DE | FR
Image: Shutterstock

Faut-il s'inquiéter du cocktail explosif grippe-Covid de cet hiver?

Cet hiver encore, l’épidémie de coronavirus se conjuguera avec celle de la grippe saisonnière. De quoi menacer les hôpitaux? On fait le point.
08.10.2021, 14:3908.10.2021, 15:31

Il y a une mixture que les professionnels de la santé redoutent. Pas de ceux qui font tourner les têtes en soirée, mais qui font planer la menace sur le système hospitalier. Ce mélange inquiétant: une épidémie de grippe plus virulente que l’an dernier, combinée à une augmentation des cas graves du Covid durant l’hiver.

«Le virus de la grippe circulera davantage cette année, surtout que les gestes barrières ne sont presque plus imposés, contrairement à l'année dernière. Durant l’hiver 2020/2021, la circulation de la grippe est restée à un niveau très bas», alarme le docteur Serge de Vallière, spécialisé en infectiologie. Si la quatrième vague de coronavirus semble terminée, cela ne signifie en rien que la pandémie est terminée.

Serge de Vallière.
Serge de Vallière.
www.hirslanden.ch

Le professionnel de la santé se dit ainsi «un peu inquiet» et propose un petit calcul: «Il reste environ 40 000 personnes non vaccinées contre le Covid dans le canton de Vaud. Elles vont attraper le virus tôt ou tard. Et si un seul pour cent doit être hospitalisé, cela représente 400 personnes.» Si on rajoute une grippe virulente, ce pourrait être une catastrophe, lance Serge de Vallière.

Méchante grippe

«Lors de la saison 2018/2019, près de 210 000 consultations ont été enregistrées. Dans de nombreux cas, la grippe provoque des complications nécessitant une hospitalisation et entraîne parfois le décès. La grippe n’est pas devenue une maladie anodine», renchérit Katrin Holenstein, communicante à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Dès lors, ce méchant cocktail «grippe-covid» pourrait générer à nouveau une forte pression sur les hôpitaux. Avec des répercussions sur les autres activités de soin, de nouveaux reports d’opérations non essentielles, voire, pire, de nouvelles fermetures de secteurs économiques imposées par les autorités.

Dans le canton de Fribourg, on est bien conscient que ces risques existent. Mais pas de panique pour autant. Cette année encore, les services du Médecin cantonal ont diffusé une circulaire à l’attention de l’ensemble des acteurs de la santé, rappelant l’arrivée de la grippe et les enjoignant à vacciner la population, surtout sa part la plus à risque.

Immunité naturelle

L’OFSP se veut aussi rassurant: un hiver (comme en l’an dernier) sans virus influenza, ou presque, n’est pas suffisante pour que la proportion de la population bénéficiant d’une immunité naturelle contre la grippe se réduise drastiquement. Pour cela, il faudrait plusieurs années sans circulation du virus.

Toujours est-il que la Confédération, en collaboration avec les fabricants de vaccin, a décidé d’augmenter les doses mises à disposition de la population cette année. De 1,2 million de doses habituellement, ils en ont prévu 1,7 million pour cet hiver.

Katrin Holenstein rassure encore:

«Ce chiffre est nettement supérieur à celui des années normales et devrait permettre de bien couvrir la demande»

L'OFSP note encore que la vaccination contre le virus de la grippe peut être réalisée en même temps que celle contre le Covid. Mais elle souffre un peu de la multiplication des messages. Le coronavirus écrase tout, ou presque, et rend peu audibles les autres campagnes touchant à la santé.

Cela dit, pour Serge de Vallière, la population n'est pas aussi méfiante du sérum contre la grippe, qu'elle peut l'être du vaccin contre le Covid. Mais, en raison de la faible circulation du virus de la grippe l'an dernier, la vaccination ne devrait pas avoir autant de succès que d'ordinaire. L’infectiologue en profite pour affirmer qu’il peut être dangereux de ne pas passer par la case piqûre et qu’«il n’y a presque jamais de complications».

Pas de grippe ici, mais des haches

Vidéo: watson

Cela pourrait aussi vous intéresser:

Bill Gates aurait quitté Microsoft à cause d'une liaison avec une employée

Link zum Artikel

5 haies d'honneur légendaires du sport

Link zum Artikel

19 animaux qui prouvent que l'Australie est un pays flippant

Link zum Artikel

L'Etat le plus vacciné du monde forcé à reconfiner suite à une flambée de cas

Link zum Artikel

Le ou la Covid: connaissez-vous ces autres mots qui changent de sexe?

Link zum Artikel

«Ton mariage, c'était sympa... mais sans plus»

Link zum Artikel
Montrer tous les articles

Interview

Covid: «Les fake news sont souvent le fruit de personnalités influentes»

La désinformation sur la vaccination contre le Covid-19 prolifère, y compris en Suisse. Mais comment expliquer le succès de ces thèses et, surtout, comment lutter contre ce phénomène? On a posé ces questions à Edda Humprecht, spécialiste en communication à l'Université de Zurich.

Edda Humprecht, avez-vous déjà été piégée par des fake news?C'est une question courante, mais il n'y a pas de bonne réponse. Si on se fait piéger, on ne le sait généralement pas. Mais se faire avoir n’est pas le plus gros problème. Ce qui est important, c'est de savoir pourquoi les citoyens diffusent des fausses informations.

Et quelle serait la réponse à cela?Les réseaux sociaux jouent un rôle capital. Les gens utilisent Instagram ou YouTube non pas pour s'informer, mais pour se divertir. …

Lire l’article
Link zum Artikel