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Odile Pelet, avocate du policier, est devant le tribunal cantonal vaudois lors du premier jour du proces du caporal de police juge pour meurtre, ce mardi 23 mars 2021 a Renens. Le proces du policier qui a abattu un pere de famille congolais de 27 ans lors d'une intervention a Bex (VD) en 2016 a debute mardi a Renens. Ce caporal de la police du Chablais doit repondre de meurtre, chef d'accusation passible de cinq ans de prison au moins. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

Image: KEYSTONE

Un policier est jugé pour le meurtre d'un père de famille congolais

Le procès du policier qui a abattu un père de famille congolais âgé de 27 ans, lors d'une intervention à Bex (VD) en 2016, débute ce mardi à Renens.



«Je n'ai pas eu le choix. J'ai tiré pour sauver ma vie», a dit le caporal de la police du Chablais, âgé de 52 ans. Le policier est jugé depuis mardi pour le décès d'un père de famille congolais, Hervé Mandundu, lors d'une intervention survenue en novembre 2016, à Bex (VD).

Après quatre ans d'enquête, les juges de la cour criminelle du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois, doivent déterminer s'il y a eu légitime défense ou geste disproportionné du prévenu. Des couacs lors de l'intervention vont aussi être passés sous la loupe.

Lors de ce premier jour du procès, le prévenu a confié être «attristé et choqué» de ce qui est arrivé, et qu'il avait dû se reconstruire après ce drame. «Vis-à-vis de la famille (de la victime), ça m'a beaucoup peiné», a-t-il ajouté.

La famille d'Hervé Mandundu a aussi été entendue. Mère, père, soeur et petite amie ont tous parlé d'un père de famille aimant, généreux, jamais violent et qui avait créé une petite association caritative pour venir en aide à l'Afrique. Tous ignoraient qu'il puisse consommer des stupéfiants. «Mon fils n'est pas un méchant, ce n'est pas un tueur», a clamé son père.

Que s'est-il passé?

Nous sommes le dimanche 6 novembre 2016. La police intervient dans un immeuble de Bex, où la victime, un père de famille d'origine congolaise, aurait fait du grabuge pendant la soirée. Plusieurs questions se posent alors:

22h00

C'est vers 22 heures que les choses se précipitent dans ce bâtiment. Hervé Mandundu aurait défoncé la porte d'un voisin en train de dormir et se serait introduit dans sa chambre avec un couteau emballé dans un tissu à la main. Il fait mine de l'égorger puis quitte l'appartement sans le toucher.

22h30

Selon l'acte d'accusation, le père de famille serait dans un état second. L'autopsie révélera la présence de MDMA dans le sang, une drogue qui peut altérer l'état de conscience.

Lorsque les cinq agents de police arrivent sur les lieux peu après 22h30, ils se dirigent vers l'appartement d'Hervé Mandundu, qui entrouvre la porte et leur dit de lui «ficher la paix». Un bruit ressemblant à «un coup de feu» est entendu, selon le caporal, puis un objet est lancé au sol du corridor depuis son appartement.

Ainsi éconduits, les policiers se positionnent à différents endroits de l'immeuble et tentent de coordonner leur opération. Problème: leurs radios ne fonctionnent pas. Hervé Mandandu ressort de son appartement en brandissant un couteau à pain. Menaçant, il se dirige vers un des policiers qui réussit à se réfugier dans un autre appartement.

Le caporal posté à l'entrée de l'immeuble remonte ensuite dans le locatif après avoir «entendu des appels à l'aide» de son collègue resté à l'étage. C'est là qu'il «entend et voit» Hervé courir dans sa direction, toujours le couteau à la main, au-dessus de la tête, prêt à frapper. Malgré deux sommations d'usage, Hervé Mandandu ne s'arrête pas.

23h41

Alors que les deux hommes se retrouvent à environ un mètre l'un de l'autre, le caporal tire trois coups de feu, selon l'acte d'accusation, dont deux touchent Hervé, au thorax et à la cuisse droite. Son décès est constaté à 23h41 à la suite de lésions pulmonaires avec hémorragie interne.

Les premiers témoignages, au procès

Les experts rappellent que les policiers sont instruits en cours et à l'entraînement à viser le torse et l'abdomen pour maximiser les chances de toucher une personne ciblée lors d'une menace ou d'un danger.

La question du stress du policier a aussi été abordée. L'expression connue dans le jargon des interventions policières de «vision du tunnel» a été citée: elle explique que le stress a tendance à réduire le champ de vision vers un seul élément devant soi, occultant ce qui se passe ou se situe à côté ou autour de l'action. Ce qui pourrait expliquer pourquoi le caporal a le souvenir de deux tirs et non de trois ou qu'il ne se souvienne pas de sa position exacte dans la cage d'escalier au moment de tirer. (ats)

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