants du Hamas, auteurs des massacres du 7 octobre.»
Discutée par la municipalité ce jeudi
Joint par watson, le municipal chargé de la sécurité dans le chef-lieu vaudois, le PLR Pierre-Antoine Hildbrand, indique que la manifestation propalestinienne prévue le 10 octobre a fait l’objet d’une discussion, ce jeudi, au sein de l’exécutif lausannois, qui ne se prononce pas à ce stade sur les termes de l'appel à manifester.
Médias romands accusés de «légitimer les massacres»
De son côté, Grève féministe Unil EPFL, auquel se joint Lausanne Palestine, parmi d'autres collectifs, affirme que le gouvernement suisse, «par l’absence de sanctions, la justification des crimes, ou même la modification de la loi pour faciliter le commerce de guerre, porte la responsabilité de chaque personne assassinée par l’entité sioniste, ou torturée dans ses prisons».
Grève féministe Unil EPFL accuse, par ailleurs, des médias romands de «légitimer les massacres en reprenant la propagande sioniste».
Un avocat écrit à Beat Jans
Au vu des termes de l'appel à manifester le 10 octobre à Lausanne, un avocat lausannois, qui souhaite garder l'anonymat, interpelle par écrit en date du 28 septembre le conseiller fédéral Beat Jans, en charge de Justice et Police.
L’avocat ajoute: «Il serait très préoccupant que les autorités lausannoises autorisent une telle manifestation, et les attaques indignes contre le Conseil fédéral ne devraient pas demeurer sans réaction.»
Joint via son compte Instagram, le collectif Grève féministe Unil EPFL n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la parution de cet article. Dans l'un des ses visuels, ce collectif reproduit le triangle rouge inversé, un signe de radicalité dans plusieurs familles politiques. S'agit du triangle rouge des antifascistes ou de celui des brigades Al-Qassam du Hamas?👇
Le 29 août, date anniversaire de l'ouverture, en 1897, du premier congrès sioniste à Bâle, la police bâloise avait dispersé une manifestation propalestinienne interdite.
