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Claude-Inga Barbey dans le sketch critiqué.
Claude-Inga Barbey dans le sketch critiqué.image: capture d'écran youtube le temps

Le Temps réaffirme son soutien à l'humoriste Claude-Inga Barbey

La direction du quotidien genevois Le Temps a confirmé vendredi son soutien à l'humoriste Claude-Inga Barbey, dont un sketch est décrit par certains comme «raciste» envers les Chinois.
18.12.2021, 17:5918.12.2021, 19:46

Le Temps réaffirme son soutien à Claude-Inga Barbey. Une réunion extraordinaire de la rédaction du quotidien genevois s’est tenue vendredi matin à ce sujet, a appris watson. Actuellement à l'affiche de La Revue genevoise, qui se joue jusqu’au 31 décembre, l'humoriste était attaquée dans un article et un commentaire de Blick, datés tous deux du 14 décembre. Notre confrère lui reproche d’avoir véhiculé des stéréotypes «racistes» envers les Chinois dans une vidéo mise en ligne le 22 novembre par Le Temps sur sa plateforme numérique.

Associée au journal romand, Claude-Inga Barbey y apparaît tous les lundis dans un sketch traitant de l’actualité et qui a pour cadre le cabinet d’une psy recevant une patiente, l’humoriste et comédienne campant les deux personnages.

Le sketch du 22 novembre était en rapport avec le Covid-19. Ponctué de mimiques comme autant de clichés éculés évoquant les Chinois, il montrait une forme de glissement autoritaire à la chinoise (le régime politique) chez la patiente, une Suissesse allemande antivax bon teint en visite chez sa thérapeute.

Martine Brunschwig-Graf: «On n’est plus au stade de l’humour»

Raté ou réussi? De bon ou de mauvais goût? Racisme ou pastiche? Blick a produit des réactions scandalisées au sketch de Claude-Inga Barbey, dont celle de Martine Brunschwig-Graf, présidente de la Commission fédérale contre le racisme (CFR), pour qui «on n’est plus (dans le cas présent) au stade de l’humour». De son côté, l’humoriste s’est défendue de tout racisme auprès du média numérique la mettant en cause.

Joint par watson, un haut cadre du Temps souhaitant garder l’anonymat dit apporter son «plein soutien» à Claude-Inga Barbey, estimant que le sketch en question se situe «dans les limites de l’humour et de la satire».

Mauvais pour les affaires?

Le Temps doit-il craindre des dégâts d’image? «Non», répond une autre source au sein du journal. «Pas plus que lorsque nous publions des articles sur la répression des Ouïghours par le régime chinois», ajoute-t-elle.

Le ton est moins affirmatif dans les milieux d’affaires sino-suisses de Genève, où la Bank of China est de retour depuis cette année après neuf ans d'absence. «Certes, je ne pense pas que cette vidéo puisse créer un bad buzz en Asie, mais il faut bien avoir à l’esprit que les partenaires chinois sont très susceptibles sur deux points: les stéréotypes les visant et l’histoire de la colonisation de la Chine par l'Occident, ceci expliquant leur nationalisme, d’ailleurs», confie un Genevois introduit dans ces milieux. Dans l’article de Blick, une personne d’origine chinoise par son père, appelle à demi-mot au boycott du Temps par les annonceurs si celui-ci ne retire pas sa confiance à l’humoriste.

«Ces gens n’ont rien retenu des leçons de Charlie Hebdo»

«Ces gens n’ont rien retenu des leçons de Charlie Hebdo», soupire une Genevoise attristée par l’appel à censurer Claude-Inga Barbey. «Cette vidéo (celle du 22 novembre) n’est pas raciste. C’est une charge contre le régime chinois, tout en se jouant de stéréotypes», considère-t-elle à rebours d’autres avis.

«J’ai déjà jeté deux vidéos que j’avais faites»

En mars dernier, Claude-Inga Barbey avait eu à affronter la colère du «Collectif radical d’action queer», qui avait jugé l'une de ses vidéos «transphobe». Touchée par cette accusation, elle était venue s’expliquer sur le plateau d’Infrarouge, l’émission de la RTS qu’elle avait quitté escortée par la police… Le Temps, l’hébergeur de cette première vidéo attaquée, avait pris la défense de l’humoriste.

Forte du soutien renouvelé de la direction du quotidien genevois, Claude-Inga Barbey ne se pose pas moins des questions. Jointe jeudi par watson, elle se demandait ce qu’allait être la suite. Comment faire de l’humour, lequel par définition franchit les «limites» par le truchement de la satire, en ayant en permanence l’épée de l’autocensure au-dessus de sa tête? «J’ai déjà jeté deux vidéos que j’avais faites, par crainte des réactions», confiait-elle.

Le retour de «Manuella»

Dans La Revue genevoise, elle reprend son personnage de Manuella, également critiqué par certains, celui de la femme de ménage à l’accent espagnol, miroir des névroses sociales. Sur son compte Facebook, Claude-Inga Barbey partage un sujet consacré par la télévision Léman Bleu à la Revue. Un spectateur à l'accent espagnol, peut-être un immigré de la première génération, s'y dit heureux de retrouver Manuella.

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